
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 15/04/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-428230)
96 souris vont être utilisées dans des procédures d’un niveau de souffrance modéré, toutes tuées pour exploration anatomique et histologique. Chacune reçoit quinze gavages quotidiens de tamoxifène ou d’huile de maïs à partir de la sixième semaine de vie, puis cinq injections intrapéritonéales étalées sur deux mois. Elles portent une mutation qui provoque des lésions vasculaires vers quatre à six mois et des saignements vers douze, le porteur prévoyant de les tuer avant huit mois pour rester en deçà du phénotype dommageable. Il qualifie pourtant ce protocole de « peu invasif » et écrit que le gavage « ne devrait pas induire de douleur », tout en reconnaissant un risque de fausse route.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
1)Meilleur compréhension de la fonction d’un gène et de de l’arrêt de la croissance cellulaire irreversible dans les cellules graisseuses dans un contexte de la maladie des syndromes d’hypercroissance dysharmonieuse. 2)Tester l’efficacité d’une thérapie génique en surexprimant une molécule d’interrêt.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Trouver une nouvelle cible thérapeutique dans ce syndrome.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Un gavage au tamoxifene ou à l’huile de maïs sera réalisé à 6 semaines de vie. Des injections intra-péritonéales seront effectuées par un technicien expérimenté. Les injections débuteront à la semaine 6 de vie toutes les 2 semaines pendant 2 mois. Les animaux seront injectés soit par le véhicule (AAV9-GFP) soit par AAV9-G3PP. Un gavage oral sur souris vigiles sera réalisé à 6 semaines de vie et répété quotidiennement pendant 2 semaines soit au total 15 gavage par souris (1 minute par gavage). Des injections intrapéritonéales sur souris vigiles seront effectuées à la semaine 6 de vie toutes les 2 semaines pendant 2 mois soit 5 injections/souris d’une durée de 30 secondes par souris/injection
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Une injection intra-péritonéale peut engendrer des irritations. Elles nécessitent une contention et induisent une douleur légère de courte durée peu invasives. Le gavage quotidien peut engendrer des risques de fausse route. Le geste ne devrait pas induire de douleur car le geste est parfaitement maîtrisé et les sondes de gavage utilisées sont flexibles et adaptées à la morphologie de l’animal. Les souris développent des lésions vasculaires non dommageables à 4-6 mois puis un phénotype métabolique à 12 mois avec l’apparition de saignements, cependant nous étudierons les souris jusqu’à 8 mois maximum avant l’apparition du phénotype dommageable.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Procédure 1: animaux mis à mort pour exploration anatomique et histologique.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Dans un contexte de recherche physiopathologique sur les syndromes d’hypercroissance, les expérimentations in vivo ne peuvent en aucun cas être remplacées par des expériences in vitro, où les cellules sont sorties de leur environnement. Les analyses in vitro ou in silico ne sont pas utilisables dans ce contexte car trop de paramètres physiopathologiques entrent en jeu. Les résultats obtenus in vitro nous ont permis d’identifier un gène d’interrêt que nous allons tester in vivo.
2. Réduction
La taille des groupes utilisés (n=16), minimum nécessaire et suffisante pour l’obtention de résultats significatifs, en utilisant des tests statistiques adaptés, qui satisfait à l’objectif de réduction du nombre d’animaux exposés dans ce projet.
3. Raffinement
Ce protocole est peu invasif puisque les injections intra-péritonéales seront réalisées sur des souris mises dans des conditons de calme, par un technicien expérimenté. Les injections débuteront à la semaine 6 de vie pendant 2 mois. Les animaux seront injectés soit par le véhicule soit par un outil moléculaire. Aucun prélevement ne sera effectué chez les souris. A priori la surexpression de notre molécule devrait améliorer le phénotype des souris qui seront surveillées quotidiennement.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est préférée comme espèce car elle présente l’avantage de faciliter d’élevage et de reproduction. Ces souris sont particulièrement intéressantes pour la compréhension des mécanismes physiopathologiques. De nombreux outils d’analyses ont été développés et bien caractérisés dans cette espèce animale (notamment les anticorps pour la mise en évidence de protéines d’interrêt). La souris est le seul animal pour lequel la protéine d’interrêt a été mutée. Les jeunes souris de 6 semaines sont utilisées car il est nécessaire que l’organogénèse soit terminée.