
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 18/01/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-879412)
28 brebis gestantes vont être utilisées, puis replacées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Elles reçoivent une complémentation en citrulline et deux prises de sang à la jugulaire pendant le dernier mois de gestation, une partie étant placée en stress thermique qui peut provoquer une hyperthermie, des difficultés respiratoires et un risque accru d’avortement ou de mise bas précoce. Le porteur relie le projet au « besoin » d’atténuer les effets du stress thermique sur la productivité du bétail, et affirme que le recours à l’animal est « indispensable » pour valider une approche nutritionnelle. Le raffinement décrit une récompense en granulés après chaque prélèvement et l’absence d’anesthésie locale jugée plus douloureuse que la prise de sang.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Dans un contexte global de changement climatique, les animaux d’élevage sont de plus en plus fréquemment exposés au stress thermique. Sachant que c’est l’un des déterminants environnementaux les plus importants de la productivité du bétail, de nombreuses études montrent que le stress thermique en fin de gestation peut compromettre la croissance du fœtus, affecter l’absorption postnatale des immunoglobulines du colostrum et avoir des actions à long terme qui se traduisent par une réduction de la production laitière lorsque l’animal devient adulte. Afin de réduire les effets du stress thermique, les animaux sont en général placés à l’ombre et rafraichis grâce à des ventilateurs et des arrosages automatiques, mais toutes ces approches ne sont pas sans conséquences en termes de risque sanitaire pour les animaux ou de consommation d’énergie. C’est pourquoi, d’autres approches, en particulier nutritionnelles, peuvent être envisagées. Sachant qu’il a été démontré chez le bovin que le retard de croissance intra-utérin observé chez les veaux pourrait correspondre à une altération de la vascularisation placentaire, nous avons choisi un acide aminé impliqué dans la synthèse locale d’oxyde nitrique (NO) pour améliorer la régulation vasculaire placentaire. De plus, le projet sera réalisé sur des ovins car les pratiques de dessaisonnement en élevage, induisent un stress thermique en fin de gestation lors de dessaisonnement des animaux pour la mise bas du mois de septembre. Ainsi, l’objectif de cette étude est d’évaluer l’effet de la supplémentation en citrulline dans le dernier mois de gestation chez la brebis, dans des conditions de stress thermique ou non, sur la vascularisation et la fonction placentaires, le poids des agneaux à la naissance et leur croissance post-natale.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Validation d’une approche nutritionnelle pour atténuer les effets négatifs du stress thermique sur le placenta et le poids des animaux à la naissance
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux auront 2 prises de sang réparties de la manière suivante: une à 110 jours de gestation et une à 140 jours de gestation. Chaque prise de sang dure environ 20 secondes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Il n’est pas attendus de conséquences néfastes à la prise alimentaire de Citrulline qui est un acide aminé favorisant la santé vasculaire. Il pourrait arriver en revanche une hyperthermie des lots mis en stress thermique avec des difficultés de régulation de température et de respiration dues au stade de fin de gestation, et un risque accru d’avortements ou de mise bas précoce. Un petit hématome peut dans de rare cas subvenir à la veine jugulaire après les prises de sang.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront replacés à l’issue de la procédure.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Le recours à l’animal est indispensable puisque l’objectif du projet est de valider une approche nutritionnelle pour permettre d’atténuer l’effet du stress thermique sur la croissance foetale.
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisés (7 femelles par lots) a été rationalisé dans le but de ne pas utiliser plus d’animaux que nécessaire pour pouvoir mettre en évidence un effet après analyse statistique. La taille de nos effectifs permettra de réaliser des analyses statistiques qui dépendront de la distribution des données et de l’homogénéité des variances. Si les conditions de normalité de la distribution et d’homogénéité des variances sont remplies, nous utiliserons des tests de comparaison de type ANOVA. Si les conditions ne permettent pas d’utiliser des tests paramétriques, alors nous utiliserons des tests non paramétriques pour comparer les lots expérimentaux. Pour cette configuration, on réalisera le test de Mann et Whitney ainsi que le test de permutation pour mesures indépendantes via le logiciel R.
3. Raffinement
Les brebis étant des animaux grégaires, elles seront toujours manipulées par lot. Elles seront hébergées sur aire paillée et la contention des brebis pour le prélèvement sanguin se fera dans un espace réduit entre des claies. La cellule sera enrichie avec des miroirs et des filets de foin suspendus. Les prélèvements de sang par ponction à la veine jugulaire, seront réalisées par du personnel qualifié et expérimenté. La présence récurrente des expérimentateurs en interaction positive en dehors de la procédure (alimentation, soins aux animaux) est associée à une diminution du stress face à la contention. Après chaque prélèvement et chaque échographie, les animaux recevront une récompense sous forme de granulés. Lors de la prise de sang, les animaux peuvent ressentir une douleur légère de courte durée n’entrainant pas de trouble de l’état général (pas de douleur chronique ou aigüe de forte intensité) ; il ne sera pas fait d’anesthésie locale qui s’avèrerait plus douloureuse que la prise de sang, et augmenterait le risque d’hématome. Une surveillance journalière de l’état général des animaux sera ensuite assurée dans le cadre du suivi de la mise à la reproduction. En cas d’apparition de symptômes, un traitement adapté (antidouleurs, anti-inflammatoires, antibiotiques) sera mis en place par les animaliers selon le protocole de soins établi par le vétérinaire référent.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les ovins ont été choisis car c’est une espèce soumise au stress thermique en fin de gestaion lors de désaisonnement des animaux pour une mise bas en septembre. Les animaux utilisés sont en fin de gestation car l’objectif est d’évaluer l’effet de la supplémentation en citrulline dans le dernier mois de gestation sur la vascularisation placentaire et le poids des agneaux à la naissance, dans des conditions de stress thermique.