
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-01-24 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-763402)
410 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles subissent des chirurgies du crâne pour injection de virus et implantation d’électrodes, jusqu’à quatre heures, puis des enregistrements et tests comportementaux sur l’animal vigile, avec une restriction alimentaire maintenant la faim pendant dix à vingt jours et une perte de poids jusqu’à 15 %, pour étudier le rôle du cervelet dans l’autisme. Le porteur reconnaît que les chirurgies provoquent une douleur de 24 à 48 heures et que l’isolement postopératoire génère un stress, jugés « indispensables » pour cibler des sous-régions cérébrales. Il affirme que les études in vitro et sur invertébrés ne permettent pas d’étudier ces comportements complexes.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le syndrome de Phelan McDermid (PMS), qui est dû à une mutation génétique du gène Shank3, provoque des déficits moteurs, des troubles du spectre autistiques (TSA) et des déficiences intellectuelles. Ce gène est fortement exprimé dans plusieurs régions du cerveau et chaque région touchée pourrait donc contribuer à un sous-ensemble des déficits exprimés par les patients. Notre projet a pour objectif de caractériser en détail la contribution spécifique du cervelet à ce trouble neuro-developpemental.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet vise à comprendre l’implication du cervelet dans l’expression de certains troubles comportementaux associés au syndrome de Phelan Mc Dermid. Il contribuera ainsi non seulement à mieux cibler les causes des troubles neurodeveloppementaux associés à une dysfonction du cervelet mais apportera plus largement des pistes sur de nouveaux mécanismes physiopathologiques sous-jacents aux troubles du spectre autistique.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Cruelty Free International a établi en 2018 que les résumés allemands et britanniques, les seuls examinés à ce jour, décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Un groupe de 6 animaux suivra les étapes suivantes : Chirurgie stéréotaxique injection de virus sous anesthesie/analgésie (2h) – chirurgie sans réveil sous anesthesie/analgésie (30min). Un groupe de 20 animaux suivra les étapes suivantes : Chirurgie stéréotaxique injection de virus sous anesthesie/analgésie (2h), euthanasie par mode réglementaire. Un groupe de 288 animaux suivra les étapes suivantes : Chirurgie stéréotaxique injection de virus sous anesthesie/analgésie (2h) – Chirurgie stéréotaxique implantation d’electrodes sous anesthesie/analgésie (4h) – Test comportementaux et enregistrements electrophysiologiques à l’état vigile (3h max par jour pendant 20 j max) – chirurgie sans réveil sous anesthesie/analgésie (30min). Un groupe de 96 animaux suivra les étapes suivantes : Chirurgie stéréotaxique implantation d’electrodes sous anesthesie/analgésie (4h) – Test comportementaux et enregistrements electrophysiologiques à l’état vigile (3h max par jour pendant 20 j max) – chirurgie sans réveil sous anesthesie/analgésie (30min). Un groupe de 24 animaux suivra l’étape suivante : test comportemental.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Cruelty Free Europe a mesuré en 2024 que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces deux pays sont les seuls dont les résumés ont été examinés. Les résumés français relèvent du même modèle européen, et leur qualité n'a jamais été mesurée.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les procédures de chirurgie (injection de virus et implantation d’éléctrodes) peuvent être à l’origine d’une perte de poids transitoire (inférieur à 20 pour cent de leur poids initial) et provoquer une douleur pendant 24/48h. Néanmoins elles sont indispensables à notre projet car seule une chirurgie stéréotaxique permet de cibler spécifiquement des sous régions cérébrales (placement d’électrodes et injection locale de virus). L’isolement post-chrirugie (après la pose d’implant) ainsi que certaines tâches comportementales mesurant l’anxiété pourront entraîner une sensation de stress pour l’animal. Enfin certaines tâches comportementales reposent sur la motivation de l’animal à chercher des récompenses alimentaires et nécéssitent donc que les animaux ressentent de la faim. Une restriction aimentaire est donc maintenue pendant 10 à 20 jours maximum et la perte de poids est limitée à 15 pour cent du poids initial.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le prélèvement et l’analyse des cerveaux post-mortem sont indispensables à la validation des procédures d’injection virale et d’implantation d’électrodes. Cela implique donc l’euthanasie de l’ensemble des animaux par différentes méthodes réglementaires en fonction des analyses nécessaires.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La modélisation permet d’apporter des informations sur le fonctionnement et les opérations faites par le cerveau mais nécessite les données cellulaires et comportementales. La modélisation ne nous permet pas d’étudier le rôle précis de notre gène d’intérêt dans les différentes sous régions du cervelet impliquées dans la cognition et les troubles du spectre autisitque. Les etudes in vitro et les animaux invertebres ne permettent pas l’etude des comportements complexes ; la souris est donc l’espece la plus appropriee pour ce type d’etudes.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
En se basant sur plusieurs articles utilisant des tests comportementaux et des analyses statistiques similaires, nous estimons le nombre de souris par groupe à 12 souris pour les études comportementales et 5 souris pour les analyses moléculaires. La taille des effectifs nécessaires par groupe a également été confirmé par un calcul de puissance et des tests stattistiques seront réalisés afin d’avoir une interprétation stable des résultats. Au total, nous estimons donc que pour réaliser l’ensemble du projet, 434 souris seront nécessaires.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les souris provenant d’un fournisseur extérieur ont un temps d’adaptation à la pièce d’hébergement de 5-7 jours. Afin de réduire au maximum le stress, les animaux sont habitués à être manipulés 5min par jour par l’expérimentateur avant le début du protocole expérimental. Les animaux sont placés dans des cages en communauté de 2 à 5. Lorsque la procédure nécessite l’isolement des animaux, du nid végétal et un jouet d’exploration (cube, tunnel ou abri) est placé dans chacune des cages de manière à offrir aux animaux plus d’enrichissement. De plus, les cages utilisées sont transparentes, placées les unes à côté des autres dans la pièce de stabulation. . Des points limites sont mis en place afin de réduire, supprimer ou soulager l’inconfort, la douleur ou l’angoisse subis par les animaux. Ils seront suivis quotidiennement par les mêmes manipulateurs et les procédures nécessaires seront mises en place pour garantir leur bien-être. Pendant les chirurgies, les animaux seront anesthésiés et recevront des analgésiques.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le modèle murin est idéal pour répondre à notre question scientifique. En effet, il existe un grand nombre de lignées de souris transgéniques que nous pourrions utiliser dans le cadre de notre projet d’étude du rôle du cervelet dans les troubles du spectre autistique. L’utilisation de modèles murins transgénique permettra de déléter spécifiquement un gène d’intérét dans les cellules granulaire de tout le cervelet ou dans les cellules granulaires de lobules spécifiques du cervelet. De plus, la souris est un animal explorateur pour lequel de très nombreux tests de comportement ont été développés. le projet utilisera des souris adultes âgées de 2 à 6 mois nous permettant d’étudier le comportement et la physiologique sur un cerveau stable d’un point de vue développemental (2 mois). Nous arrêterons les tests avant l’effet du vieillissement cérébral (6 mois).