
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 12/01/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-048197)
1 774 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, pour étudier le rôle d’une protéine dans un modèle de cancer du foie. Elles reçoivent une greffe de cellules tumorales sous la peau puis de multiples injections, jusqu’à dix-huit par voie intraveineuse, avec suivi de la croissance de la tumeur au pied à coulisse. Le porteur mentionne aussi le prélèvement d’un bout de queue pour le génotypage, sans détailler les atteintes liées à la tumeur au-delà de sa croissance. Sur le remplacement, il affirme que la transition d’une cellule endothéliale vers un soutien tumoral « n’est réalisable que sur le modèle animal ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le cancer primitif du foie est le sixième cancer le plus fréquemment diagnostiqué dans le monde et la troisième cause de mortalité liée au cancer. Le carcinome hépatocellulaire (CHC) représente 75 à 85 % des cancers du foie. Le taux de survie à 5 ans est inférieur à 10 % dans plusieurs pays européens et le nombre de cas et de décès devrait augmenter au cours des 20 prochaines années. Notre laboratoire s’intéresse au rôle d’une protéine durant le développement des organismes et dans des conditions pathologiques, notamment le cancer. Il a été démontré que l’expression de cette protéine est gagnée dans de nombreux cancers. Récemment, nous avons démontré que cette protéine favorise un processus cellulaire favorisant le déplacement des cellules tumorales. Il permet notamment la formation de métastases. Par conséquent, ce mécanisme cellulaire rend les cellules tumorales agressives. Des données préliminaires sur des cellules en culture suggèrent que cette protéine pourrait également moduler un processus cellulaire permettant aux cellules endothéliales qui tapissent l’intérieur du système circulatoire (veines et artères) de migrer et d’acquérir de nouvelles caractéristiques cellulaires (différenciation) qui vont aider la croissance des cellules tumorales. De manière intéressante, cette protéine est connue pour favoriser la croissance tumorale des CHC. Dans ce projet, nous aimerions tester la contribution cette protéine sur la différenciation des cellules endothéliale et son rôle au cours de la progression tumorale des CHC.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le cancer primitif du foie est le sixième cancer le plus fréquemment diagnostiqué dans le monde et la troisième cause de mortalité liée au cancer. Le taux de survie à 5 ans est inférieur à 10 % dans plusieurs pays européens et le nombre de cas et de décès devrait augmenter au cours des 20 prochaines années. L’identification de nouvelles thérapies est donc essentielle. Dans ce projet, nous vouons tester la contribution d’une protéine qui pourrait favoriser la production de cellules non-tumorales qui sont connues pour soutenir la prolifération des cellules tumorales. De plus, l’utilisation d’une molécule interférente entre cette protéine et ses récepteurs pourrait ouvrir des nouvelles perspectives thérapeutiques ciblant ces cellules de soutien plutôt que les cellules tumorales qui développent de nombreuses résistances au traitement dans le cas des cancers du foie.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux recevront 3 injections intrapéritonéales, 1 injection sous-cutanée et 3 injections intraveineuses hebdomadaire pour le traitement durant au maximum 6 semaines (maximum 18 injection i.v.). Ces injections durent 5 secondes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Dans ce projet, plusieurs nuisances ou effets indésirables sur les animaux sont attendus: – douleur lors du prélevement d’un bout de queue pour le génotypage – Injection sous cutanée de cellules tumorales et croissance d’une tumeur sous cutanée – injection intrapéritonéale – Injections intraveineuses des traitements – contentions lors du suivi de la croissance tumorale avec le pied à coulisse.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Ils seront tous mis à mort pour analyse des tissus.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les expérimentations in vitro sur cellules nous permettent de réaliser beaucoup d’études de mise au point de nouveaux traitements. Cependant, l’étude de la transition d’une cellule endothéliale vers une cellule de soutien à la croissance tumorale n’est réalisable que sur le modèle animal, puisque ce sont les interactions entre les sous-populations cellulaires de la tumeur qui modulent cette transition.
2. Réduction
Afin de réduire le nombre d’animaux, nous utiliserons chaque tumeur pour 2 analyses distinctes. Le nombre d’animaux a été défini à l’aide d’un logiciel de calcul de puissance statistique. Par ailleurs, nous réaliserons des expériences pilotes avec peu de souris permettant de tester notre hypothèse. Si elle s’avère négative, nous ne réaliserons pas le reste de la procédure et par conséquent, nous réduirons considérablement les effectifs de souris utilisés.
3. Raffinement
Toute manipulation susceptible d’entraîner du stress sera réalisée par un expérimentateur formé aux techniques de contention et de manipulation des animaux. Les animaux seront hébergés en groupe (5 par cage) avec dômes et boules de coton dans les cages. Les injections des traitements et des lignées tumorales seront réalisées par un expérimentateur habitué à réaliser ces gestes.Dans le cadre de cette demande de projet, nous avons déterminé des points limittes qui permettent d’éviter toutes souffrances animales.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est un organisme modèle qui partage 98% son patrimoine génétique avec l’homme. Ce modèle permet donc d’étudier les mécanismes biologiques que l’on retrouve chez l’homme. Le mécanisme étudié dans cette demande de projet fait intervenir des processus intégrés à l’organisme entier (interaction entre différentes sous-populations cellulaires). Nous réaliserons les procédures sur des animaux jeunes adultes qui est le meilleur age pour la prise de greffe (8 semaines).