
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 11/04/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-646478)
Un gavage par jour pendant quatre semaines, soit vingt-huit gavages chacune : 216 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, toutes tuées à l’issue pour le prélèvement de leurs organes. Elles reçoivent d’abord un adénovirus injecté dans le coin de l’œil sous anesthésie, puis subissent des jeûnes de six heures avant chaque mesure de glycémie, six prélèvements sanguins à la queue après une incision au scalpel, une injection de glucose, et un jeûne de douze heures avant la chirurgie terminale. Le porteur décrit une prostration et une gêne oculaire après l’injection, une gêne dans l’œsophage lors des gavages, une sensation de faim et une hypoglycémie avant la mise à mort. Il précise que le gavage d’un des composés est maintenu parce qu’il s’agit d' »un protocole demandé dans le cadre de la révision d’un article », alors qu’un autre composé a pu être simplement incorporé à la nourriture.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le foie gras, qui se caractérise par l’accumulation de graisse dans les cellules du foie, touche un quart de la population française. Dans 20 % des cas, ce foie gras génère une inflammation et un durcissement du foie qui peut être à l’origine de cirrhose et de cancer du foie. Les personnes diabétiques, en surpoids ou souffrant d’affections liées au syndrome métabolique sont particulièrement à risque. Néanmoins, il n’existe pas à ce jour de moyens de diagnostic et de traitement pharmacologique du foie gras. Par conséquent, identifier les mécanismes à l’origine du foie gras est cruciale pour prévenir les stades plus avancés chez les patients à risque. Un nouveau mécanisme, avec une perte de communication entre différents constituants intracellulaires induite par des métabolites circulants, est associé au développement du foie gras et il convient de valider chez la souris le rôle causal de ce mécanisme dans l’accumulation de gras. L’objectif de ce projet est donc de valider ce mécanisme en surexprimant une molécule de liaison qui rapproche ces constituants intracellulaires dans le foie des souris, afin de démontrer que cela prévient le foie gras induit par des métabolites administrés chez la souris pendant 4 semaines.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Les bénéfices de ce projet de recherche sont de valider une nouvelle hypothèse mécanistique impliquée dans l’accumulation de gras dans le foie et de mettre en évidence de futurs moyens de prévention et/ou traitement du foie gras. Si nos hypothèses sont validées chez la souris, nous initierons ensuite des tests chez l’homme et tenterons d’identifier des molécules capables de réguler ce mécanisme dans la cellule.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Au cours de ce projet, toutes les souris seront soumises à : – une injection unique d’adénovirus dans le coin de l’œil sous anesthésie gazeuse (durée : 30 secondes). – un gavage quotidien pendant 4 semaines sur animal vigile (durée : 30 secondes). – une mise à jeun de 6 heures avant les mesures de glycémie – 6 prélèvements sanguins de petits volumes (5µl, n=6, 30 secondes) à la queue des souris pour les mesures de glycémie, associés à une incision unique de la queue. – une injection de glucose sur animal vigile lors du test de tolérance au glucose (durée : 30 secondes). – une mise à jeun de 12 heures avant chirurgie sous anesthésie profonde et sans réveil.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
– une prostration et une gêne oculaire suite à l’injection d’adénovirus dans le coin de l’oeil – une prostration et gêne dans l’oesophage lors du gavage. – une douleur transitoire au point d’injection lors des injections dans la cavité abdominale et de l’incision au scalpel de la queue. – Une hyperglycémie transitoire au cours des test métaboliques. Ces variations de glycémie sont des réponses physiologiques transitoires qui n’affectent pas l’état général des souris. L’hyperglycémie provoquée lors des tests revient à la normale au bout de 90 minutes. – une sensation de faim et une hypoglycémie suite à la mise à jeun sur la nuit avant mise à mort. Ces modifications physiologiques peuvent donc être responsable d’un stress chez l’animal et d’une baisse d’activité les conduisant à nicher dans leur nid.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
A la fin des procédures, toutes les souris précédemment anesthésiées seront mises à mort pour le prélèvement des organes d’intérêt.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Ce projet vient compléter des données déjà obtenues dans des cellules en culture, où la surexpression d’une molécule de liaison rapprochant des constituants intracellulaires prévient l’accumulation de lipides induite par des métabolites. Ces observations doivent être validées chez la souris (organisme entier) pour attester de ce nouveau mécanisme dans la physiologie du foie gras. Il s’agit d’un projet de physiologie où aucune alternative non animale n’est disponible puisqu’il s’agit ici de valider le rôle de l’axe intestin-foie dans la pathologie du foie gras.
2. Réduction
Pour diminuer le nombre d’animaux utilisés, nous allons comparer différents traitements en même temps afin de n’avoir qu’un groupe de souris contrôle. Le nombre de souris est calculé au plus juste tout en offrant la puissance statistique nécessaire pour l’interprétation des résultats scientifiques. La modulation des contacts entre différents constituants intracellulaires par la surexpression d’une molécule de liaison étant très variable d’une souris à l’autre, un nombre de 18 souris par groupe est nécessaire. Néanmoins, un premier protocole avec n=12 souris/groupe sera d’abord réalisé, et complété avec n=6 souris/groupe si nécessaire.
3. Raffinement
Les souris sont surveillées individuellement 3 fois/semaine et nous utilisons des points limites adaptés. Les injections d’adénovirus seront réalisées sous anesthésie gazeuse. Les gavages seront réalisés par une personne expérimentée à l’aide d’une sonde de gavage adaptée à la taille des souris. Le gavage pour un des métabolites d’intérêt est nécessaire, car il s’agit ici d’un protocole demandé dans le cadre de la révision d’un article et il est préférable de procéder de manière identique afin de ne pas induire de biais expérimentaux. Par contre, dans un souci de raffinement, un autre métabolite a été testé incorporé dans la nourriture, et il a bien induit un foie gras sur 4 semaines de traitements. Par conséquent, les autres métabolites seront incorporés dans la diète des souris. Pour les prélèvements terminaux de sang qui nécessitent une chirurgie, les animaux sont analgésiés 30 minutes avant d’être anesthésiées.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La physiologie des souris est « proche » de l’homme pour la régulation du métabolisme lipidique. Les souris seront âgées de 5 semaines, elles ont un poids compatible pour la contention, les injections, les gavages et prélèvements sanguins.