
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 28/05/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-255061)
La mise à mort est déclenchée dès qu’une souris perd 20 % de son poids, convulse, se paralyse, se prostre ou n’arrive plus à se déplacer. 68 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Chacune reçoit une greffe intracérébrale de cellules de glioblastome au cours d’une intervention chirurgicale d’environ trente minutes, et la tumeur provoque ensuite une perte d’appétit, une malnutrition puis une perte de poids, le porteur ne qualifiant de « douleur légère de courte durée » que les injections. Il vise à comprendre le rôle d’une molécule, A2B5, dans la réponse immunitaire, ce qui « permettrait » selon lui de nouvelles thérapies contre une tumeur cérébrale aujourd’hui sans traitement curatif.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
A2B5 est une molécule exprimée par les cellules tumorales de glioblastome (tumeur cérébrale). L’objectif est d’analyser le rôle de la molécule A2B5 dans la réponse immunitaire. Pour cela, nous étudierons l’impact de l’expression de A2B5 dans l’activation du système immunitaire et dans le développement de la tumeur.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le glioblastome est une tumeur cérébrale est une pathologie fatale (médiane de survie de 1 an) et pour laquelle il n’existe aucun traitement curatif. Une meilleure compréhension du rôle joué par la molécule A2B5 (exprimé par la tumeur) dans les mécanismes immunitaires permettrait la mise en place de nouvelles thérapies pour les patients atteints de glioblastome.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux recevront une greffe intracérébrale de cellules tumorales de glioblastome (68 animaux, une seule intervention de 30 minutes environ). Les greffes intracérébrales sont des procédures chirurgicales.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
La manipulation, contention des animaux, les injections d’anesthésiques pour la réalisation de la craniotomie sont générateurs de stress pour les animaux. Par ailleurs les injections entrainent également une douleur légère de courte durée. La progression tumorale induite par la maladie (glioblastome) provoque à terme une perte d’appétit, donc une malnutrition et finalement une perte de poids.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
L’ensemble des souris impliquées dans ce projet feront l’objet d’une analyse du système immunitaire et de l’évolution tumorale, ce qui nécessitera leur mise à mort.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les nombreux partenaires (cellulaires et moléculaires) des processus dynamiques immunitaires et tumoraux nécessitent une approche expérimentale in vivo car il n’existe pas à ce jour de système suffisamment fiable pour mimer cette complexité biologique.
2. Réduction
Le nombre d’animaux prévu dans chaque groupe est basé sur un calcul d’effectif permettant de prédire que nous avons 80% de chance d’obtenir un résultat statistiquement significatif.
3. Raffinement
La détection de toute souffrance de l’animal sera assurée et le niveau de souffrance évalué en fonction d’une grille de score. Les animaux seront euthanasiés dès l’apparition d’un signe de détresse (perte de poids supérieure ou égale à 20% du poids initial, convulsions, paralysie, prostration, difficulté à se déplacer). Pour le bien-être de l’animal, les souris seront logées selon les normes requises avec un enrichissement (copeaux de bois, dômes) et en groupes de 5 individus par cage afin d’éviter le stress de l’isolement.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les données bibliographiques démontrent que le modèle murin est le plus adapté pour aborder les questions relatives aux tumeurs cérébrales et à l’immunité tumorale. Les tumeurs de glioblastome générées dans ce modèle animal précis sont particulièrement similaires aux tumeurs humaines. Les souris seront réceptionnées à l’animalerie à l’âge de 6 semaines et utilisées à l’âge de 7 semaines, en accord avec les protocoles décrits pour ce modèle physiopathologique classique.