
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 12/03/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-266023)
Gavées une fois par semaine pendant six à dix-huit mois avec une dioxine, jusqu’à 78 fois, 672 souris seront toutes tuées pour prélever leur sang et leur foie, dans des procédures d’un niveau de souffrance léger à modéré. L’exposition chronique doit provoquer chez elles une fibrose du foie puis un cancer, que le porteur décrit comme encore précoce et asymptomatique au terme des dix-huit mois. Une biopsie de queue est en outre pratiquée sur les souriceaux à l’âge de six jours. Le porteur affirme qu’il n’existe « pas de méthodes alternatives » parce que la réponse étudiée met en jeu plusieurs types de cellules, et présente la souris comme « le modèle de choix ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les dioxines sont des produits chimiques principalement générés involontairement lors de processus industriels. Les humains sont exposés aux dioxines en consommant des aliments contaminés, car ces substances polluent les sols et l’eau, se propagent dans les plantes, les poissons et d’autres animaux, contaminant ainsi la chaîne alimentaire. Les dioxines sont des molécules stables qui persistent longtemps dans le corps humain, pouvant causer des dommages. Elles agissent en se liant à un récepteur qui régule certains gènes. La 2,3,7,8-tétrachlorodibenzo-p-dioxine (TCDD) est la plus toxique. Notre étude vise à comprendre l’effet de l’exposition chronique à la TCDD sur le dysfonctionnement des cellules endothéliales et à déterminer si son impact sur le développement de la fibrose hépatique et du cancer du foie est lié à un effet toxique dans les cellules endothéliales.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Si la toxicité d’une exposition chronique à de faibles doses de TCDD sur la santé humaine est largement reconnue, elle reste encore mal caractérisée. Ce projet permettra de caractériser les mécanismes moléculaires et cellulaires qui sont responsables des effets néfastes de la TCDD sur le développement de la fibrose et du cancer du foie. Plus largement, ce projet apportera une meilleure compréhension de l’impact des polluants environnementaux et de la voie d’aryl hydrocarbone (AhR) sur la santé humaine.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les souris seront soumises à un gavage de TCDD ou son diluant (Corn Oil) une fois par semaine pendant 6, 12 ou 18 mois. Le nombre de gavages est de 1 par semaine, soit 26 pour 6 mois, 52 pour 12 mois et 78 pour 18 mois. Chaque gavage dure 5 secondes. Les souris seront soumises à une biopsie de queue à l’âge de 6 jours.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les souris auront un gavage une fois par semaine pendant 6 à 18 mois (douleur légère de courte durée). Par ailleurs, l’exposition chronique à une faible dose de TCDD va favoriser le développement d’une fibrose hépatique et d’un cancer du foie. Des résultats préliminaires montrent que ces pathologies sont à un stade précoce au temps maximal (18 mois). Ce stade est asymptomatique chez la souris (comme chez l’homme) (sans douleur). Enfin, les souris auront un biopsie de queue à lâge de 6 jours (douleur légère de courte durée).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront mis à mort à la fin des procédures afin de faire un prélèvement de sang et du foie pour étudier les effets de la TCDD.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’utilisation de modèles animaux pour étudier la toxicité hépatique des polluants est essentielle pour atteindre les objectifs de notre projet de recherche et notamment l’étude de l’implication de la voie AhR endothéliale par l’utilisation de souris génétiquement modifiées qui permettront de fournir des informations importantes sur le rôle de cette voie de signalisation dans la toxicité des polluants. La souris est le modèle de choix en raison des similitudes physiopathologiques avec les maladies hépatiques humaines. Nous avons recours à des animaux car il n’y a pas de méthodes alternatives. En effet, il n’existe aucun moyen de remplacer une telle étude dans laquelle la réponse physiopathologique étudiée met en jeu plusieurs types cellulaires (hépatocytes et cellules endothéliales).
2. Réduction
Le nombre de souris par lot a été déterminé comme permettant de démontrer une différence statistiquement significative de 30 % de l’expression d’un marqueur tumoral.
3. Raffinement
Nous effectuerons un suivi quotidien des souris tout au long du protocole en observant leur comportement et les indices pouvant suggérer une douleur. Si nous observons une douleur chez un animal, cela entraînerait sa mise à mort anticipée. Par ailleurs, les animaux sont hébergés en présence de papier kraft et de carrées de coton pour faire le nid, ainsi que des maisonnettes et des dômes en cellulose. Le gavage sera réalisé par une personne expérimentée qui maîtrise donc parfaitement le geste ce qui réduit le temps nécessaire pour le réaliser et donc le temps de contention de la souris.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le modèle « souris » présente l’avantage de permettre l’utilisation de souris génétiquement modifiées afin de comprendre les mécanismes qui causent les effets toxiques des polluants au niveau cellulaire et moléculaire. La petite taille de la souris est également avantageuse car elle permet de manipuler des quantités limitées de polluants pendant l’étude. Nous souhaitons étudier les effets de la TCDD chez la souris adulte, nous utiliserons donc des animaux âgés de 8 à 10 semaines dans notre étude.