
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 09/01/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-398018)
9216 poulets vont être utilisés, tous tués à l’issue, dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance léger et modéré. Ils sont infectés vers deux semaines par gavage d’un inoculum de parasites de la coccidiose, pour évaluer des additifs, vaccins ou extraits végétaux contre cette maladie de l’élevage avicole. Le porteur décrit une infection subclinique entraînant une baisse de consommation et un retard de croissance d’environ 20 %, et chiffre le coût mondial de la maladie à plus de 12 milliards d’euros. Les animaux sont ensuite tués puis envoyés à l’équarrissage, et le porteur indique que seuls les poulets hébergent ces parasites hautement spécifiques.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet est de définir différentes stratégies permettant de lutter contre la coccidiose aviaire. Les poulets peuvent être sujets à de nombreuses pathologies de l’appareil digestif, certaines étant d’origine parasitaire, comme la coccidiose. Cette affection parasitaire, présente dans le monde entier, est considérée comme l’une des plus impactantes en aviculture, d’un point de vue sanitaire, mais également d’un point de vue économique, avec un coût mondial de plus de 12 milliards d’euros en 2020. Les parasites responsables de la maladie sont des protozoaires (organismes animaux unicellulaires) du genre Eimeria (appelés coccidies), hautement spécifiques, qui se multiplient et se reproduisent dans les cellules de l’épithélium intestinal de leur hôte, provoquant des lésions de la muqueuse digestive. Ces lésions ont pour conséquence une moindre absorption des nutriments, un défaut de perméabilité de la barrière intestinale, une modification du microbiote intestinal. Sur le plan zootechnique, une coccidiose clinique provoque des retards de croissance importants et de la mortalité. Lors d’infections subcliniques (c’est-à-dire sans symptômes cliniques), des dégradations de l’efficacité alimentaire et des défauts de pigmentation de la peau sont observés. Les animaux peuvent guérir spontanément de cette pathologie au bout de 8 jours. Cependant, en l’absence de traitement, le retard de croissance accumulé n’est pas rattrapé et représente une perte économique importante pour les éleveurs. Pour contrôler ces parasites, des additifs coccidiostatiques (qui stoppent le développement des coccidies) ont été développés. Toutefois, leur utilisation systématique a pu conduire à l’apparition de résistances. Depuis quelques années, des vaccins sont également disponibles, mais leur utilisation est coûteuse et peut parfois provoquer des retards de croissance. Dans ce contexte, il est donc nécessaire de pouvoir reproduire cette pathologie dans des conditions d’infection subclinique et en milieu contrôlé, afin de développer des solutions alternatives (additifs coccidiostatiques ou vaccins de nouvelle génération, extraits végétaux, etc), qui seront utilisables en élevage que ce soit d’un point de vue pratique ou technico-économique. Ainsi, les solutions alternatives suivantes peuvent être testées : des additifs coccidiostatiques, des vaccins de nouvelle génération, des extraits végétaux, des souches de probiotiques.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices attendus du projet sont la mise sur le marché de nouveaux moyens de lutte contre la coccidiose du poulet (recherche de nouvelles solutions ou amélioration de solutions existantes, en utilisant par exemple des additifs coccidiostatiques ou vaccins de nouvelle génération, extraits végétaux, etc).
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Entre 13 et 17 jours d’âge, les poulets sont soumis à un gavage unique par voie orale (inoculum contenant les parasites responsables de la coccidiose ou eau, d’une quantité d’1 mL) d’une durée d’environ 15 secondes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les poulets présentent une forme d’infection subclinique de la coccidiose (c’est-à-dire sans symptômes cliniques). Les nuisances attendues sont une baisse de la consommation d’aliment, un retard de croissance (d’environ 20%) et éventuellement des signes de diarrhées. Les animaux peuvent ressentir de légères irritations lors de l’inoculation, qui est faite par gavage.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront euthanasiés puis partiront à l’équarrissage (afin d’éviter tout risque de transfert de l’agent pathogène).
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Avant la mise en place des études sur animaux, des revues bibliographiques sont réalisées afin de cibler les stratégies d’intérêt et en effectuer une première sélection. Pour certaines catégories de produits comme les huiles essentielles, des études in vitro sont réalisées au préalable afin de définir la dose optimale et éviter les effets indésirables. La coccidiose aviaire est une pathologie provoquée par des parasites hautement spécifiques, du genre Eimeria, ce qui nécessite le recours à des poulets puisqu’ils sont les seuls hôtes de ces parasites. Ces parasites ayant des effets à la fois sur le système digestif et le microbiote intestinal, les interactions sont complexes et ne permettent donc pas d’utiliser des modèles alternatifs comme la modélisation ou des études in vitro. Par ailleurs, l’évaluation des paramètres d’intérêt du projet (croissance, ingéré volontaire d’aliment, état sanitaire, …) ne peut être réalisée que sur les animaux de l’espèce cible.
2. Réduction
Les animaux choisis sont issus du même parquet de reproducteurs, et sont tous des mâles, afin de limiter la variabilité individuelle. En effet, le sexe fait partie des variables indépendantes qui peuvent influencer la digestibilité des nutriments et donc l’efficacité alimentaire. Le logement dans des compartiments de petite taille nous permet d’augmenter le nombre de répétitions par groupe expérimental, et donc de diminuer le nombre total d’études nécessaires et le nombre d’animaux utilisés dans le projet. Le nombre minimal de répétitions (c’est-à-dire la case de 16 poulets) est estimé à 6 par groupe expérimental. Il a été déterminé par une approche statistique : ceci correspond au nombre nécessaire pour obtenir une différence significative de 5% sur l’indice de consommation des animaux, avec un coefficient de variation de 3% sur ce paramètre, en prenant en compte une valeur seuil de significativité de 5%. Ce nombre de répétitions sera privilégié dans la majorité des études, mais dans le cas où une différence significative de 3.5-4% serait requise sur l’indice de consommation (études dans le cadre de dépôt de dossier d’autorisation d’additif à l’EFSA), le nombre de répétitions passera alors à 10 par groupe expérimental, en baissant le nombre de groupes expérimentaux pour conserver le même effectif global d’animaux par étude. La distribution des données est évaluée selon des diagrammes en boîte à moustache afin d’identifier les données aberrantes. Après élimination des données aberrantes, les données zootechniques sont soumises à des analyses statistiques. Le niveau de significativité est fixé à p
3. Raffinement
L’état de santé des animaux est vérifié quotidiennement par les techniciens animaliers de l’établissement utilisateur. Si un poulet présente des signes de stress, des douleurs, alors il est écarté de l’étude. Des points limites stricts et définis à l’avance sont appliqués tout au long du projet. La manipulation des animaux est restreinte afin de limiter le stress. De plus, les animaux sont logés en collectif dans le but de favoriser les interactions sociales, et disposent de litière, afin de leur assurer un confort thermique et de leur permettre d’exprimer leurs comportements exploratoires de fouissage, grattage. Un enrichissement de type chainette est suspendu dans chaque case, afin que les animaux puissent le manipuler.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’espèce choisie pour la réalisation du projet est le poulet car les phénomènes physiologiques (digestifs, métaboliques, immunologiques) étudiés dans le cadre de ce projet lui sont spécifiques. De plus, le poulet est l’espèce cible des solutions testées. Les animaux sont utilisés entre 1 et 35 jours d’âge. Il s’agit de la période classique d’élevage des poulets de chair. Ils pèsent environ 42 g à 1 jour, et environ 2,5 kg à 35 jours.