
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 08/03/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-222834)
Pour vérifier in vivo des résultats déjà obtenus en culture cellulaire, 280 souris sont utilisées dans des procédures d’un niveau de souffrance modéré, toutes tuées pour prélever les tumeurs. Elles reçoivent soit une injection sous-cutanée de cellules tumorales sous anesthésie, soit une injection dans la veine de la queue, sur animal vigile en contention, pour créer des foyers tumoraux dans les poumons. Le porteur conclut à l’impossibilité de modéliser la réponse immunitaire antitumorale en dehors d’un organisme vivant, et prévoit d’analyser rates et tumeurs sur les mêmes animaux au titre de la réduction. Les seuls effets qu’il retient sont le stress de la manipulation et de la contention, avec la mention que les injections « ne sont pas décrites pour être douloureuses », rien n’étant dit de ce que produit une tumeur pulmonaire chez une souris.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Des résultats contradictoires sur l’effet de certaines cellules immunitaires sur la croissance tumorale reposent sur le fait que 2 types de cellules peuvent être observés : les cellules protumorales et les anti tumorales. Le mécanisme qui contrôle la transformation entre certaines cellules protumorales et anti tumorales reste encore inconnu mais pourrait être un outil majeur dans la lutte contre l’immunosuppression médiée par le cancer. L’élucidation de ce mécanisme pourrait nous aider à trouver des médicaments qui pourraient favoriser in vivo la conversion des cellules pro tumorales en cellules anti tumorales. Au regard de nos expériences précédentes réalisées in vitro montrant un rôle essentiel d’un récepteur aux signaux de danger dans la balance entre pro et anti tumorales, il nous paraît aujourd’hui essentiel de les valider in vivo. En effet, la culture de cellules ne permet pas d’appréhender la complexité des organismes vivants, et d’autant plus lorsqu’il s’agit d’immunité. C’est pourquoi, nous souhaitons poursuivre ce projet par des expériences réalisées chez la souris. L’utilisation de modèles animaux nous permettra de mener à bien ce projet et de répondre aux questions suivantes : Les modifications observées in vitro sont-elles vraies in vivo ? Comment s’effectue leur activité antitumorale ? Le récepteur aux signaux de danger peut-il servir de cible thérapeutique ?
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Grâce à cette étude nous pensons pouvoir montrer que NLRP3 (récepteur des signaux de danger ) au sein des cellules immunitaires peut servir de cible thérapeutique en cancérologie.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Dans le cas des tumeurs sous cutanées les souris recevront une injection de cellules tumorales. Le geste dure +/- 10 secondes. Dans le modèle de foyers tumoraux pulmonaires les souris recevront les cellules par une injection dans la veine caudale dans un système de contention. La procédure dure 20 à 30 secondes.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les tumeurs sous cutanées seront injectées sous anesthésie à l’isoflurane. Dans le modèle de foyers tumoraux pulmonaires les souris vigiles recevront les cellules par injections dans la veine caudale, dans un système de contention. Les injections ne sont pas décrites pour être douloureuses. Sur la durée de l’expérience, ces modèles de tumeurs ne provoquent pas de nécrose. Les souris subiront le stress de la manipulation et de la contention.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront mis à mort à la fin des expériences afin de prélever les tumeurs
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Une grande partie de nos démonstrations a été réalisées in vitro. La réponse immunitaire anti-tumorale étant un phénomène complexe faisant intervenir beaucoup de cellules, de molécules et leurs interactions, il est impossible d’en modéliser l’entièreté en dehors d’un organisme vivant.
2. Réduction
Dans un souci de réduction, les expériences ne seront répétées que deux fois et les rates et les tumeurs seront analysées sur les mêmes animaux ce qui permet donc de réduire le nombre d’animaux de l’étude. De plus, nous avons fait appel à une méthodologiste afin de déterminer au mieux le nombre minimal de souris requis pour que nos tests statistiques soient suffisamment puissants.
3. Raffinement
Les animaux seront hébergés dans un environnement adapté et enrichi. Les souris auront à disposition des matériaux pour leur permettre de faire leurs nids. Chaque animal sera examiné quotidiennement tout au long de l’expérimentation. En cas de signes de douleur ou de souffrance les souris seront mises à mort. Les tumeurs sous cutanées seront injectées sous anesthésie à l’isoflurane.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les animaux seront utilisés à l’âge adulte à partir de 8 semaines, c’est-à-dire possédant un système immunitaire mature. Les souris, outre l’avantage lié à leurs caractéristiques physiologiques sont les seules espèces animales disponibles sous forme génétiquement modifiée.