Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

240 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Chacune reçoit cinq injections intramusculaires ou sous-cutanées et subit huit prélèvements sanguins sous anesthésie gazeuse, avec un risque de plaie ou d’infection aux points de piqûre que le porteur mentionne. L’objet immédiat reste de vérifier que les souris fabriquent des anticorps contre des protéines repérées par criblage cellulaire, et que l’immunisation tient sur une année d’observation, l’effet anticancéreux n’étant abordé qu’ensuite. Le porteur écrit qu’il « apparaît nécessaire » de tester le rôle de ces protéines dans un modèle animal complexe, et renvoie la validation de leur intérêt thérapeutique à « d’autres projets déposés ultérieurement », donc à d’autres animaux.

NTS-FR-163982v1
Types de recherche
· Oncologie · Recherche fondamentale ·
Mots-clés
Vaccination, Carcinogenèse, Protéines membranaires
Souris : 240

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le vieillissement cellulaire est caractérisé par un arrêt de la prolifération cellulaire, qu’elle soit physiologique (vieillissement naturel) ou accéléré (stress oncogénique notamment). Considérée dans un premier temps comme bénéfique en permettant l’élimination de cellules anormales (cellules « âgées » ou présentant des mutations) ce vieillissement cellulaire est présenté actuellement comme pouvant avoir également une facette délétère. En effet une trop grande quantité de cellules vieillissantes peut induire la production de facteurs sécrétés qui vont jouer un rôle favorable dans le processus de carcinogenèse, aussi bien dans l’initiation que dans la propagation du Cancer. En combinant un criblage cellulaire et l’analyse de bases de données publiques des protéines membranaires impliquées dans le processus pro-tumoral ont pu être mise en évidence, afin de pouvoir développer de nouvelles approches thérapeutiques, soit prophylactique soit curative. Dans un premier temps chaque candidat identifié subira une étape de validation avec une approche in vitro. Ensuite il faut induire dans un modèle animal la production d’anticorps dirigés contre less candidats cibles. Pour chaque candidat cible 3 voies d’immunisation seront utilisées : une approche novatrice avec l’utilisation d’ARNm, une approche plus classique dite approche peptidique et une troisième approche combinant les deux. La production d’anticorps dirigés contre les protéines d’intérêt sera vérifiée ainsi que la durabilité de l’immunisation en observant sur une année les souris immunisées. Enfin si ce projet montre la capacité à « vacciner » sans effet secondaire les animaux contre ces protéines membranaires alors l’impact de cette vaccination comme thérapie anticancéreuse sera testé, soit dans une approche prophylaxique soit dans une approche curative.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet est un projet qui vise à démontrer la capacité à induire la production d’anticorps dirigés contre des protéines potentiellement impliquées dans le Cancer. Le but étant ensuite, au travers d’autres projets déposés ultérieurement, de valider l’impact de l’inhibition de ces protéines comme potentiel outil thérapeutique. La vaccination étant une voie novatrice explorée actuellement pour lutter de façon prophylaxique ou curative contre des maladies comme le Cancer.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Lors de toutes les interventions décrites ci-après les animaux seront anesthésiés (anesthésie gazeuse) et un anesthésique local sera également appliqué (pommade, collyre). Les animaux seront soumis à des prélèvements sanguins, 8 au total. Chaque prélèvement sanguin durera entre 3 et 5 minutes (de l’endormissement au réveil de l’animal). Pour immuniser les animaux ils recevront 5 injections qui pourront être intra-musculaires (ARNm), sous-cutanées (peptides), ou bien 2 intra-musculaires et 3 sous-cutanées. Chaque injection durera 5 à 6 minutes (endormissement, rasage, antalgique, injection, réveil).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les animaux pourront ressentir un stress modéré lors de la manipulation (pesée hebdomadaire, observation) et lors de l’initiation de l’anesthésie gazeuse. Les animaux pourront ressentir de la douleur lors de chaque prélèvement sanguin ainsi que lors de chaque injection, qu’elle soit réalisée en intra-musculaire ou en sous-cutanée. Risque de plaie ou d’infection au point d’injection ou au point de prélèvement.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

A l’issu de la procédure les animaux seront mis à mort. Du sang sera prélevé ainsi que les organes lymphoïdes (impliqués dans la réaction immunitaire) et un maximum d’organes afin d’étudier les modifications éventuelles liées à l’immunisation.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Des études montrent que les acteurs du vieillissement peuvent être impliqués dans le Cancer. Des analyses haut débits ont permis d’identifier certains de ces acteurs. Après avoir validé ces acteurs par des expériences in vitro, il appraît nécessaire de tester le rôle réel de ces acteurs dans un modèle animal complexe. Pour cela des animaux seront alors immunisés contre ces acteurs du vieillissement. Une fois que la production d’anticorps contre ces cibles aura été validé alors l’effet de cette « vaccination » pourra être testée dans des modèles de cancer.

2. Réduction

3R / Réduction :

Ce protocole cherchera à réduire au minimum le nombre d’animaux utilisés. La capacité à immuniser des souris contre des protéines d’intérêt, qui sont produire à un faible niveau dans les conditions physiologiques, sera testée, après que les candidats cibles aient subi un maximum de test in vitro. Il n’y aura pas de tests statistiques dans ce protocole, le but étant pour chaque cible de voir quelle voie d’injection permet la production maximale d’anticorps, s’il y a bien production d’anticorps. Les deux sexes seront utilisés car, même si aucun effet sexe, nous ne pouvons l’exclure de façon définitive pour chaque cible. Enfin la collaboration pour ce projet avec une équipe qui a une très forte expertise concernant l’immunisation des souris permettra d’utiliser directement les concentrations optimales, ce qui permettra également de réduire le nombre d’animaux utilisés.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Dès leur arrivée dans l’animalerie les animaux bénéficieront d’une période d’acclimatation et d’habituation aux expérimentateurs. Les animaux seront pesés une fois par semaine, et observés à la fois par le personnel animalier (une fois par semaine lors du change) et les expérimentateurs (une à deux fois par semaine, hors geste expérimental) dans le cadre du suivi de l’état général des souris. Une liste précise permettant de scorer les signes éventuels de souffrance sera alors utilisée afin d’évaluer si les animaux présentent des signes de souffrance ou d’atteinte d’un point limite qui entrainerait leur mise à mort. Afin de diminuer au maximum le stress et la douleur des animaux ils seront anesthésiés et recevront l’analgésie appropriée lors des injections et des prélèvements sanguins. Les animaux seront hébergés dans des cages présentant des enrichissements comme du coton de nidation, des batonnets de bois et éventuellement des tunnels.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le modèle murin est un modèle de choix pour les études sur l’animal (1) de par son homologie avec le génome humain (plus de 90% d’homologie) et également (2) de par les différents modèles génétiques qui ont été développés chez la souris. Une fois que la production d’anticorps contre les cibles aura été validé, il sera nécessaire d’aller plus loin en testant l’impact de cette vaccination dans des modèles de cancer chez la souris (modèles génétiques de susceptibilité au Cancer). Les animaux seront utilisés à un stade jeune adulte car ce projet nécessite des animaux dont le système immunitaire est mature.