
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 16/01/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-892312)
340 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant des niveaux de souffrance du sans réveil au sévère. Elles subissent une biopsie de la queue, une chirurgie crânienne pouvant aller jusqu’à deux heures et des stimulations douloureuses répétées trois fois par semaine pendant un mois, avec des lésions reproduisant la maladie de Parkinson entraînant perte de poids et déficits moteurs. Le porteur précise que les altérations de la sensibilité à la douleur ne peuvent être soulagées car elles sont l’objet même de l’étude, dont le but reste fondamental, la compréhension d’une région cérébrale. Sur le remplacement, il affirme qu’aucun modèle in vitro ou in silico ne reproduit les réseaux cérébraux en jeu, l’animal vigile étant présenté comme « indispensable ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le traitement des informations douloureuses est un des éléments essentiels à notre survie. Il apporte en effet un signal d’alarme pour limiter les dommages que pourraient potentiellement subir l’organisme. Ces réponses impliquent des réflexes rapides, des mécanismes attentionnels et l’intégration plus complexe des informations liées aux stimulus douloureux et au contexte. La douleur peut également être considérée comme pathologique et/ou être associée à une pathologie. C’est notamment le cas dans la maladie de Parkinson, dans laquelle de nombreux malades rapportent des douleurs spontanées, mais également des réponses exacerbées à des stimulus douloureux (hyperalgésie) et des douleurs en réponse à des stimulations normalement non douloureuses (allodynie). L’objectif de ce projet est double. Il s’agit : 1 / d’évaluer l’implication d’une région cérébrale dans l’intégration des informations liées à une douleur aigue. 2/ d’évaluer les altérations de cette intégration dans le contexte des symptômes douloureux liés à la maladie de parkinson.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’objectif premier de cette étude est fondamental et concerne une meilleure compréhension fonctionnelle d’une région cérébrale encore peu connue. Mais les données obtenues amèneront aussi des informations sur des différences ou non de réponse selon le sexe et selon l’état pathologique, ici pour mieux comprendre les bases de la douleur présente dans la maladie de Parkinson. Cette information constitue un point de départ pour ultérieurement évaluer cette région cérébrale comme cible anatomique thérapeutique potentielle dans le cadre de la symptomatologie de la maladie de Parkinson.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux subiront une biopsie de queue autour de 6 jours post natal pour réaliser leur génotypage. Les animaux subiront une chirurgie de maximum 2h, et des tests comportementaux d’identification du seuil de sensibilité douloureuse et d’enregistrement de l’activité neuronale seront effectuées 3 fois par semaine, sur une période d’un mois et d’une durée moyenne allant de 10 minutes à 1h en durée selon les tests.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La biopsie de queue nécessaire aux génotypage des animaux (autour de 6 jours post natal) induit une douleur légère de courte durée. La chirurgie peut entraîner une douleur postopératoire et une inflammation locale transitoire autour du dispositif des canules (peau du crâne). Les stimulations nociceptives entraînent potentiellement une douleur aiguë ponctuelle, objet de l’étude. Les lésions dopaminergiques modélisant la maladie de Parkinson peuvent entrainer une perte de poids sur les 10 premiers jours après la lésion. Des déficits moteurs liés à la modélisation de la maladie de Parkinson sont également attendus, ainsi que des altérations sensorielles des seuils de douleur qui ne peuvent être soulagées car c’est l’objet de l’étude.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront mis à mort pour prélèvements de tissus.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Au vu de notre thématique d’étude, il nous est impossible de remplacer notre modèle in vivo par un modèle in vitro ou in silico. En effet, il n’existe à l’heure actuelle aucun modèle reproduisant la complexité des réseaux de structures cérébrales mis en jeu dans cette étude. Ainsi, les réponses cérébrales et comportementales à des stimulations douloureuses nécessitent l’animal entier, vivant et vigile.
2. Réduction
Les expériences seront réalisées avec la volonté de réduire le nombre d’animaux, mais en obtenant le maximum d’information scientifique par test. Les effectifs maximum nécessaires pour conclure ont été calculés statistiquement, mais des analyses intermédiaires des résultats en cours d’expériences permettront de potentiellement réduire ce nombre.
3. Raffinement
Les animaux seront suivis afin de déceler tout signe de mal-être (perte de poids, blessure ou plaie ouverte, dégradation de l’état du pelage, dos arqué…). Durant les chirurgies, des méthodes d’anesthésie et d’analgésie sont utilisées. Après la chirurgie, des grilles d’évaluation seront utilisées pour le suivi des animaux. Des soins, une administration d’antalgique ou d’anti-inflammatoire et/ou une séparation des animaux seront réalisés si besoin après concertation avec le vétérinaire ou la cellule chargé du bien-être animal. Des points limites sont mis en place pour l’ensemble des procédures pour limiter ou soustraire l’animal à la souffrance. Les animaux sont hébergés en groupe sociaux dans des cages enrichis (bâton et fissure) favorisant leur comportement naturel (ronger et faire des nid)
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous utiliserons des souris modifiées génétiquement pour cibler spécifiquement les neurones de la structure cérébrale étudiée. Ceci implique l’utilisation de souris spécifiques et ne permet pas l’utilisation d’autres espèces. Étant donné que l’étude des comportements nécessite des systèmes neurobiologiques totalement matures, des animaux adultes seront utilisés