
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 31/05/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-823023)
Pour mesurer l’effet immunomodulateur d’un nanomédicament associant une chimiothérapie et un anticorps anti-HER2, 260 souris sont utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère, toutes tuées à l’issue. Une tumeur mammaire leur est greffée, qui peut métastaser, grossir et s’ulcérer. Les traitements sont injectés dans le sinus rétro-orbital chaque semaine pendant trois semaines, en changeant d’œil à chaque injection, avec un risque d’anémie, de neutropénie et d’hypersensibilité au point d’injection. La mise à mort intervient au point limite, fixé à 1 500 mm3 de tumeur, à une détresse respiratoire, à une prostration ou à une perte de poids supérieure à 15 %, et le porteur écrit qu’aucun stress ni souffrance particulière n’est attendu au cours des tests.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’immunothérapie est révolutionnaire en oncologie mais ne fonctionne que chez un nombre restreint de patients. Ainsi il est essentiel de l’associer à des thérapies pouvant optimiser le terrain immunogène des patients. Notre objectif est alors double: – définir le caractère immunomodulateur de notre nanomédicament (immunoliposome contenant une chimiothérapie et un Anticorps monoclonal antiHer2) -définir à l’aide de modèles mathématiques, les modalités optimales (posologies et schémas thérapeutiques) d’association de notre nanomédicament avec l’immunothérapie.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet permettrait d’amener des éléments de réponse quant aux modalités d’association des immunothérapies et nanomédicaments et ce afin de limiter les résistances actuelles observées avec les immunothérapies dans le cancer du sein.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Greffe de cellules cancereuses murine sur animal anesthésié (1greffe par animal). Administration des traitements par voie intraveineuse au niveau rétroorbital (angle: 30 degrès avec une seringue de 26G, chez l’animal anesthésié par anesthésie gazeuse, avec des injections hebdomadaires pour les animaux concernés sur trois semaines maximum ,changement d’œil à chaque injection). Prélèvement sanguin, rate et tumeur
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les animaux seront greffés de cancer du sein pouvant métastaser, croitre et ulcérer. Les traitements peuvent également avoir des effet indésrables, notamment les liposomes chargés en docétaxel qui présente des effets indésirables hématologiques (neutropénie/anémie). L’injection de ces solutions lipidiques peut également être source d’hypersensibilité au site d’injection.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux seront mis à mort une fois l’atteinte du point limite ou le prélevement sanguin et d’organes
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
En raison de l’absence de modèle in vitro relevant pour explorer toute la complexité de l’immunité tumorale, cette étude doit se faire sur l’organisme. La souris est alors le modèle rongeur le plus utilisé permettant de faire un suivi de croissance tumorale ainsi que de prélever sang/tumeur/rate.
2. Réduction
Notre projet comprend une étape de modélisation mathématique permettant de réduire le nombre de tests à effectuer pour définir les modalités d’association des immunothérapies à notre nanomédicament.
3. Raffinement
Le bien être animal est respecté: – temps d’acclimatation de 10 jours avant toute procédure – enrichissement des cages (dômes (Plast Hut) et cotons prédécoupés spécifiques/stériles (Cell Nest), – prévention de la douleur, réduction du stress (les manipulations telles que les administrations, prélèvements seront conduites sous anesthésie générale et aucun stress ou souffrance particulière n’est attendue au cours des diverses étapes des tests) – définition des points limites et évaluation quotidienne (volume tumoral au-delà de 1500mm3, difficultés respiratoires importantes, prostration, atonie, défaut d’alimentation avec perte de poids supérieure à 15%, ou toute autre manifestation de comportement anormal)
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les données de la littérature montrent que la souris est un bon modèle expérimental pour des études de pharmacocinétiques et d’immunomonitoring. De plus, toutes nos données d’efficacité et de pharmacocinétique de ce nanomédicament portent déjà sur cette espèce. Par ailleurs, la facilité de manipuler la souris dans un milieu confiné fait de cette espèce animale l’espèce la plus appropriée pour répondre aux questions posées. Des souris adultes (6 semaines d’âge). Par rapport à la pathologie étudiée (cancer du sein) qui touche exclusivement les populations adultes en clinique humaine, l’utilisation de souris adultes est retenue.