Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Tous relâchés sur leur site de capture, 2 400 passereaux sauvages de onze espèces sont pris au filet et maintenus jusqu’à cinq minutes en main, dans des procédures d’un niveau de souffrance léger. Sur cinq ans, 1 320 adultes et 660 jeunes à l’envol subissent un prélèvement sanguin, 200 oiseaux un lavement cloacal et 220 mâles un massage cloacal pour récupérer leur sperme, tous ces gestes étant pratiqués sur animaux vigiles. Le porteur nomme les espèces concernées, du rouge-gorge familier à la mésange charbonnière, et retient les plus grosses pour pouvoir prélever du sang sans dommage. Il présente lui-même l’effectif de 2 400 comme un maximum qui ne sera pas atteint, et admet que la comparaison entre espèces resterait valable « avec seulement quelques individus ».

NTS-FR-236958v1
Types de recherche
· Protection de l’environnement ·
Mots-clés
oiseaux, pesticides, effets chroniques, population naturel, agriculture biologique
Autres oiseaux : 2400

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Depuis plusieurs décennies, l’utilisation massive et croissante de pesticides de synthèse dans l’agriculture conventionnelle a permis une augmentation considérable des rendements agricoles mais elle a également eu des effets sur la biodiversité et notamment sur les populations d’oiseaux, même si la magnitude de ceux-ci reste l’objet de controverses. La conversion à l’Agriculture Biologique, dans le cadre de la politique agricole commune et soutenue par l’État français, permet de proposer un ensemble de mesures permettant la restauration des écosystèmes agricoles et ainsi de promouvoir la biodiversité. A ce jour, beaucoup d’études se sont intéressées à la comparaison entre l’agriculture conventionnelle et agriculture biologique avec pour résultats principaux que les densités et abondances des espèces et des individus sont plus importantes dans les paysages en agriculture biologique. En revanche, un effet positif sur la dynamique des populations évoluant en agriculture biologique, reste encore à démontrer, d’autant qu’identifier les processus et mécanismes impliqués reste aussi à l’ordre du jour. Une des hypothèses principales serait le relâchement de la pression en produits phytosanitaires en agriculture biologique, dont les impacts négatifs sur la dynamique des populations concerneraient avant tout les effets sublétaux. L’objectif de ce projet est d’apporter des connaissances cruciales au regard des effets sublétaux (c’est à dire des effets n’entrainant pas directement la mort de l’individu mais une dégradation de son état de santé général) de l’agriculture conventionnelle par rapport à l’agriculture biologique, sur différentes espèces de passereaux nichant dans les haies au sein de ces agrosystèmes, en comparant en conditions naturelles et à l’échelle d’un vaste territoire agricole, plusieurs marqueurs de la « santé » des oiseaux.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Le bénéfice principal attendu de ce projet sera de comprendre comment l’agriculture biologique peut être un levier pour préserver la biodiversité aviaire en diminuant l’exposition aux pesticides des individus et si l’état de santé des oiseaux et de leurs populations s’améliorent par rapport à des paysages dominés par l’agriculture conventionnelle.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux seront capturés dans la nature et différentes mesures seront réalisées. Ces mesures sont des mesures classiquement réalisées sur les oiseaux dans les programmes de recherche in natura. Tous les animaux subiront 1 capture et 1 contention d’une durée maximale de 5 minutes. Durant la contention et pour les 5 années du programme, 1320 oiseaux adultes et 660 jeunes à l’envol subiront un prélèvement de sang sans effraction (durée de moins de 1 minutes), 200 oiseaux subiront un lavement cloacal (durée de 1 minute) et 220 mâles subiront un massage cloacal (durée de 1 minute) pour récupération du sperme. Tous ces gestes (prélèvement de sang, lavement et massage) seront réalisés sur les animaux vigiles. Chaque animal ne subira qu’un seul acte par an. Si un individu est recapturé pendant deux années consécutives, il pourra alors rentrer dans deux procédures différentes (une procédure par an). S’il est recapturé une troisième année, il ne subira pas de nouvelle procédure.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

1) Tout d’abord, il y aura un stress léger lié à la capture. En effet, la capture par des filets maillants est la procédure habituelle pour capturer des passereaux et n’engendre pas de traumatisme ni de mortalité quand elle est réalisée dans des conditions météorologiques favorables. 2) Il y aura ensuite un stress léger lié à la contention des oiseaux pendant les mesures (mesures de comportement, mesures morphométriques, mesure du parasitisme) qui durera moins de 5 minutes. 3) En fonction des procédures, il pourra y avoir une gêne légère et passagère lors du lavement cloacal, du prélèvement de sperme et lors de la prise de quelques microlitres de sang sans effraction. Chacun de ces gestes (lavement, sperme et sang) durera moins d’une minute (compris dans les 5 minutes).

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les individus seront relachés sur le site de capture après les manipulations et chaque individu ne subira qu’une seule procédure par an. Si un individu est recapturé une seconde année, il rentrera dans une nouvelle procédure. Si il est recapturé une troisième année, il ne rentrera pas dans une nouvelle procédure. Chaque individu subira alors deux gestes aux maximum.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

S’agissant de suivi populationnel pour comprendre des mécanismes complexes en milieu naturel, il n’existe pas de modèle in vitro ou in silico permettant de remplacer les animaux vivants.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’individus pour chaque procédure est réduit à son maximum et est celui qui permettra de réaliser des analyses statistiques avec une puissance suffisante pour détecter des effets sublétaux qui sont par définition subtils à mettre en évidence. Comme notre projet se focalisera sur 11 espèces différentes afin de pouvoir relier l’écologie de l’espèce à l’exposition aux pesticides, il faut un nombre suffisant d’individus capturés dans les 2 modes d’agriculture (biologique et conventionnelle). Nous voulons également déterminer si le sexe des individus adultes peut jouer un rôle sur les conséquences de l’exposition aux pesticides. 10 individus par sexe, espèce et paramètre seront nécessaires pour obtenir des résultats robustes. Un individu ne rentrera que dans une seule procédure dans la même année mais pourra rentrer dans deux procédures différentes sur deux années différentes. Au total, des prélèvements et des mesures seront réalisés sur 2400 animaux sur les 5 ans du projet. Ce nombre doit être considéré comme un maximum car (i) il est certain que nous ne pourrons pas atteindre 20 individus pour chaque espèce pour chaque procédure et (ii) que certains individus seront recapturés plusieurs années et donc rentreront dans deux procédures différentes, même si ce nombre de recapture devrait être relativement faible. Des modèles statistiques adaptés (modèle linéaire généralisé avec effets mixtes) seront utilisés afin de pouvoir détecter les effets des produits phytosanitaires sur l’état de santé des oiseaux. Même si nous n’atteignons pas ce nombre, les résultats ne seront absolument pas remis en cause car une analyse interspécifique (comparaison des effets entre espèces en lien avec leur écologie) pourra être réaliser avec seulement quelques individus et elle restera parfaitement valable. En revanche, les analyses intraspécifiques seront réalisées que pour les espèces où nous aurons un nombre suffisant d’individus.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

L’ensemble des manipulations est réalisé dans le respect de l’animal aussi bien pour les adultes que les jeunes à l’envol. Les manipulations sont faites de façon à minimiser le stress, dans un temps limité et toujours à proximité du site de capture. Les oiseaux seront relâchés sur le site précis de capture. Les expérimentations sont réalisées avec des conditions météorologiques optimales (température supérieure à 10°C, absence de pluie et de vent) afin de minimiser le stress et l’impact de la manipulation. Les manipulations seront réalisées par des personnes expérimentées uniquement et des points limites stricts ont été déterminés afin de préserver le bien-être de l’animal pendant la durée de la capture. Les manipulations seront réalisées dans le respect du protocole sanitaire. Le matériel de prélèvement sera stérile et à usage unique. En cas de stress marqué, l’expérience sera immédiatement arrêtée et l’animal sera isolé dans son sac jusqu’à retour au calme avant d’être relâché. Les individus recapturés sur deux années différentes rentreront dans deux procédures différentes. Les sacs seront nettoyés entre chaque session.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les passereaux sont un modèle parfaitement adapté à notre questionnement puisque pendant la période de reproduction, ils restent à proximité de la haie où ils nidifient (dans un rayon de 150 mètres pour la plupart des espèces) nous permettant ainsi d’être certains que les individus seront confrontés à une exposition aux pesticides en agriculture conventionnelle. Les différentes espèces de notre projet seront les plus abondantes dans notre d’étude afin de disposer d’un échantillon statistique suffisant et ce seront les espèces les plus grosses nous permettant de pouvoir prendre un échantillon de sang sans dommage. Nous travaillerons sur 11 espèces : l’accenteur mouchet, le bruant zizi, la fauvette à tête noire, la fauvette grisette, l’hypolaïs polyglotte, le merle noir, la mésange charbonnière, le moineau domestique, le pinson des arbres, le rossignol philomèle et le rouge-gorge familier. Les études seront faites sur les adultes et sur les jeunes volants (c’est à dire les individus ayant quitté les nids et qui seront donc déjà autonomes au même titre que les adultes)