
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 29/02/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-334213)
Tués avant tout réveil après un prélèvement de liquide céphalorachidien sous anesthésie, 70 rats servent à mettre au point une méthode de dosage des acides gras par spectrométrie de masse. Le projet ne teste aucun traitement et ne porte sur aucune maladie, il cale une technique analytique sur des organes et des fluides prélevés après la mort, foie, colon, sang, cerveau, urines et fèces. Le porteur indique que la même méthode pourra ensuite être appliquée à des prélèvements humains, et retient comme seule nuisance déclarée le stress du transport vers la salle de chirurgie. Il affirme qu’aucun modèle in vitro ne remplace « l’animal entier » et conclut que le recours aux rats est « indispensable ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le projet présenté est un projet de développement technologique qui permet de quantifier des petites molécules dans n’importe quel type de prélèvement. L’objectif est de développer une méthode de quantification des acides gras (courte, moyenne et longues chaînes) dans plusieurs organes ou tissus du rat afin de réaliser une cartographie de ces derniers et permettre de visualiser les échanges en acides gras entre ces tissus. La méthode sera utilisée pour la différentiation de rats sains et pathologiques ou la recherche de biomarqueurs. Les acides gras sont impliqués dans de nombreux métabolismes mais aussi dans de nombreuses pathologies : (i) inflammatoires, particulièrement du système digestif ; (ii) des maladies neurodégénératives, telle que Alzheimer ; (iii) des troubles du spectre de l’autisme. La principale source d’acides gras est l’alimentation. Du système digestif, les acides gras passent par la veine cave pour être distribués aux différents compartiments biologiques tels que le foie, le sang, les muscles, le cerveau. Les acides gras à courte chaîne réagissent avec des récepteurs et sont impliqués dans la communication entre intestin (microbiote intestinal) et cerveau. Les acides gras sont déjà très étudiés mais les études se cantonnent à quelques tissus. La plus-value de ce projet est d’apporter une méthode de quantification des acides gras dans les fèces, l’urine, le foie, le colon, le sang, le liquide céphalo-rachidien (LCR) et le cerveau avec une unique gamme de calibration, permettant des analyses sur différents tissus au cours d’un même examen. La méthode d’extraction des acides gras sera optimisée et spécifique à chaque tissu. L’objet de ce document est de formaliser le prélèvement des différents tissus.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
L’objectif est de visualiser et quantifier les acides gras dans l’ensemble du corps, de leurs productions jusqu’à leurs transformations. Une fois cette méthodologie testée sur des rats, elle pourra être appliquée dans des modèles animaux pour mieux comprendre le rôle des acides gras dans la physiopathologie de maladies notamment cérébrales. La même méthodologie pourra aussi être appliquée sur des prélèvements humains pour explorer le rôle potentiel d’acides gras en tant que biomarqueurs de maladies (diagnostic, évolution, effets de thérapeutiques…).
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Prélèvement du Liquide céphalo rachidien sous anesthésie gazeuse : 1 fois pendant 3 min.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Nous ne pouvons pas exclure que les animaux présentent un stress lors du transport vers la salle de chirurgie et du temps de latence avant induction de l’anesthésie, même si l’habituation est censée minimiser tout stress dans ce contexte.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront euthaniasiés à l’issue du projet. Les organes seront prélevés afin de réaliser des études in-vitro.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Chez l’humain, aucun modèle in vitro n’est à même de remplacer l’animal entier étant donné la complexité des processus mis en jeu, et ne permet d’étudier la biodistribution des acides gras dans tous les organes d’un individu. De plus, les échantillons humains disponibles de manière non-invasive sont limités aux fèces, à l’urine et de manière invasive au sérum et au LCR. Dans ce contexte, le recours à l’animal est indispensable.
2. Réduction
L’objectif de ce travail est notamment de pouvoir comparer les quantités des différents métabolites dans les matrices explorées, ainsi que la comparaison des concentrations de chaque métabolite en fonction du sexe par matrice. Les données seront donc analysées par des stastitiques . La mise au point de la quantification sur les différentes matrices nécessite de travailler sur des pools d’animaux pour appliquer différentes méthodes sur un même échantillon. Selon les quantités nécessaires dépendant de chaque matrice, un groupe additionnel de n=10 animaux par sexe sera utilisé. L’effectif global pour ce projet est de n=35 par groupe soit 70 animaux.
3. Raffinement
Après la phase d’acclimatation, les animaux seront habitués à la salle de chirurgie pour diminuer le stress. Ils seront hébergés en groupe avec présence d’enrichissement (bâton à ronger, papier absorbant, maison et/ ou tube en plastique). Les rats seront observés une à deux fois par jour. Toutes les stratégies d’analgésie, d’anesthésie et de soin seront mises en œuvre pour réduire au maximum tout inconfort. L’induction d’anesthésie et le maintien sera réalisée en gazeux. L’animal sera maintenu sur un tapis chauffant durant toute l’expérimentation. Il recevra une préparation avant le prélèvement: rasage des poils, désinfection et nettoyage de la peau et protection oculaire. Nous assurons une surveillance accrue du rythme respiratoire et de la température corporelle.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’objectif est de développer une méthode de quantification des acides gras afin de réaliser une cartographie et visualiser leurs évolutions pour être utilisé dans la recherche de biomarqueurs. Le rat est une espèce globalement très utilisée en recherche fondamentale et a effectivement déjà été utilisé dans ce contexte. Le choix du rat vs la souris est aussi motivé par leur différence de taille et l’accessibilité à des quantités d’échantillons par animal plus importante. Le rat est l’espèce la plus adaptée pour cette étude. Nous utiliserons des rats adultes pour réaliser les différentes dissections et prélever les fluides biologiques pour avoir suffisamment de données avant le dosage des acides gras.