
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 09/07/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-174788)
Jusqu’à vingt-quatre prises de sang à la joue, cinquante-six injections dans l’abdomen et cinquante-six gavages pour un seul animal : 12 606 souris immunodéficientes vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, 11 460 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré et 1 146 un niveau léger. Chacune reçoit des cellules leucémiques prélevées sur des patients, développe la maladie et fait l’objet d’un suivi sanguin jusqu’à l’atteinte d’un point limite. Le porteur écrit que ces travaux pourraient à terme contribuer à réduire la dépendance aux modèles animaux, en identifiant des marqueurs évaluables directement chez les patients. L’effectif de 12 606 animaux, lui, n’est rapporté qu’à un calcul de puissance statistique dont aucun paramètre n’est donné.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les leucémies aiguës sont des cancers rares au pronostic sombre. Elles se caractérisent par leur hétérogénéité et leur agressivité. Un défi majeur est la fréquente résistance aux chimiothérapies et les rechutes, qui contribuent au mauvais pronostic. Ce projet vise à tester des approches thérapeutiques prometteuses à l’aide d’un modèle de souris spécialement développé. En injectant des cellules leucémiques de patients dans ce modèle de souris, la maladie peut être reproduite expérimentalement pour évaluer l’efficacité de nouvelles molécules anti-cancéreuses. Ces expérimentations sont essentielles avant l’évaluation clinique de ces traitements chez les patients atteints de leucémie aiguë.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet a pour objectif de confirmer l’efficacité de nouvelles molécules anti-cancéreuses pour le traitement des leucémies aiguës et d’élucider les mécanismes de résistance thérapeutique associés. En se concentrant sur cette forme rare mais agressive de cancer du sang, l’initiative vise à améliorer concrètement le pronostic des patients. De plus, le projet pourrait permettre d’identifier des biomarqueurs sur les cellules leucémiques des patients, en lien avec l’efficacité des molécules anti-cancéreuses testées. À terme, ces travaux pourraient contribuer à réduire la dépendance aux modèles animaux, en établissant des marqueurs d’efficacité évaluables directement chez les patients.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Au cours de ce projet, une souris type sera soumise aux interventions suivantes : -Injection de cellules leucémiques sur souris vigile, sous anesthésie locale (durée : 30sec) : 1 injection unique/souris. -Prise de sang au niveau de la joue sur souris vigile : 2 fois par mois, puis 1 fois par semaine (durée : 30sec) jusqu’à l’atteinte d’un point limite (maximum : 24/souris). -Injection d’un traitement par voie intraveineuse sur souris vigile, sous anesthésie locale (durée : 30sec, maximum : 12/souris), -Injection d’un traitement par voie intraveineuse sur souris endormie (durée : 2 min, maximum : 12/souris). -Injection d’un traitement par voie intra péritonéale (durée : 30sec, maximum 56/souris). -Administration d’un traitement par voie orale (gavage, durée : 30sec, maximum : 56/souris).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les éventuels nuisances ou effets indésirables attendus sont associés au développement de la leucémie chez les animaux (éventuelles douleurs, perte de poids, changement de comportement), au monitorage biologique (stress momentané lors de la contention, douleur aiguë lors de la prise de sang), et à l’application des traitements (stress de contention et légère douleur aiguë lors des injections et du gavage oral). Par ailleurs, du fait de leur phénotype dommageable (souris immunodéprimées), les animaux ont un irsque accru d’infection.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Afin de récupérer les cellules leucémiques et de limiter les souffrances liées à la leucémie, toute souris ayant été injectée avec des cellules leucémiques au cours d’une des 2 procédures sera mise à mort. Par ailleurs, du fait de leur phénotype dommageable lié à l’état d’immunodépression, aucun animal ne pourra être remis en liberté à l’issue des 2 procédures. Par conséquent, tout animal inclus dans l’une des 2 procédures sera mis à mort à l’issue de celles-ci.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les cellules leucémiques humaines étudiées ne peuvent être maintenues en culture. L’utiilisation d’un modèle de souris immunodéficient (NSG) permet de les maintenir fonctionnelles et de les expandre. Les lignées cellulaires de leucémies aiguës ne constituent pas une alternative viable, car elles ne reflètent pas les particularités individuelles des patients. Dans cette étude, le modèle de souris immunodéficient s’avère être le seul pertinent pour reproduire la réponse thérapeutique des patients. Ainsi, l’utilisation de xénogreffes dérivées de patients demeure indispensable en tant que modèle pour explorer les leucémies aiguës et évaluer l’efficacité de nouvelles thérapies, comme le souligne la littérature scientifique.
2. Réduction
Les expériences sont réalisées avec le nombre minimum d’animaux nécessaires à l’obtention d’un résultat significatif déterminé par une approche statistique. Le nombre minimum d’animaux nécessaire sera calculé grâce à une analyse de puissance statistique et les résultats seont analysés par des tests statistiques adaptés.
3. Raffinement
Les animaux seront élevés au sein d’une animalerie dont le statut sanitaire apporte un niveau de stérilité important. Les souris seront hébergées en groupes sociaux dans des cages, sur portoir ventilé avec un accès à la nourriture et à la boisson ad libitum. Le bien-être des animaux sera surveillé régulièrement et une grille de score d’évaluation sera mise en place.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris utilisées ont été décrites dans la littérature scientifique comme le modèle de référence pour greffer les cellules hématopoïétiques humaines, étudier le développement des leucémies humaines, et ainsi servir de modèles précliniques pour l’évaluation de nouvelles thérapies. Les animaux subiront une greffe de cellules humaines à l’âge adolescent/jeune adulte (6 à 12 semaines), car il s’agit de l’âge optimal pour obtenir les meilleures chances de succès de greffe.