
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-06-24 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-704843)
Isolées seize jours en cage individuelle, 60 rattes gestantes reçoivent chaque jour une injection du principe actif du cannabis sous la peau. Avec leur descendance, 452 rats sont utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger pour 168 d’entre eux et modéré pour 284. À partir du sevrage, 224 petits enchaînent trente-cinq séances quotidiennes d’une heure, réparties entre tests de mémoire de travail, de flexibilité, d’impulsivité et de compulsivité, avec un stimulus électrique aux pattes que le porteur dit évitable à tout moment et deux contentions d’une heure. Tous les rats seront tués pour analyse de leur cerveau, le bénéfice annoncé se limitant à informer la population des risques psychiatriques liés à une consommation de cannabis pendant la grossesse.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le cannabis est la drogue illégale la plus souvent consommée durant la grossesse. Dans l’ensemble, la littérature scientifique est faible sur l’usage de cannabis durant la grossesse. Ce projet a pour but d’étudier les conséquences comportementales et neurobiologiques de l’exposition prénatale au principe actif du cannabis, chez le rat dont l’utilisation a considérablement augmenté dans le monde entier. Cette étude repose sur 2 objectifs principaux : 1) Étudier les conséquences sur la mémoire, la flexibilité (capacité de changer de comportement), l’impulsivité (capacité à attendre pour obtenir une grande récompense) et la compulsivité (incapacité d’éviter de réaliser une action) qui sont des composantes de l’addiction 2) Étudier les conséquences sur le système de communication neuronale médié par la dopamine (messager impliqué dans la mémoire, la fléxibilité, l’impulsivité et la compulsion).
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet apportera de nouvelles connaissances sur les effets de l’exposition prénatale au principe actif du cannabis sur la descendance. Notamment, nous allons étudier si cette exposition prénatale produit des déficits cognitifs à l’adolescence. De plus, nous allons étudier si l’exposition in utero au cannabis produit des altérations au niveau du cerveau et notamment du système de la dopamine chez l’adolescent. Ces informations seront importantes pour informer la population des éventuels risques de développement de maladies psychiatriques à l’adolescence associés à l’utilisation du cannabis pendant la grossesse.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Cruelty Free International a établi en 2018 que les résumés allemands et britanniques, les seuls examinés à ce jour, décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
60 rattes vigiles seront hébergées individuellement pendant 16 jours et vont recevoir 16 injections : 1 injection par jour en sous-cutanée pendant la gestation. Pour 224 rats descendants des mères, 1 test comportemental par animal au cours duquel le rat reçoit une récompense sucrée, d’une durée de 1h sera réalisé pendant 5 semaines, à raison d’un test par jour, 7 jours par semaine (35 sessions) avec 2 séances uniques de contention d’1heure en amont des tests comportementaux en début et en fin de projet. 4 tests comportementaux différents sont étudiés (sur 56 rats par test) : 1) le test de mémoire de travail pour évaluer la capacité de garder une information en mémoire pour pouvoir l’utiliser dans le futur. 2) le test de flexibilité comportementale pour étudier la capacité de changer le comportement en fonction des conditions environnementales. 3) le test d’impulsivité pour analyser l’incapacité d’attendre pour obtenir une grande récompense mais, au contraire, préférer des récompenses plus petites mais immédiates. 4) le test de compulsivité pour évaluer l’incapacité d’éviter d’exécuter une action. Pour 168 rats descendants des mères, un suivi de la population sur 22, 41 et 60 jours postnatal sans acte invasif sera réalisé.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Cruelty Free Europe a mesuré en 2024 que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces deux pays sont les seuls dont les résumés ont été examinés. Les résumés français relèvent du même modèle européen, et leur qualité n'a jamais été mesurée.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
-Isolement des mères : léger stress minimisé par l’apport d’enrichissement -Traitement prénatal : léger stress des mères lors de la manipulation et légère douleur transitoire due à l’introduction de l’aiguille pour les injections sous-cutanées ainsi qu’un léger risque d’agressivité chez les mères traitées mais pas chez les descendants (relevé dans la littérature). -Stimulus électrique : douleur très légère et transitoire au niveau des pattes pouvant être évitée à tous moments. -Stress par contention : léger stress transitoire qui peut entrainer une augmentation du rythme respiratoire, attendue dans les premières minutes du test.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tous les animaux seront mis à mort pour des prélèvements et analyse des cerveaux.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce type de recherche, visant à comprendre les effets comportementaux sur la descendance des drogues d’abus prises par les mères, peut-être uniquement menée sur un animal vivant et non sur un modèle in vitro ou in silico. En effet, l’étude du comportement nécessite la présence de réseaux neuronaux intacts et fonctionnels qui sont uniquement accessibles dans des modèles d’animaux intègres et donc vivants. Il n’est donc pas envisageable d’utiliser des méthodes de substitution à l’animal entier.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Nous minimiserons le nombre d’animaux utilisés par des méthodes expérimentales validées et reproductibles et en ayant recours à des analyses statistiques. Le nombre d’animaux requis par groupe expérimental a été calculé par un test de puissance. Ainsi, nous avons trouvé que 14 animaux par lot seront nécessaires à notre étude. De plus nous mettrons en place une stratégie d’accouplement restreinte au juste nécessaire en réalisant les accouplements par étapes successives jusqu’à obtention du nombre d’animaux nécessaires à nos études.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le bien-être des animaux est pris en compte à chaque étape par une surveillance régulière des animaux selon une grille de suivi de bien-être animal qui aide dans le suivi des points limites stricts et précis et des critères d’intervention et d’arrêt suffisamment précoces. Un animal atteignant un des points limites définis nécessitant une intervention est pris en charge sans délai. Le bien-être des animaux est pris en compte à chaque étape, avec une pesée 2 fois par semaine. Dès leur arrivée à l’animalerie, les parents seront hébergés à deux par cage en conditions normales (température et humidité contrôlées, cages ventilées) avec un enrichissement dans la cage fourni par l’animalerie (stick ou pièce de bois à ronger pour assouvir leur besoin naturel de ronger) et accès à l’eau et à la nourriture à volonté. Les procédures d’accouplement débuteront après une période d’acclimatation de 10 jours minimum. Les mères seront hébergées de facon individuelle lors du traitement avec un enrichissement fourni par l’animalerie. Après leur naissance, les petits resteront avec leur mère jusqu’au sevrage (J21), hébergés en conditions normales avec un enrichissement dans la cage fournie par l’animalerie (matériel de nidification et des tunnels pour leur permettre de se cacher) avec accès à l’eau et à la nourriture à volonté. Les rats seront observés jusqu’au sevrage, puis seront hébergés par groupe de même sexe de 2 à 3 animaux issus de la même portée pour le reste du projet.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le rat est l’animal le plus utilisé pour l’étude du comportement dans les modèles animaux. En effet, les rats ont des réponses cognitives qui sont similaires à celles de l’Homme, ce qui n’est pas aussi évident avec d’autres espèces. Nous utiliserons des rats de la lignée « Sprague-Dawley ». Il s’agit de rats « outbred », c’est à dire avec un niveau de consanguinité limité ce qui permet une variabilité génétique majeure entre les individus pour un meilleur reflet de ce que l’on trouve chez l’Homme. Dans cette étude, nous utiliserons des rats « jeunes adultes » de 8 semaines au début du projet pour réaliser les accouplements à 10 semaines. La descendance sera incluse dans le projet dès la naissance et jusqu’à leurs 60 jours, ce qui correspond à l’âge de la puberté.