
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 17/07/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-046004)
960 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. La moitié reçoit une greffe de cellules tumorales pancréatiques par chirurgie, l’autre sans chirurgie, puis toutes passent une échographie sous anesthésie chaque semaine, certaines une IRM d’une heure et des prélèvements de sang hebdomadaires pratiqués sur animal éveillé. Le porteur range parmi les effets attendus une perte de poids supérieure à 20 %, des mutilations, de l’agressivité et les douleurs dues à l’implantation des tumeurs. Il écrit que « seule l’utilisation de modèles animaux » permet d’atteindre ses objectifs, et que la mise à mort en fin de procédure est « indispensable ».
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Le cancer du pancréas (adénocarcinome pancréatique canalaire) est la troisième cause de décès par cancer dans les pays occidentaux. Son très mauvais pronostic s’explique par l’absence de biomarqueurs pour la détection précoce de la maladie et d’approches thérapeutiques efficaces lorsque la chirurgie n’est plus possible. Les chimiothérapies actuelles améliorent peu la survie des patients, et les thérapies ciblées et immunothérapies n’ont pas encore eu l’effet clinique escompté. Dans ce contexte, notre équipe de recherche conduit depuis plusieurs années, des projets de recherche fondamentaux et translationnels jusqu’à la clinique pour comprendre comment ce cancer se met en place, pour identifier les patients à risque et ceux porteurs de lésions précoces, pour vaincre la résistance aux traitements et proposer une thérapie sur mesure. Seule l’utilisation de modèles animaux peut nous permettre d’atteindre ces objectifs. Ce projet se déroule dans deux établissements utilisateurs agréés.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le bénéfice attendu est la validation de stratégies thérapeutiques efficaces pour la prise en charge du cancer du pancréas
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Tous les animaux inclus dans les différents protocoles expérimentaux seront soumis au suivi de la progression tumorale par échographie, une fois par semaine au niveau de l’unité expérimentale EU 1/2. Cette procédure non invasive ne requiert que l’anesthésie des animaux. Sur la période, 480 souris seront soumises à une greffe de cellules tumorales pancréatiques ne nécessitant pas de chirurgie. Sur la période, 480 souris seront soumises à une greffe de cellules tumorales pancréatiques nécessitant une chirurgie. La transplantation cellulaire sera effectuée en une seule intervention d’une durée de 15 à 20 minutes. Dans certains cas, les souris vigiles pourront être soumises à des prélèvements sanguins au cours du développement tumoral (recherche de biomarqueurs sanguins précoces, de réponse au traitement, marqueurs métaboliques, immunophénotypage). Un prélèvement sera effectué avant l’apparition de la tumeur puis une fois par semaine pendant la durée de l’expérimentation. En IRM des images anatomiques (pondérée T2) de l’abdomen (avec synchronisation au mouvements respiratoires) seront réalisé une fois, en contrôle, avant administration de la thérapie et une fois, 1 à 2 semaines après la première. Soit 2 acquisitions pas animal, afin de déterminer le volume et la localisation de la (des) tumeur(s). La durée d’analyse par souris est d’environ 1 heure. Le suivi de la progression tumorale par imagerie optique (durée de l’analyse 5 minutes par souris) et par échographie (durée de l’analyse 10 mn par souris) sera réalisé une fois en contrôle, avant administration de la thérapie puis une fois par semaine pendant la durée du protocole expérimental.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets indésirables attendus sur les animaux sont une dégradation de l’état général ; comportement anormal (modification de l’activité générale, léchages, mutilation, agitation, agressivité), modifications d’aspect (perte de poids supérieure à 20%), modifications motrices, modifications végétatives (pilo-érection, variation de la température cutanée), des douleurs dues à l’implantation des tumeurs.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
La mise à mort des animaux en fin de procédure est indispensable à la réalisation d’études comparatives afin de mettre en évidence les mécanismes antitumoraux mis en jeux.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Notre projet de recherche fondamentale et translationnelle pour la découverte de biomarqueurs et pour la thérapie du cancer du pancréas nécessite l’utilisation de modèles murins de référence reproduisant fidèlement la complexité et l’hétérogénéité intra- et inter-tumorale de la pathologie humaine. Ces critères ne peuvent être apportés par les modèles cellulaires. L’utilité de ces modèles dans nos domaines de recherche est reconnue et validée internationalement. Les publications scientifiques, notre retour d’expériences et la mise en commun des informations et données expérimentales provenant de ces modèles permettent d’appliquer les principes de remplacement, de réduction et de raffinement dans nos protocoles.
2. Réduction
Nous avons réalisé une étude statistique qui nous a amené à réduire le nombre d’animaux par groupe à 6, afin d’obtenir des résultats exploitables
3. Raffinement
Les animaux sont placés en pièce d’acclimatation lors de leur arrivée à la zootechnie. Ils sont pris en charge par du personnel compétent de la zootechnie qui vérifie leur état. Les animaux issus de différents cartons de transport ne sont jamais mélangés lors de la répartition dans les cages d’hébergement. Les animaux seront suivis quotidiennement et seront placés sous structure du Bien être animal (SBEA) pour les procédures classées modérées (chirurgie, prélèvement et injections). Par ailleurs, nous utiliserons deux méthodes d’imagerie non invasive pour le suivi de la croissance tumorale. Pour toutes les procédures décrites dans ce projet, les animaux hébergés en zone d’expérimentation EU 1/2 seront transférés vers les salles d’expérimentation selon une procédure adaptée qui garantit leur maintien en bonne santé, leur bien-être et respecte les exigences scientifiques. Les animaux seront transportés dans leur cage sur un chariot adapté, avec accès à la nourriture pendant le transfert. Les biberons seront retirés pour éviter l’humidification de la litière et remis en place dès l’arrivée des cages dans les laboratoires appropriés. Le retour vers la zone d’hébergement se déroulera selon les mêmes modalités. Nous utiliserons des analgésiques pour diminuer la douleur dès que nécessaire, et des croquettes seront placées dans la cage pour faciliter la récupération post-procédure. La douleur sera évaluée par observation du comportement général de l’animal (recherche de toute modification du comportement : isolement, absence de réaction lorsque l’animal est attrapé,ne s’agrippe plus aux barreaux de sa cage), de l’état du pelage (poils hérissés, mal entretenus, pelage terne). Des points limites ont été définis pour chaque procédure expérimentale. Dès que l’un d’entre eux sera atteint l’animal sera immédiatement mis à mort.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris est le modèle d’étude de base le plus pertinent pour notre projet. Les allo- et xénogreffes chez la souris immuno-déficiente sont utilisées pour les tests précliniques. Les méthodologies d’investigation sont bien décrites, les protocoles expérimentaux sont disponibles et partagés. Ceci permet de réduire le nombre de souris nécessaires. Les animaux pourront être livrés à partir de 5 semaines d’âge, pour acclimatation d’une semaine avant la mise en expérimentation.