
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2023-10-30 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-616323)
176 souris vont être utilisé·es, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère pour 32 d’entre elles. Le modèle repose sur des souris atteintes de mucoviscidose qui naissent en sous-poids et dont environ 30 % meurent au sevrage d’occlusions intestinales, part que le porteur intègre au protocole, les autres recevant jusqu’à vingt-cinq injections sous-cutanées sur douze mois. L’objectif est de tester une approche par ARN pour les patients sans traitement, le bénéfice restant à démontrer. Le porteur affirme qu’il faut passer par un organisme vivant entier portant la même mutation et qualifie le modèle murin d’incontournable.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet a pour but de valider une approche thérapeutique basée sur les ARN dans le but de trouver un nouveau médicament pour les patients atteints de mucoviscidose qui ne peuvent bénéficier des traitements actuels.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Dans le cadre de cette étude, nous voulons montrer le bénéfice que pourrait apporter notre approche thérapeutique sur la survie des souris qui normalement meurent au moment du sevrage. D’autres paramètres importants seront étudiés comme la prise de poids. Ces données seront importantes pour, à terme, proposer cette nouvelle stratégie à des patients atteints de mucoviscidose qui ne peuvent bénéficier des traitements actuels.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les souris homozygotes ont un caractère dommageable et naissent avec un poids plus faible que des souris hétérozygotes ou sauvages avec une mortalité de l’ordre de 30 pour cent qui fait partie intégrante du modèle. Les animaux seront euthanasiés par une méthode réglementaire à la fin de la période de maintien prévu (12 mois) ou avant en cas de point limite. Les interventions effectuées sur les souris seront : – Prélèvement d’un échantillon caudal de 2mm pour le génotypage sur animal vigile avant J11 (moins de 1 minute par souris), – Prises de poids régulières (moins de 1 minute par souris), – Injections sous-cutanées sur animaux vigiles à J11 et J18 après la naissance puis tous les 15 jours jusqu’à l’euthanasie de l’animal soient 25 injections maximum pour 12 mois (moins de 1 minute par souris).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les souris utilisées ont à la naissance un poids inférieur et la prise de poids peut être réduite par rapport aux souris hétérozygotes ou sauvages ce qui les rend particulièrement fragiles. Les animaux seront susceptibles de ressentir une douleur de courte durée à la suite du prélèvement d’un petit bout de tissus caudal en vue du génotypage nécessaire. Les animaux homozygotes avec un phénotype dommageable ont une mortalité qui apparaît au moment du sevrage provoquée par des occlusions intestinales. Une fois que ces souris ont passé le sevrage, elles demeurent fragiles et la prise de poids est un élément déterminant dans la survie de ce modèle. Les nuisances que l’on peut attendre dans ce projet sont liées à la manipulation des souris lors de l’injection en sous-cutanée. La contention et la piqûre vont induire un stress à l’animal. L’utilisation des oligonucléotides en sous-cutanée de manière répétée peut provoquer une inflammation locale qui peut être palliée en changeant le site de l’injection. Dans d’autres études avec des oligonucléotides, il a été observé une toxicité hépatique que nous n’avons pas retrouvée dans nos études précédentes sur un autre modèle murin en utilisant la même approche.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A la fin de l’étude, les animaux seront euthanasiés afin d’effectuer une analyse des principaux organes (poumon, foie, reins, intestins, cœur, pancréas, testicules, ovaires).
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Dans la pathologie de la mucoviscidose, les modèles les plus utilisés sont des cellules issues de patients. Ces cellules peuvent être cultivées de différentes façons mais ne permettent pas de rendre compte des effets des molécules sur la toxicité et l’efficacité des molécules testées. De plus ces modèles ne miment pas les effets dans un organe ou dans un animal vivant. Les souris atteintes de mucoviscidose possèdent des caractéristiques physiologiques similaires à celles des humains, en particulier en ce qui concerne les atteintes respiratoires et intestinales. Avant de commencer ce projet, nous avons montré que notre molécule était active et n’était pas toxique sur des lignées cellulaires, mais également sur des cellules issues de patients. Afin de valider une approche thérapeutique potentielle pour les patients atteints de mucoviscidose, nous devons passer par un organisme vivant entier et qui possède la même mutation que les patients. Le modèle murin est le modèle le plus souvent utilisé dans les recherches sur la maladie de la mucoviscidose. En utilisant le modèle murin, nous pouvons étudier la mucoviscidose à différents niveaux, allant de la biologie moléculaire à la physiologie des organes. Cela permet aux chercheurs de mieux comprendre la maladie et de développer de nouveaux traitements. Ce modèle se révèle incontournable pour étudier les effets d’une molécule pouvant traiter la maladie.
2. Réduction
Nous utiliserons le minimum de souris qui nous permettra d’obtenir des données statistiques fiables et de valider ou non nos résultats obtenus sur des cellules isolées. Pour la détermination du nombre minimal de souris requis, nous nous appuierons sur les standards utilisés pour ce genre d’études. En tenant compte de la mortalité lié au modèle, nous avons prévu de produire 32 souris homozygotes (24 seront traitées et nous estimons à 8 souris qui décéderont avant le traitement) et nous arrêterons le projet dès ce nombre atteint. Pour produire ces 32 souris homozygotes nous devrons produire 96 souris hétérozygotes et sauvages à l’aide de 8 fondateurs. Une étude de fertilité sera également effectuée, ce qui implique la production supplémentaire de 40 animaux. Au total ce projet implique donc 176 souris.
3. Raffinement
Les animaux sont élevés en portoirs ventilés avec un système d’abreuvement automatique et un accès permanent à la nourriture. Les conditions de température et d’hygrométrie sont contrôlées et monitorées. Le cycle d’éclairage est de 12h par jour (6h-18h). Les animaux sont hébergés avec leurs congénères (6 par cage maximum) et l’isolement est évité au maximum. Le milieu est enrichi avec au choix : lanières de papier Kraft, maisons en carton, tunnel en carton ou carré de coton compacté. Une prise de poids régulière, mesurée 3 fois par semaine les deux premières semaines puis toutes les deux semaines et une grille d’évaluation comportementale seront effectuées avant le début de la procédure expérimentale. Des croquettes humides ou l’utilisation d’un gel enrichi seront ajoutées dans les premières semaines, car les souris atteintes de mucoviscidose présentent une taille et un poids inférieur aux souris normales ce qui peut limiter l’accès à la nourriture et à l’eau. Une perte de 15 pour cent du poids des souris atteintes de mucoviscidoses entraînant l’euthanasie de l’animal. Une absence ou une perte de prise de poids des souriceaux entrainera l’euthanasie de l’animal.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle murin proposé pour cette étude est le modèle de référence dans le cadre de la pathologie de la mucoviscidose pour mimer au mieux ce qui est observé chez l’homme. Ce modèle murin est intéressant pour cette pathologie, car il reproduit les atteintes que l’on retrouve chez les patients qui ne sont pas traités. Nous retrouvons une atteinte qui va toucher de nombreux organes comme le système gastro-intestinal, les os, les organes reproducteurs ainsi que les dents. L’objectif de ce projet est de tester les effets d’une molécule sur le modèle murin sur ces différentes atteintes et de voir l’amélioration de la survie induite. Les souris seront traitées précocement à J11 et J18 avant le sevrage qui est une étape critique des souris atteintes de mucoviscidose. Ensuite les souris seront traitées tous les 15 jours.