
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-01-24 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-662506)
360 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent une greffe de cellules de cancer pulmonaire humain dans le flanc, avec suivi de la tumeur trois fois par semaine pendant quatre-vingt-dix jours, pour tester si un groupe de gènes ralentit la croissance tumorale. Le porteur indique que des métastases peuvent se former dans les poumons et entraîner amaigrissement et difficultés respiratoires, et que les tumeurs volumineuses peuvent gêner les déplacements. Il affirme qu’après des travaux sur cellules en culture il est « nécessaire » de passer à un modèle vivant représentatif de la pathologie humaine.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
52 777 nouveaux cas de cancer du poumon ont été estimés en France en 2023, avec un taux de survie à 5 ans pour les personnes diagnostiquées entre 2010 et 2015 qui s’élève à 20 % (Institut National du Cancer). La compréhension de cette pathologie et le développement de nouvelles thérapies représentent ainsi un enjeu majeur de santé publique. Nous avons observé sur des modèles cellulaires dérivés de cancer pulmonaire qu’un groupe de gènes était capable d’induire la mort des cellules cancéreuses. Nous souhaitons donc maintenant implanter ces cellules dans des souris afin de déterminer si nous obtenons les mêmes effets dans un modèle vivant représentatif des différentes situations pathologiques rencontrées chez l’Homme. Nous nous intéresserons à la pousse tumorale de ces cellules avec ou sans induction du groupe de gènes de reprogrammation. Les caractéristiques cellulaires et moléculaires des tumeurs seront ensuite étudiées.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Confirmer dans un modèle vivant que le groupe de gènes de reprogrammation retarde le développement tumoral nous permettra de développer de nouvelles stratégies thérapeutiques pour le traitement du cancer.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Cruelty Free International a établi en 2018 que les résumés allemands et britanniques, les seuls examinés à ce jour, décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Des cellules tumorales seront greffées dans le flanc des animaux. Cette procédure n’est réalisée qu’une fois par animal et dure une quinzaine de secondes. Cette implantation va engendrer le développement d’une tumeur. Le diamètre de chaque tumeur sera mesuré 3 fois par semaine pendant une durée maximale de 90 jours ou jusqu’à un point limite. Pour permettre ces mesures, les animaux sont maintenus à la main pendant une quinzaine de seconde.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Cruelty Free Europe a mesuré en 2024 que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces deux pays sont les seuls dont les résumés ont été examinés. Les résumés français relèvent du même modèle européen, et leur qualité n'a jamais été mesurée.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux vont recevoir une unique implantation sous-cutanée de cellules tumorales dans le flanc. Cette procédure, bien que très rapide, peut induire du stress à l’animal ainsi qu’une douleur légère. Puisqu’il est attendu que des tumeurs se développent, ces dernières pourraient gêner les animaux dans leurs déplacements. Aussi, si le volume tumoral est important, il est possible que les animaux se blessent, ce qui conduirait à une douleur modérée de l’animal. De plus, des métastases peuvent se former dans les poumons, dégradant ainsi l’état de santé des souris et pourrait engendrer amaigrissement, difficultés à respirer ou troubles moteurs. Enfin, les contentions multiples pour assurer le suivi du volume tumoral peuvent également induire un stress aux animaux.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
En fin de procédure les animaux seront mis à mort afin de récupérer les tumeurs. Ces dernières seront analysées au laboratoire par diverses techniques histologiques et de biologie moléculaire.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet vise à étudier la capacité à former des tumeurs et à étudier la prolifération et la mort cellulaire de lignées cancéreuses induites à reprogrammer. Ces travaux ayant déjà été menés sur des cellules en culture, il est maintenant nécessaire de travailler avec un modèle intégré représentatif du contexte pathologique observé chez l’Homme.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
i) Analyse de la pousse tumorale et caractérisation histologique des tumeurs Dans notre procédure, les tumeurs seront prélevées en début d’expérimentation dans 10 animaux afin d’effectuer des analyses histologiques. En parallèle, 10 animaux supplémentaires sont requis pour effectuer un suivi du volume des tumeurs. Des analyses statistiques ont montré qu’un effectif de 10 animaux est le nombre minimal requis pour générer des résultats significatifs. ii) Analyse moléculaire En parallèle, nous réaliserons une analyse moléculaire suivant 2 approches dont les données générées seront traitées par bio-informatique. Des analyses statistiques ont montré qu’un effectif de 5 animaux par approche (donc 2×5 =10) est le nombre minimal requis pour générer des résultats significatifs.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris présentant un système immunitaire déficient, elles seront hébergées dans des portoirs ventilés qui les protège de toutes contaminations par l’environnement extérieur. Avant le début de l’expérimentation, les animaux sont laissés une semaine en acclimatation à leur nouvel environnement. Ensuite, une habituation à être manipulés sera effectuée pendant une semaine dans le but de réduire le stress des animaux lorsque l’expérimentateur devra les manipuler dans le cadre des suivis de pousse tumorale. Une fois les implantations réalisées, une surveillance quotidienne des animaux sera effectuée afin de repérer au plus tôt toute douleur ou souffrance éventuelle. L‘implantation des cellules de lignées cancéreuses impliquant le développement tumoral, un suivi de poids des souris ainsi que de volume des tumeurs sera réalisé trois fois par semaine. Des points limites qui auront pour effet l’arrêt de la procédure ont été déterminés. Pour faciliter et uniformiser le suivi des animaux, une grille de calcul des points limites sera utilisée.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront âgés de 8 semaines à leur arrivée à l’animalerie. La procédure débutera 2 semaines plus tard, ceux-ci seront donc âgés de 10 semaines, nous permettant de mener nos projets sur un stade jeune adulte. Le stade jeune adulte a l’intérêt de favoriser la pousse tumorale. Les animaux seront greffés avec des cellules cancéreuses d’origine humaine. Afin qu’il n’y ait pas rejet de la greffe, les souris auront un système immunitaire déficient.