
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 10/04/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-979322)
Pour valider une technique de destruction des tumeurs du foie et du pancréas par fibre optique laser, 43 cochons de 45 à 60 kg vont être utilisés, 32 dans des procédures menées sous anesthésie sans aucun réveil et 11 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Tous sont tués en fin de protocole pour des analyses anatomopathologiques. Les interventions durent de quatre à huit heures sous anesthésie générale, avec insertion d’aiguilles par voie percutanée ou endoscopique, et cinq contrôles d’imagerie hebdomadaires de trente minutes suivent, chacun sous anesthésie. Le porteur liste parmi les risques l’hyperthermie maligne, la défaillance cardiorespiratoire, l’infection et la douleur, et indique que des points limites permettront d’arrêter l’expérience en cas de souffrance, sans préciser lesquels.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’objectif de ce projet est l’utilisation du laser pour détruire des tumeurs des tissus mous. L’application clinique visée est le traitement mini-invasif des cancers digestifs, avec un focus particulier sur le pancréas et le foie. La chimiothérapie et la radiothérapie ne suffisent en général pas à la guérison, et elles sont associées à la chirurgie, qui reste encore très intrusive et applicable seulement chez certains les patients. Le laser apporte des avantages non négligeables car il est applicable par voie percutanée et endoscopique, donc beaucoup moins invasif que les chirurgies traditionnelles qui nécessitent des semaines de convalescence. La lumière laser est amenée directement dans l’organe grâce à une fibre optique très fine (
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le projet vise à développer une nouvelle approche thérapeutique mini-invasive pour lutter contre les cancers de l’appareil digestif avec un focus sur les tumeurs du foie, du pancréas et du rein.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux sont soumis à une chirurgie mini-invasive sous anesthésie générale de 4 à 8 heures, incluant des imageries type scanner/IRM, des insertions d’aiguilles pour traitemnt laser/mesures de température par accès percutané ou endoscopique. Cinq contrôles post opératoires non invasifs de 30 minutes en imagerie IRM/scanner sont réalisés sous anesthésie à un rythme hebdomadaire. Des prises de sang peuvent être réalisées à la faveur des anesthésies pour des bilans biologiques.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances et éventuels effets indésirables pour les animaux sont liés aux actes suivants : – Anesthésie : injection intra-musculaire, risque d’hyperthermie maligne, risque de défaillance cardiorespiratoire – Thérapie laser : réaction inflammatoire, hyperthermie, douleur, infection
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux sont mis à mort en fin de procédure pour des analyses anatomopathologiques.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Des tests ex vivo préalables ont été mis en œuvre pour déterminer la dosimétrie du laser et les températures maximales associées. Mais les méthodes alternatives ex vivo existantes (simulateurs informatiques, modèles in silico de l’anatomie humaine, organes) ne permettent pas la modélisation intégrale de procédures chirurgicales complexes de façon réaliste. Dans notre cas, elles ne permettent pas de reproduire la réaction de tissus perfusés face à une ablation laser durant laquelle il nous faut mesurer en direct comment la température se disperse dans les tissus adjacents. La circulation sanguine « refroidit » la zone d’ablation et les effets thermiques observés in vivo ne peuvent être fidèlement reproduits sur des organes isolés. Une mise en œuvre sur organisme vivant entier est nécessaire pour parvenir à l’objectif scientifique du projet. Les tests ex vivo restent utiles et seront combinés aux tests in vivo pour optimiser le nombre de capteurs de température à utiliser dans les organes et la distance relative entre ces capteurs et la fibre optique du laser.
2. Réduction
Le nombre d’animaux a été réduit au mieux pour obtenir des résultats statistiquement significatifs. Les points d’ablation laser et mesures de températures seront répétés en grand nombre sur différents organes dans le cadre d’une procédure sans réveil, afin de réduire les effectifs tout en optimisant le nombre de mesure par individu.
3. Raffinement
Les porcs sont hébergés en groupe sociaux dans de larges box enrichis de jeux à macher et de balles, ils sont douchés quotidiennement à l’eau tiède et reçoivent une alimentation adaptée à leurs besoins physiologiques. Les conditions d’ambiances sont contrôlées et la température est maintenue entre 18 et 24°C. Une période d’acclimatation de quelques jours permet aux animaux de s’habituer à leur environnement et au personnel soignant qui met en place un programme de familiarisation basé sur la distribution de récompenses. Une vidéosurveillance 24h/24 permet un suivi visuel des comportements en animalerie et une intervention rapide du vétérinaire en cas d’anomalie. Tous les gestes expérimentaux sont réalisés sous anesthésie. Le jour de l’intervention, les porcs sont sédatés pour être transportés dans la salle d’opération, ils sont maintenus sous anesthésie générale avec gestion de la douleur pendant toute la procédure. Le suivi post opératoire est assuré avec une évaluation quotidienne de la douleur, le vétérinaire désigné intervient en cas d’anomalie détectée. Des points limites sont définis pour arrêter l’expérience en cas de souffrance de l’animal.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le Porc est un modèle de choix pour la recherche translationnelle, car son anatomie, sa physiologie et sa taille sont similaires à celles de l’Homme. Cela permet d’utiliser des équipements d’imagerie et des systèmes médicaux de même taille que ceux qui seront déployés chez les patients. Les animaux utilisés seront dans une tranche de poids moyen comprise entre 45 et 60 kg correspondants à un stade de développement de 3 à 5 mois.