
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 16/01/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-672872)
675 animaux non-humains vont être utilisés, 475 souris et 200 rats, en majorité tués et 25 souris proposées à l’adoption, dans des procédures allant du sans réveil au léger. Les étudiants s’entraînent à la contention et aux injections, mesurent la glycémie après injection de glucose et prélèvements de sang à la queue, tandis que d’autres souris sont euthanasiées pour prélever l’intestin et que les rats sont canulés puis tués sans réveil pour prélever le cœur. Le porteur décrit une formation à la physiologie couplée à la formation réglementaire, réservée aux étudiants volontaires ayant validé leurs examens, et affirme utiliser surtout des animaux de réforme déjà destinés à l’euthanasie. Il revendique le maintien de travaux pratiques sur animaux non-humains comme nécessaire à l’apprentissage des gestes, malgré des simulations numériques employées en amont.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le projet que nous proposons est un projet de formation des étudiants à la physiologie animale et s’inscrit dans la troisième année de notre parcour. Afin de réduire l’utilisation d’animaux pour la formation d’un étudiant à la physiologie nous avons modifié notre programme de cours afin qu’il soit couplé à la formation réglementaire d’applicateur des procédures et de soins aux animaux décernéé par notre établissement et habilitée par le ministère de l’Enseignement supérieur et la CNEA. Notre formation nécessite la réalisation de travaux pratiques sur des rongeurs pour compléter les connaissances acquises pendant les enseignements par des études expérimentales et pour initier aux techniques de l’expérimentation animale (préhension, contention, anesthésies des animaux, prélèvements d’organes, études de mécanismes in vitro et in vivo). Le maintien des travaux pratiques permet d’augmenter les chances de réussite des étudiants à leur arrivée sur le marché du travail. Ils permettent aussi de maintenir une confrontation directe des étudiants avec l’expérimentation animale et de les conforter dans leur plan de formation ou au contraire de leur laisser la possibilité d’une réorientation afin d’éviter des prises de conscience trop tardive, source d’échec et de difficultés pour les étudiants. Tous les étudiants de la formation n’effectuent pas ces travaux pratiques nécessitant l’apprentissage des techniques d’expérimentation animale. Seul les étudiants volontaires et ayant validés les enseignements de physiologie avec une note supérieure à 10/20 et un examen éthique et réglemantaire avec une note supérieure à 12/20 peuvent réaliser les procédures décrites dans cette saisine. Les autres étudiants réalisent des travaux pratiques sur des logiciels de simulations.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le projet permettra de maintenir une confrontation des étudiants destinés à la recherche médicale avec la manipulation et l’expérimentation animale. Cette confrontation de l’étudiant à la réalité de l’expérimentation animale permet de conforter ou à l’inverse d’infirmer les choix d’orientation des étudiants. Ce projet est aussi nécessaire pour l’initiation des étudiants à la physiologie animale. Avec ce projet, chaque étudiant qui travaille en trinôme aura utilisé en tout 1 animal pour apprendre la contention d’animaux vigiles, les injections sur rongeurs, pour étudier la régulation de la glycémie, la régulation de la pression artérielle, la régulation de la fonction digestive et cardiaque, l’analyse électrocardiographique du cœur, la réalisation d’une culture primaire, mais aussi l’anesthésie d’une souris. Avec un animal (majoritairement des animaux de réformes qui étaient destinés à l’euthanasie pour tri génétique par exemple), les étudiants volontaires, sélectionnés sur leur maitrise de l’éthique et la réglementation en expérimentation animale et ayant les prérequis académiques necessaires à la poursuite de leur cursus en physiologie pourront valider leur diplome de physiologie et la formation réglementaire d’application des procédures et de soins aux animaux. Le couplage de notre formation avec la formation réglemantaire agréeé par la CNEA permet de former directement les étudiants aux bonnes pratiques de l’expérimentation animale et à l’utilisation de méthodes alternatives quand cela est possible. Pour les laboratoires de recherche, cela permet de recruter dès le master 1 des étudiants formés aux bonnes pratiques de l’expérimentation animale et detenteur d’une habilitation d’applicateur des procédures.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Durant nos trois procédures les animaux seront soumis à différentes interventions. Dans la première procédure , les animaux seront manipulés par les étudiants afin d’apprendre la préhension, la contention, l’injection intrapéritonéale et la mesure de glycémie. Dans cette procédure ils recevront une injection intrapéritonéale de glucose suivie de 5 prélevements de 3µl de sang au bout de la queue afin de mesurer la glycémie. Dans la seconde procédure, les souris recevront une injection d’anésthésiant et une injection intrapéritonéale soit d’un régulateur sympathique soit d’un régulateur parasympatique. Certaines souris seront euthanasiées afin de prélever l’intestin et du tissu adipeux dans l’objectif d’étudier la physiologie intestinale et de réaliser une culture primaire d’adipocytes. Dans la troisième procédure les rats reçoivent une injection de morphinique suivie d’une anesthésie sans réveil. Pendant l’anesthésie, les rats sont canulés sur la jugulaire et la carotide afin de mesurer la pression arterielle et de recevoir une injection en intraveineux d’un régulateur sympathique et parasympathique. Ensuite le coeur de ces animaux est prélevé afin de réaliser un TP la physiologie cardiaque.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Afin d’éviter toute nuisance pour les animaux, les travaux pratiques sont réalisés par trinôme d’étudiants dans un box isolé en présence d’un enseignant. Lors de nos protocoles la préhension des animaux pourra générer du stress. Afin de le limiter, la préhension sera réalisée avec un tube et les animaux seront habitués à être manipulés. Ensuite lors de la contention et des injections intrapéritonéales qui dureront moins d’une minute les animaux ressentiront du stress et la douleur d’une piqure d’aiguille. Pour le protocole de mesure de glycémie comme pour le protocole de mesure d’un électrocardiogramme les nuisances attendues seront aussi du stress lié à la manipulation des animaux et la douleur d’une piqure d’aiguille. Cette nuisance sera très courte et durera moins d’une minute. Pour la mesure de glycémie le protocole nécessite aussi le retrait de la nourriture pendant 6h. Pendant ces 6 heures les animaux pourront néanmoins boire à volonté. Pour les deux protocoles, suite à l’injection qui générera la douleur d ‘une piqure d’aiguille nous gardons la souris sous surveillance pendant 1 heure afin d’observer les signes cliniques et de comportement. Si le comportement de la souris est anormal après l’injection (souris prostrée, qui évite les interactions avec les congénères, saignements apparents) nous procédons immédiatement à son euthanasie. Pour le protocole sur les rats les nuisances attendues seront aussi un stress lié à la préhension et la douleur d’une piqure d’aiguille. Sinon pendant la période d’hébergement le projet n’aura aucun impact sur les 5 libertés individuelles de l’animal. Nos animaux pourront s’alimenter à leur convenance ce qui n’induira aucune sensation de faim ou de soif. Comme nos conditions d’élevages seront adaptées à la physiologie des animaux, nos souris ou nos rats n’auront aucune sensation de peur, de détresse, de stress physique ou thermique et de manque d’interaction sociale. Enfin, notre surveillance régulière aura pour but de prévenir toute douleur, lésion ou maladie sur nos animaux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Quand cela sera possible nous essaierons de placer à l’adoption des souris. Par expérience nous arrivons à faire adopter tous les ans quelques souris aprés l’accord de la vétérinaire responsable de notre animalerie en lien avec la ddpp. Les autres souris seront euthanasiées car non replaçable dans d’autres procédures. De plus dans la plupart des cas, il s’agira de souris qui étaient déja destinées à l’euthanasie et reutilisées pour nos séances de travaux pratiques. Pour les rats il s’agit d’une classe sans réveil ou le coeur est prélevé
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Afin de remplacer les animaux nous avons arrété tous les travaux pratiques qui utilisaient des animaux jusqu’en fin de deuxieme année de notre formation. Nous les avons remplacés par des expériences de simulation numérique ou par des vidéos (par exemple pour le comportement). En trosième année de notre formation nous utilisons des logiciels de simulations afin de remplacer au maximum l’utilisation d’animaux. L’utilisation de logiciels de simulation permet parfaitement aux étudiants avec des prérequis académique trop faible , ou n’ayant pas validé les examens sur l’éthique et la réglemantion avec une note supérieure à 12 /20, ou ne désirant pas utiliser d’animaux d’acquerir les compétences en physiologie animale. Pour les autres étudiants le maintient de travaux sur animaux et l’apprentissage des techniques d’expérimentation (contention, préhension, injection …) l’utilisation d’animaux est necessaire pour l’obtention du niveau d’applicateur des procédures et de soins aux animaux. Cependant pour remplacer les animaux vivants, les étudiants commencent l’apprentissage sur des souris de substitutions en Latex.
2. Réduction
Pour réduire au minimum le nombre d’animaux utilisés nous avons remplacé des séances de TP initialement pratiquées sur des animaux par des méthodes alternatives utilisant par exemple des logiciels de simulation en expérimentation animale, mais aussi par des supports vidéos que nous avons réalisés. L’enchainement des travaux pratiques est effectué de façon séquencée, cad que nous commençons par les expériences in vivo, puis après mise à mort nous récupérons les organes pour les expériences ex-vivo. Enfin, concernant les souris nous utilisons quand cela est possible des souris de réforme, normalement destinées à l’euthanasie pour tri génétique ou fin de protocole. Pour terminer, afin de réduire le nombre de rats et de souris utilisés dans l’étude, les groupes sont constitués en fonction du nombre strict nécessaire d’animaux pour chaque groupe de TP (il y a 5 trinômes dans chaque groupe d’étudiants et il y a 6 à 8 groupes en moyenne chaque année). Nous prévoyons pour la formation d’un étudiant qui dure 3 ans qu’il utilisera 1 animal. Enfin, pour réduire nous permettons seulement aux étudiants volontaires, avec des prerequis académiques solides et validant des compétences en éthique et reglementation de réaliser les TP necessitant l’utilisation d’animaux. Par cette approche quand dans le passé tous les étudiants utilisés environ 3 souris et 3 rats pour leur formation, aujourd’hui seulement 60 à 70% des étudiants vont utiliser des animaux à raison de 1 animal par étudiant.
3. Raffinement
Pour réduire au minimum la douleur, la souffrance et l’angoisse, infligées aux animaux nous avons réorganisé complétement nos programmes de physiologie pour intégrer des nouveaux enseignements sur la réglementation, l’éthique, les modèles murins, la prise en charge de la douleur, etc … Cela permet de sensibiliser et de former les étudiants avant toute manipulation. Concernant l’hébergement, tous nos animaux sont dans un environnement enrichi de tunnels pour se camoufler, ou de papier pour réaliser des nids. Afin de réduire le stress et la souffrance des animaux au maximum, nous utiliserons un prétraitement avec un morphinique avant l’anesthésie. Les animaux sont manipulés dans des petits box isolés pour réduire tout le stress pouvant venir de l’environnement. Enfin pour terminer l’entrainement des étudiants est d’abord réalisé sur des souris en latex permettant d’apprendre le geste avant d’utiliser des animaux vivants.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous adaptons les espèces en fonction des besoins. Les rats présentent l’avantage de pouvoir être manipulés plus facilement pour les expériences in et ex vivo. Les souris sont parfaites pour apprendre aux étudiants à manipuler un animal avec moins d’appréhension. Enfin, notre formation d’applicateur des procédures et de soins aux animaux est agréée sur rongeurs souris et rats. Pour les rats nous utilisons une lignée non-consanguine (Srague-Dawley) de 10-14 semaines c’est l’âge idéal d’utilisation des animaux et celui le plus utilisé dans la littérature. Pour les souris : nous utiliserons des souris adultes et quand cela est possible de réforme. L’âge précis n’a pas d’importances dans notre cas. Pour la souche elle peut varier avec les animaux de réforme mais dans la majorité des cas nous aurons des souris de lignée consanguine (C57BL6) et quand nous les commandons nous achetons des souris non consangunes (Swiss) de 10 semaines.