
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 18/06/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-500107)
2 000 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Elles sont sensibilisées à un allergène une fois par semaine, parfois sous anesthésie, puis soumises à un test de provocation destiné à déclencher la réaction allergique, avant le prélèvement terminal du cerveau et des reins. L’objet du travail est double : mesurer l’allergénicité d’aliments et de formulations, et tester des molécules censées atténuer la réponse allergique. Le porteur écrit qu’un effectif minimum de dix souris par expérience est requis et conclut qu’il est « difficile de diminuer l’effectif en fonction de la sévérité de la procédure ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
L’allergie alimentaire constitue une préoccupation importante en allergologie du fait de l’augmentation de son incidence au cours des dernières décennies. Les manifestations provoquées par une allergie alimentaire sont nombreuses et surviennent en général quelques secondes à quelques heures après avoir ingéré l’aliment responsable. Elles peuvent provoquer des manifestations modérées et exceptionnellement provoquer des manifestations sévères telles que l’œdème de Quincke ou le choc anaphylactique. La meilleure des solutions pour éviter une allergie alimentaire consiste à supprimer tout contact avec l’allergène. Cette éviction est relativement facile à mettre en œuvre lorsque le produit est peu utilisé dans l’alimentation quotidienne, mais plus difficile quand l’aliment est présent dans de nombreuses préparations, notamment industrielles. A ce jour, aucune thérapie n’a réellement montré son efficacité dans le domaine de l’allergie à l’arachide, contrairement à d’autres types d’allergie, excepté l’administration immédiate d’épinéphrine ou la totale éviction de l’aliment allergisant. Le développement de modèles murins précliniques à des allergènes cliniquement pertinents est donc prometteur pour évaluer non seulement de potentiels traitements pharmacologiques mais également pour tester de nouvelles préparations alimentaires.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Une allergie alimentaire est une réaction d’hypersensibilité immédiate qui se déroule en deux étapes : une phase de sensibilisation (premier contact de l’organisme avec l’allergène) et une phase de déclenchement (deuxième contact avec le même allergène). L’objectif est double: – mimer l’allergie et rechercher à diminuer la réponse allergique à l’aide d’agents pharmacologiques – évaluer l’allergénicité de certains aliments/formulations Après sensibilisation pendant plusieurs semaines, les souris subissent un test de provocation avec l’allergène sensibilisant. Les médiateurs de la réaction allergique précoce et tardive sont alors quantifiés. La majorité des signes cliniques observés chez l’homme sont mis en évidence chez la souris : bronchoconstriction, production locale de cytokines impliquées dans la réaction allergique,…
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Lors de la première phase, les animaux seront sensibilisés (généralement une administration par semaine, sous anesthésie si la voie d’administration le nécessite, durée de l’ordre de 30 secondes à 1 minute sans anesthésie, et de 20 minutes avec anesthésie) puis seront challengés avec l’allergène. Au cours de l’étude, les animaux resteront hébergés en groupe. A différents temps définis par le protocole d’étude, des prélèvements de sang seront réalisés chez l’animal vigile. Pour les besoins des études, les animaux sont euthanasiés pour le prélèvement des organes cibles d’intérêt (cerveau, rein, …).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Lors de l’évaluation de l’allergénicité de certains aliments, il est attendu de voir la potentielle apparition de signes cliniques plus ou moins marqués. L’anticipation de ces effets sert à écarter des aliments pouvant provoquer de sévères réactions. Quand on cherche à moduler la réponse allergique à l’aide d’agents pharmacologiques, il est possible d’établir la balance « bénéfice/risque » pour permettre un bon emploi des médicaments de demain. Les expérimentations animales occupent aujourd’hui une place centrale dans les démonstrations. Ces études ont pour objectif de renseigner les effets secondaires ou l’efficacité des substances testées, les doses ayant induit ces effets et la vraisemblance biologique d’un effet suspecté chez l’homme. Selon la durée et la fréquence de ces événements, ces procédures engendrent une souffrance plus ou moins intense et sont donc classées de légère à sévère. Un effectif minimum de 10 souris est inclus dans les expériences pour mettre en évidence un effet suffisamment robuste. Il est donc difficile de diminuer l’effectif en fonction de la sévérité de la procédure.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Pour les 2 procédures décrites dans ce projet, tous les animaux sont soumis à un prélèvement terminal et sont donc euthanasiés.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les tests/modèles que nous souhaitons développer et valider dans ce projet ne peuvent pas être remplacés par des méthodes alternatives car ils impliquent l’observation des effets de substances pharmacologiques sur la réaction allergique.
2. Réduction
Dans le contexte de l’évaluation de composés potentiellement allergisants, la stratégie expérimentale consiste à comparer, les groupes recevant l’allergène à un groupe contrôle non-sensibilisé, l’objectif étant de réduire la réaction allergique induite par l’allergisant. Le nombre d’animaux utilisés pour chaque étude sera optimisé de façon à intégrer dans une même expérience la relation dose-effet ou plusieurs agents en comparaison par rapport à un groupe contrôle non sensibilisé. Cherchant à réverser/diminuer la réaction allergique, nous pouvons observer une variabilité inter-individuelle de réponse pouvant être liée à l’agent allergisant utilisé et à la substance d’essai évaluée. Compte-tenu de la variabilité de réponse connue d’un individu à une autre, 10 souris minimum sont nécessaires pour disposer de la puissance statistique suffisante et nécessaire pour comparer les différents groupes expérimentaux.
3. Raffinement
Dans le cadre du projet, les mesures de raffinement qui s’intègrent dans la règle des 3Rs vont consister en un suivi des points limites permettant d’euthanasier précocement tout animal présentant des signes de douleur, de souffrance ou d’angoisse (incluant une surveillance de l’aspect général, un suivi de poids). Il est également mis en place un enrichissement complet dans leur hébergement, sous la forme de litière, objet de nidification, objet à ronger ou à mastiquer, présence de congénères. Prises dans leur ensemble, ces mesures tendent à limiter la variabilité des données. De plus, les animaux sont manipulés fréquemment par des techniciens formés et attentifs et suivis par le vétérinaire.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
L’impact de substances pharmacologiques sur la réponse allergique des rongeurs est prédictif de leur efficacité en clinique. Principalement rongeurs sevrés, âge variant entre 3 semaines et 2 ans, conformément aux données historiques, à la bibliographie scientifique. L’efficacité de nouvelle immunothérapie peut également être évaluée chez des souris transgéniques HLA-A2/DR1 qui récapitulent les réponses immunitaires humaines.