Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

1 024 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Les souriceaux reçoivent dès deux jours de vie l’injection chirurgicale d’un vecteur de thérapie génique dans l’oreille, puis des injections répétées de corticoïdes, deux mesures auditives sous anesthésie avec pose d’électrodes sous la peau et des prises de sang, pour tester si un anti-inflammatoire améliore une thérapie génique de la surdité. Le porteur indique que la chirurgie, les injections et la pose d’électrodes provoquent des douleurs légères à modérées. Il affirme qu’il n’existe « aucune alternative à l’expérimentation animale », faute de pouvoir mettre en culture ou simuler le système auditif dans son ensemble.

NTS-FR-571615v1
Types de recherche
· Organes sensoriels · Recherche appliquée · Recherche fondamentale · Troubles sensoriels ·
Mots-clés
thérapie génique, inflammation, surdité, vecteur AAV
Souris : 1024

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Entendre, c’est pouvoir identifier et localiser les sources sonores dans l’espace, de jour comme de nuit ; l’audition contribue ainsi à la sécurité des individus. L’audition est devenue chez l’homme le sens prépondérant sur lequel repose la communication inter-individuelle. Or, l’importance de l’audition continue d’être fortement sous-estimée : le risque que la perte de l’audition fait peser sur les individus, risque qui inclut le déclin des fonctions cognitives, n’est pas compris, ni anticipé et les campagnes d’information et de prévention ont été jusqu’ici peu fructueuses. Par leur ampleur et leurs conséquences, les atteintes de l’audition constitueront, avant 2030, la 7ème cause la plus importante d’invalidité au quotidien, selon l’organisation mondiale de la santé. On estime que plus de la moitié des cas de surdité congénitale sont attribués à des causes génétiques et les mutations d’un gène sont les causes les plus fréquentes. La thérapie génique est une approche thérapeutique de choix pour le traitement de maladies génétiques. Elle représente une piste de plus en plus explorée pour le traitement des déficits auditifs précoces et profonds mais également tardifs et progressifs. Nous avons obtenu des résultats prometteurs de preuve de concept d’efficacité thérapeutique pour le traitement des surdités causées par le gène en utilisant des vecteurs viraux codant pour le gène (thérapie de remplacement). Le présent projet consiste à évaluer la possibilité d’améliorer l’efficacité de nos stratégies de thérapie génique.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

La thérapie génique est une approche thérapeutique de choix pour le traitement de maladies héréditaires. Elle représente une piste de plus en plus explorée pour le traitement des déficits auditifs précoces et profonds. Il a récemment été montré que plusieurs cas surdité liée à l’âge sont des troubles génétique donc potentiellement traitable par thérapie génique. Cependant de nombreuses études ont montré que l’injection d’un produit de thérapie génique dans l’organisme est susceptible d’entrainer une réponse inflammatoire et immunitaire. De plus cette réponse inflammatoire et immunitaire pourrait être potentialisée par le traumatisme chirurgical ce qui limiterait d’autant plus l’efficacité de la thérapie. Les bénéfices attendus de l’administration de produit anti inflammatoire de type corticoïdes seront l’augmentation de l’efficacité thérapeutique de vecteur à savoir une récupération de l’audition plus forte et plus durable (via une augmentation de la transduction et/ou la persistance du transgène). Si les résultats sont probants, ce projet pourrait poser les bases d’un développement clinique.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

L’injections du vecteur de thérapie génique se fera sous anesthésie gazeuse. L’ensemble de la chirurgie ne durera pas plus de 20 minutes. Les animaux seront soumis à des tests auditifs au nombre de 2 avec un intervalle minimal d’au moins un mois entre chaque test. Le test complet correspond à une anesthésie fixe puis une mesure de la réponse auditive. L’ensemble de la procédure prend entre 30 et 45 minutes. Les tests auditifs seront réalisés au plus tôt à 1 mois. Un échantillon de sang sera prélevé (quelques secondes pour chaque prélèvement) à chaque temps d’analyse (15 jours, 1 mois et 2 mois après la naissance).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Pour ce projet, les nuisances et effet indésirables potentiellement attendus sur les animaux sont les douleurs légères à modérées consécutives aux actes de chirurgie, d’injections intrapéritonéales répétées, de pose d’électrodes sous cutanées au niveau de la face et du dos lors des tests auditifs et de prises de sang répétées.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront mis à mort à la fin de l’unique procédure car ils ne peuvent être ni réutilisés, ni replacés, ni adoptés car nous prélevons des tissus pour des analyses histologiques.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Les gènes responsables de surdité chez l’homme sont aussi responsables de déficits auditifs chez la souris, et l’architecture des systèmes auditifs périphérique et central de rongeurs, similaire à celle de l’homme, permet d’étudier chez ces animaux l’audition. Aujourd’hui, il n’existe aucune alternative à l’expérimentation animale, car nous avons besoin d’étudier le système auditif dans son ensemble. Il n’est pas possible aujourd’hui de mettre en culture les systèmes auditifs périphériques et centraux. De plus, aucun modèle informatique n’existe pour simuler le fonctionnement du système auditif dans son ensemble.

2. Réduction

3R / Réduction :

Les groupes sont constitués afin de garantir une puissance statistique Afin de réduire le nombre d’animaux, nous utilisons des mâles et des femelles indifféremment, et génotypons les animaux afin de ne pas maintenir inutilement les animaux qui ne portent pas les modifications génétiques d’intérêt pour ce projet. Ils seront donc mis à mort. Nous appuyons sur les données obtenues dans nos précédentes expériences pour le nombre de vecteurs candidats à tester in vivo et ainsi limiter le nombre d’animaux utilisé à son strict nécessaire.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux du projet seront suivis quotidiennement. Ce projet ne concerne que des procédures dont la mise en œuvre ne devrait se traduire ni par une dégradation de l’état de santé de l’animal ni par des douleurs importantes. Si nous observions un comportement anormal en termes de santé (perte de poids, du pelage, etc.) dès l’initiation de l’intégration dans un groupe expérimental, l’animal serait immédiatement mis à mort. Un bâtonnet de coton sera ajouté dans les cages d’hébergement pour faciliter la nidification, ainsi qu’un igloo pour les femelles avec portée. L’emploi d’analgésiques sera systématique tout comme l’application d’un gel ophtalmique lors des anesthésies des animaux. Nous utiliserons un matériel miniaturisé pour l’anesthésie gazeuse des animaux qui subiront la chirurgie. Les animaux anesthésiés seront gardés sur un tapis chauffant jusqu’à leur réveil complet puis remis dans une cage propre et pourvue d’une coupelle de gel nutritif hydratant pour la maman. Les animaux opérés seront surveillés tous les jours pendant une semaine après chirurgie puis deux fois par semaine minimum la semaine suivante pour détecter et traiter les éventuels signes d’inconfort tels que décrits dans la grille d’évaluation fournie par la structure du bien-être animal.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Nous souhaitons recourir aux souris de laboratoire dont le système auditif est similaire à celui de l’homme. De plus, la souris de laboratoire est le seul mammifère modèle pour lequel on dispose d’outils génétiques conséquents. L’audition se met en place chez la souris autour de 10 jours après la naissance ; avant 8 jours après la naissance le système auditif est immature, 16 jours après la naissance le système auditif est fonctionnel, 30 jours après la naissance et au-delà,le système auditif est mature. L’administration du vecteur de thérapie génique se fera 2 jours après la naissance .