Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Une greffe de glioblastome humain dans le cerveau, au moins dix séances d’imagerie sous anesthésie, dix séances de radiothérapie, douze administrations du composé testé et un test d’éviction d’obstacle trois fois par semaine : 164 souris immunodéprimées vont subir ce protocole, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. La tumeur cérébrale implantée provoque des effets délétères que le porteur qualifie lui-même de non réversibles, et la répétition des anesthésies peut entraîner une accoutumance obligeant à augmenter les doses administrées. L’objet du projet est de vérifier si l’augmentation d’une protéine, combinée à son activation par une molécule, ralentit la croissance tumorale et améliore la réponse aux traitements standards, les retombées annoncées pour les patientes et les patients restant renvoyées au conditionnel. 116 souris sont tuées dès l’atteinte d’un point limite, et 48 autres, dites « satellites », plus tôt encore, à la fin du schéma de traitement, pour analyser leurs tissus.

NTS-FR-108873v1
Types de recherche
· Cancers · Recherche appliquée ·
Mots-clés
Tumeur cérébrale, impact hormonal, imagerie
Souris : 164

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Ce projet vise à comprendre comment l’augmentation de la quantité d’une protéine affecte la croissance des tumeurs cérébrales chez les souris, et favorise leur réaction aux traitements anticancéreux habituels. L’objectif final est d’appliquer cette méthode aux patients. Des études précédentes sur des données de patients ont montré que plus cette protéine est présente, meilleure est la survie des patients, surtout chez les femmes. En laboratoire, nous avons aussi observé que lorsqu’on augmente la quantité de cette protéine, le nombre de cellules tumorales diminue de moitié. De plus, nous avons constaté qu’un activateur de cette protéine a un effet antitumoral sur des tumeurs greffées sous la peau de souris, qu’elles soient mâles ou femelles. Notre objectif est maintenant d’étudier comment une augmentation de la quantité de cette protéine combinée à son activation par une molécule spécifique affecte la croissance tumorale et la réponse aux traitements anticancéreux standards dans un modèle de tumeur intracérébrale chez la souris (qui se rapproche de la réalité chez l’humain). Ce projet se déroule dans 2 Etablissements Utilisateurs différents.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les résultats attendus de ce projet constitueront une base pour comprendre le rôle de la protéine étudiée dans l’augmentation de la survie des patients et éventuellement proposer l’utilisation de l’activateur de cette protéine pour le traitement des glioblastomes chez les patients dont la tumeur présente une forte quantité de cette protéine. Cette étape est indispensable pour soutenir le transfert clinique de nos travaux en lien avec une thèse de doctorat et les financements de la Ligue contre le cancer et du CNRS. En effet, ce projet innovant (très peu décrit dans la littérature) permettrait à terme de mieux comprendre les processus responsables des différences d’apparition des glioblastomes et de réponse au traitement entre les hommes et les femmes. En cas de résultats probants, cela permettrait d’apporter de nouvelles voies thérapeutiques pour la recherche clinique, notamment en employant des inducteurs (qui augmentent la quantité) et des activateurs (qui augmentent la fonctionnalité) de cette protéine dans le cas du traitement de tumeurs chimiorésistantes marquées par un échec thérapeutique (chimio-sensibilisation).

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

– greffe intracérébrale (1 seule itération à J0) : durée=45 min (EU1) – Imagerie bioluminescence (au minimum 10 injections) : durée 15 min (EU2) – Traitement par radiothérapie (10 itérations) : durée 10 min pour chaque session (EU2) – Traitement par le composé d’intérêt (12 itérations) combiné ou nonà la chimiothérapie (10 itérations) : durée 1 min par traitement (EU1). – Test d’éviction d’obstacle (3 fois par semaine ) : durée 5 min (EU1)

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

La première nuisance attendue sur les animaux est liée à l’implantation même du glioblastome (apparition d’une tumeur cérébrale avec des effets délétères attendus non réversibles). Puis, le schéma de traitement par radiothérapie (itérations répétées) et l’imagerie par bioluminescence (2 ou 3 fois par semaine selon le timing dans le projet) nécessitent un transport et une anesthésie répétés des animaux. Lorsque les sessions de bioluminescence sont le même jour que la radiothérapie, une seule anesthésie sera réalisée, l’irradiation et l’imagerie se faisant sur le même site où est hébergé l’irradiateur. Une accoutumance liée à la répétition des anesthésies chimiques peut être observée, nécessitant une augmentation des volumes administrés : ce phénomène est maitrisé par le laboratoire. Une attention toute particulière sera portée aux animaux notamment en optimisant au maximum les conditions de transport des animaux. Les administrations quotidiennes de l’activateur de la protéine conduisent à un dérangement journalier des animaux, le cycle jour/nuit de l’animalerie étant inversé, la gêne occasionnée sera faible, les animaux étant ainsi manipulés durant leur phase d’activité. Le site d’injection dans le péritoine sera alterné chaque jour (gauche-droite) pour éviter les réactions liées à l’injection et des aiguilles très fines seront utilisées pour l’injection.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Toutes les souris seront mises à mort à l’issue des procédures. Ainsi 164 souris au maximum seront mises à mort dès lors de l’atteinte d’un point limite (étude efficacité/survie : 58 souris femelles et 58 souris mâles) ou plus précocement à l’issue du schéma de traitement de chaque groupe (48 souris « satellites » : 24 souris femelles et 24 souris mâles ). La mise à mort des souris « satellites » à la fin du schéma de traitement est justifiée de part la nécessité de réaliser une analyse des tissuss pour pouvoir caractériser l’impact de chaque modalité de traitement.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Le remplacement des expérimentations animales par des méthodes alternatives n’est dans ce contexte clairement pas possible puisque le développement et la réponse à un traitement de tumeurs cérébrales dépend de phénomènes biologiques complexes. De plus, la mise en place d’une tumeur est un phénomène multifactoriel impliquant différents types cellulaires. En outre, la réponse d’une tumeur traitée par un médicament dépend de la quantité de médicament qui parvient à la tumeur. De plus, notre projet est directement associé à l’impact du statut hormonal engendré par le sexe des animaux. L’ensemble de ces facteurs complexes ne peut être appréhendé qu’in vivo sur un modèle animal. Il est donc primordial de conforter ces résultats sur un modèle « in vivo » de façon à se rapprocher le plus possible de la réalité clinique.

2. Réduction

3R / Réduction :

Chacune des 3 étapes sera d’abord réalisée chez des animaux femelles puisque la surexpression de la protéine d’intérêt est de bon pronostic essentiellement chez les femmes, puis éventuellement testée chez des animaux mâles pour évaluer la pertinence de cette modulation hormonale pour les hommes. Dans le cadre de ce projet, les expérimentations seront menées étape par étape, tout d’abord en réalisant l’étude sur les animaux « femelles » associés à l’étape 1 qui concerne la comparaison in vivo de la croissance tumorale de cellules avec une forte quantité de protéine par rapport à des cellules tumorales ayant une quantité modéré de la protéine étudiée. Nous implanterons d’abord la concentration habituelle de cellules : si cette dernière offre un bon taux de prise tumorale et une croissance tumorale acceptable cette concentration sera validée et les animaux du groupe suivant ne seront pas utilisés. A l’inverse, si cette concentration s’avère insuffisante, les souris du groupe 3 seront greffées avec une concentration double. La concentration « optimale » retenue sera celle utilisée dans le reste de l’étude. Notre démarche consistera à réaliser successivement plusieurs séries d’animaux. Concernant le nombre de souris satellites, il s’agira de comparer, indépendamment chez les mâles ou les femelles, l’effet des traitements par rapport au groupe contrôle par l’analyse de marqueurs dans les tissus prélevés : ces analyses sont fiables et ne nécessitent qu’un effectif réduit pour révéler un effet, s’il existe. Ainsi on estime -à priori- que même si l’effet des traitements est faible, un effectif de 6 souris / groupe sera suffisant pour assurer une puissance statistique suffisante (simulation par logiciel de calcul de puissance). Concernant le nombre de souris en suivi de croissance tumorale, la comparaison se fera aussi indépendamment chez les mâles et les femelles. Ainsi, sur la base de nos précédentes études, on estime que l’effet des traitements aura un effet faible sur la croissance tumorale. Au minimum 6 mesures d’imagerie seront réalisées en suivi de traitement. Le nombre minimum d’animaux nécessaires par groupe est ainsi trouvé 10 animaux par groupe pour assurer une puissance statistique suffisante.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Une attention toute particulière sera portée aux animaux, d’une part lors de l’implantation de la tumeur (réalisée sous anesthésie chimique, désinfection plaie, chirurgie aseptique, suivi post opératoire rigoureux) puis à la suite de la greffe (pesée 3 fois/semaine, observation quotidienne du comportement, vérification de l’alimentation et de l’hydratation, suivi de la croissance tumorale). Une vigilance accrue sera également menée lors de l’administration des traitements (pesée quotidienne, vérification du comportement et de l’état sanitaire individuel des animaux, conditions de transport de façon à éviter au maximum stress des animaux). Un suivi quotidien garantissant le bien-être optimal des animaux sera mené (température d’hébergement optimale, eau de boisson et nourriture ad libitum, enrichissement sous forme de sopalin et de bâtonnets en bois à ronger). Quel que soit le groupe, nous réaliserons la mise à mort dès que les points limites définis apparaitront (perte de poids et problème de motricité essentiellement).

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Dans les études menées pour comprendre le développement des cancers, les modèles animaux utilisés sont majoritairement les modèles murins (souris et rats). Les souris constituent l’espèce de référence compte tenu de leur accessibilité et de leur facilité de manipulation. Les souris immunodéprimées sont classiquement utilisées dans le cas de greffes de cellules tumorales humaines, car du fait de leur immunodéficience, il n’y a pas de réaction de rejet du greffon tumoral implanté. Les souris mâles ou femelles seront âgées de 7 semaines au moment des greffes (20 à 26g), les animaux jeunes étant plus adaptés au développement de tumeurs cérébrales. L’intérêt lié au choix de cette tranche d’âge est également lié au fait que les animaux ont atteint leur maturité sexuelle et que leur système hormonal est fonctionnel.