
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 12/03/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-297814)
264 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent une injection de cellules tumorales sous la peau, puis jusqu’à quatre injections hebdomadaires d’un composé bactérien immunostimulant encapsulé, avec des mesures de tumeur trois fois par semaine. Le porteur indique une gêne à la locomotion et des nuisances possibles quand le volume de la tumeur atteint le point limite, ainsi qu’un risque d’infection pour les souris génétiquement modifiées. Il affirme que la diffusion du composé et la réponse immunitaire qu’il déclenche imposent de travailler sur un « organisme entier », après une validation préalable in vitro.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le rôle du système immunitaire dans l’évolution des cancers est indéniable. Ces dernières années, des avancées significatives ont été réalisées dans le traitement des patients grâce à de nouvelles immunothérapies qui modulent le système immunitaire. Une molécule présente dans les bactéries a été identifiée comme particulièrement efficace pour stimuler le système immunitaire. Cependant, en dépit de ses bienfaits, sa toxicité a empêché son utilisation clinique. La détoxification de ce composé et son encapsulation a permis réduire sa toxicité pour permettre son injection intraveineuse. Il a été décrit que le composé activait deux voies différentes pour stimuler l’immunité, ayant différentes finalités lorsqu’elles sont activées. Ainsi, le but de cette étude serait de mettre en évidence l’efficacité du composé encapsulé seul, ou en combinaison avec un anticorps thérapeutique utilisé en clinique, lorsque l’une de ces voies est entravée. Cela pourrait également permettre de discerner 1) si l’efficacité antitumorale est liée à l’une ou l’autre des deux voies, et 2) si une des deux voies est privilégiée par le composé encapsulé. Également, cette étude pourrait caractériser si des mécanismes alternatifs sont mis en place pour compenser ces entraves.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet va permettre de mieux comprendre les mécanismes d’action du composé immunostimulant encapsulé, en monothérapie ou en combinaison, à savoir 1) les voies activées par le composé, 2) si le composé est toujours efficace malgré les inactivations, 3) si des mécanismes alternatifs sont mis en place lorsqu’un élément de ces voies n’est plus fonctionnel.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Pour chaque souris : – 1 injection sous-cutanée de cellules tumorales sous anesthésie – durée < 1 minute. - 1 contention + 1 injection du composé testé dans la veine de la queue et/ou 1 injection en intra-péritonéale /semaine - durée < 5 minutes. - Mesures de volumes tumoraux 3x/semaine- durée < 1 minute Pour les souris non génétiquement modifiées : 3 injections en intra-péritonéale sous anesthésie - durée < 1 minute.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Pour toutes les souris (génétiquement modifiées ou non) Stress lié à la contention et aux mesures des volumes tumoraux cutanés (durée de quelques minutes). Douleur lors d’injection : – Pour toutes les souris : lors de l’implantation des cellules tumorales (durée de quelques minutes, une fois), et lors de l’injection du/des traitement(s) (durée de quelques minutes, maximum 4 fois, chaque semaine). – Pour les souris non génétiquement modifiées : lors de l’injection du réactif entravant les voies activées par le composé encapsulé (durée < 1 minute, 3 fois). Gêne à la locomotion, nuisances possibles si le volume tumoral atteint le point limite. Il n’y a pas de métastases attendues avec le modèle tumoral utilisé. Risque d’infection pour les souris génétiquement modifiées.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront mis à mort à la fin de l’étude, dû à la présence de cellules tumorales
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Avant le passage sur modèle animal, l’efficacité de ce composé et sa formulation ont été préalablement validées in vitro au laboratoire. Des tests plus poussés doivent être réalisés sur modèle animal pour évaluer l’effet de ce composé sur un organisme entier et plus complexe. En effet, la sensibilité des cellules tumorales aux molécules anticancéreuses dépend fortement du microenvironnement, et également du système immunitaire et de ses interactions complexes. Par ailleurs, plusieurs paramètres jouant sur la diffusion du composé dans le système sanguin et les différents organes, la mise en place de la réponse immunitaire activées par le composé, sa migration, son recrutement et son effet sur la tumeur nécessite de travailler sur un organisme entier. Pour ces raisons, les études chez le modèle souris s’avèrent essentielles.
2. Réduction
Selon les précédentes expériences dans les mêmes conditions de traitement et de contrôles avec des souris non génétiquement modifiées, nous avons pu déterminer grâce à un logiciel statistique le nombre d’animaux strictement nécessaire pour obtenir des résultats statistiquement significatifs.
3. Raffinement
Les souris seront observées quotidiennement en surveillant leur état général, leur comportement critères physiques, ou le moindre signe de douleur. L’altération de ces critères éventuels sera annotée sur une fiche de suivi, et comparée à une grille de score pour détecter le moindre signe de souffrance et prendre les mesures nécessaires afin que le bien-être de l’animal soit respecté. Pour les souris génétiquement modifiées, celles-ci seront manipulées stérilement pour éviter les infections. Une double paire de gant ainsi que des manchettes seront utilisées, et changées entre chaque cage manipulée pour éviter la transmission de germes. Les maisons, tunnels, nids de cotons et paillage, l’alimentation et la litière sont stérilisés. L’eau, distribuée via des poches à usage unique, est filtrée et stérilisée. Les copeaux de litières seront remplacés par de la cellulose afin d’être moins irritants pour les souris présentant des tumeurs et éviter les nécroses.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris sont particulièrement adaptées pour l’étude de tumeurs de par la disponibilité de modèles tumoraux, de réactifs, et permettent de constituer des groupes avec un nombre de souris suffisant, compatibles avec des résultats statistiquement significatifs. Nous prévoyons d’utiliser des souris mâles et femelles afin de s’affranchir des biais et des différences d’effet du traitement qui pourraient être liés au sexe. Le modèle de souris immunocompétent va permettre d’étudier l’efficacité du composé immunostimulant dans des cancers induits chez les souris puisque la réponse immunitaire complète y est représentée. Les souris génétiquement modifiées choisies sont commercialisées et bien décrites dans de nombreuses publications scientifiques. Elles vont permettre de répondre aux problématiques posées de par leur particularité, en rapport avec les mécanismes et réponses ciblés par le composé immunostimulant. Les animaux seront utilisés entre l’âge de 6 à 12 semaines en fonction des lignées. En effet, il s’agit parfois de petites colonies d’animaux et le fournisseur ne peut garantir l’âge exact des animaux. Cette tranche d’âge permet néanmoins aux souris d’avoir un système immunitaire mature tout en ayant une prise tumorale optimale.