
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 23/10/2023
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-970874)
3 000 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, 1 000 tuées à l’issue et 2 000 réutilisées dans d’autres projets. Une partie, les « Résidents », est isolée jusqu’à dix semaines, tandis que les « Intrus » sont placés à répétition dans leur cage pour déclencher des confrontations, avec administration de composés jusqu’à quatre semaines, afin de tester des molécules sur l’agressivité. Le porteur reconnaît que l’isolement prolongé peut provoquer une « angoisse modérée » et que la contention et les injections induisent stress et brève douleur. Il affirme qu’il n’existe « pas de méthode de substitution » suffisante et présente la souris comme l’espèce la plus adaptée.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’agressivité est un comportement humain ou animal qui se manifeste par de la violence envers autrui ou soi-même. Il s’agit d’un instinct biologique normal (défense, rivalité entre mâles pour la reproduction…) tant qu’il est canalisé mais l’agressivité peu devenir pathologique lorsqu’elle n’est plus maitrisée et être associée à différents troubles mentaux (paranoïa, trouble explosif intermittent, schizophrénie…). S’il existe des traitements possibles contre les diverses manifestations de l’agressivité (antipsychotiques, anti dépresseurs…) ces derniers présentent cependant de nombreuses limites (efficacité limitée, effets secondaires…). Ce projet a pour objectif d’étudier les effets de nouvelles molécules synthétisées ou acquises au sein du laboratoire dans un modèle comportemental chez la souris permettant de mimer le symptôme de l’agressivité chez l’homme. Ce projet implique l’obtention de données comportementales chez l’animal nécessaires pour envisager la poursuite de développement de produits pharmacologiques chez l’humain.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
A court terme, il s’agira de démontrer à l’aide de données précliniques l’efficacité potentielle de nouveaux produits pharmacologiques : les procédures mises en œuvre permettront de mesurer la capacité des molécules à moduler le comportement agressif de souris dans un test visant à cibler le comportement agressif humain, de les comparer et ainsi de choisir la meilleure selon des critères de sélection pour l’application thérapeutique choisie. A long terme, ce projet permettra de générer des données scientifiques robustes chez l’animal indispensables au processus de développement de nouveaux candidats médicaments, notamment avant le passage en phase de tests chez l’Homme.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Au cours de ce projet, les animaux seront soumis à des administrations dont la voie (orale, intrapéritonéale, sous-cutanée) , la fréquence d’administration (aigüe ou chronique, dans ce cas 2 administrations/jour max) ainsi que la durée (période maximale de 4 semaines) seront adaptées en fonction des objectifs de recherches. Les délais d’administration avant les phase de test seront de 0 à 4h. Pour chaque administration, une courte contention (
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Au cours de ce projet, les animaux recevront des administrations de composés avant les évaluations comportementales. Il est possible que la courte contention alors nécessaire (
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux traités avec des composés pharmacologiques qui risqueraient d’interagir avec d’autres expérimentations dans le but d’une réutilisation seront mis à mort. Certains animaux, les animaux Intrus, pourront cependant être réutilisés pour d’autres projets en fonction des objectifs de recherche si la gravité réelle a été de contrainte légère ou modérée. La décision sera prise par le responsable projet (une personne compétente désignée par lui) ou le vétérinaire
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’objectif de ce projet est d’évaluer les effets de nouvelles entités pharmacologiques sur le comportement agressif dans le cadre du développement de nouveaux médicaments. Il n’existe à ce jour pas de méthode de substitution (in vitro ou in silico) suffisante pour répondre aux objectifs scientifiques de ce projet c’est pourquoi l’utilisation de modèles in vivo est indispensable avant toute administration à l’homme, la souris étant ici l’espèce la plus adaptée.
2. Réduction
Un effectif minimum et suffisant de 10 animaux par groupe expérimental est prévu afin d’obtenir une robustesse satisfaisante des tests statistiques. En fin de procédure, les animaux (en particulier les Intrus) seront au maximum réutilisés dans d’autres projets comportementaux ou bien pour des analyses histologiques faisant l’objet d’autres projets.
3. Raffinement
Les animaux sont hébergés en animalerie centrale et restent 5 jours en acclimatation avant toute expérimentation. Tout au long des études, les animaux sont hébergés en groupe (nombre maximal défini par la règlementation en cours) ou en cage individuelle selon les besoins de la procédure dans des cages adaptées à l’espèce avec la présence d’enrichissement de milieu (tunnel, Sizzle pad pour nidification…). Le change des cages se fait 1 à 2 fois par semaine. Les animaux sont observés chaque jour, et font l’objet d’un suivi par l’expérimentateur chaque semaine avec entrée des observations (et des éventuelles actions prises) dans une base de données. Les membres de la SBEA (Structure Bien-être Animal) effectuent une observation mensuelle de tous les animaux. En cas d’atteinte d’un des points limites, l’animal est écarté de l’étude pour subir les soins essentiels ou être euthanasié si nécessaire. Le raffinement sera aussi obtenu grâce au recours à des procédures les moins invasives possibles ainsi qu’à la familiarisation des animaux aux procédures expérimentales (période d’habituation aux pièces et dispositif expérimental, phase de familiarisation aux manipulations, administrations…).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est déjà largement caractérisée d’un point de vue comportemental et neurochimique et possède un système nerveux suffisamment évolué pour envisager raisonnablement une extrapolation à l’homme de certains résultats. De nombreux parallèles existent en effet entre les caractéristiques comportementales étudiées chez la souris et les caractéristiques du comportement humain. C’est l’espèce animale la plus pertinente et couramment utilisée pour évaluer les effets de substances sur l’agressivité. Les animaux sont utilisés au stade adulte. Ce projet n’a pas pour objectif d’étudier les effets de produits sur l’animal à d’autres stades de développement. De plus, le test d’agressivité décrit dans ce projet est classiquement réalisé dans la littérature sur des animaux adultes, avec un développement cérébral complet et des capacités motrices et cognitives fonctionnelles.