
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 23/07/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-476378)
Aucun analgésique ne sera administré, le porteur estimant qu’ils interféreraient tous avec le modèle, et les souris qui atteignent les points limites sont tuées par surdosage d’anesthésiques. 144 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, toutes tuées pour le prélèvement de leurs intestins. Elles reçoivent pendant sept jours du dextran sulfate de sodium dans leur eau de boisson, ce qui déclenche une inflammation intestinale, une douleur viscérale et une perte de poids, puis passent une minute trente dans un tube de mesure de composition corporelle la veille de leur mise à mort. L’enjeu déclaré est de vérifier si des antagonistes du récepteur minéralocorticoïde, déjà commercialisés pour d’autres indications, pourraient être repositionnés contre les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
5.5.1 décrire les objectifs du projet (repris automatiquement du champs 3.3.2.1) Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin affectent près de 300 000 personnes en France. Il existe des thérapies, mais de nombreux patients ne répondent pas à ces thérapies ou y deviennent résistants. Le projet a pour objectif d’évaluer l’inhibition du récepteur minéralocorticoïde sur la réponse inflammatoire dans un modèle de colite aiguë induite par un agent chimique. L’inhibition du récepteur minéralocorticoïde exerce des effets anti-inflammatoires dans des contextes extra-intestinaux. Ces effets anti-inflammatoires sont médiés par une de ces cibles : la neutrophil gelatinase-associated lipocalin, et impliquent les cellules myéloïdes.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Même si des progrès thérapeutiques notables ont été réalisés dans le traitement des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin, de nombreux patients ne répondent pas ou plus aux traitements proposés. De plus, les antagonistes du récepteur minéralocorticoïde ne sont pas contre-indiqués chez les patients atteints de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin. En cas de validation de notre hypothèse de travail, nous pourrions repositionner les antagonistes du récepteur minéralocorticoïde déjà disponibles sur le marché dans un nouveau champ thérapeutique. De plus, ce projet permettra de mieux comprendre les mécanismes sous-jacents sur l’implication du récepteur minéralocorticoïde dans le développement de l’inflammation intestinale.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à du dextran sulfate sodium (1%) dans leur eau de boisson durant 7 jours afin d’induire une inflammation intestinale relative aux maladies inflammatoires chroniques de l’intestin. La composition corporelle des animaux sera mesurée le jour précédant la mise à mort des animaux. Cette mesure peut occasionner un inconfort chez les animaux lors de l’introduction de la souris vigile dans un tube de mesure, mais n’entraine pas de douleur, la souris reste 1min30 dans l’appareil.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le modèle de colite aiguë induite par le dextran sulfate sodium peut entrainer une douleur viscérale chez la Souris, ainsi qu’une perte de poids. La composition corporelle des animaux sera mesurée, le jour précédent la mise à mort des animaux. Cette mesure peut occasionner un inconfort chez les animaux lors de l’introduction de la souris vigile dans le tube de mesure, mais n’entraine pas de douleur.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
À l’issue de chaque procédure, les animaux seront mis à mort afin de pouvoir récupérer leurs intestins pour analyser différents paramètres et marqueurs biologiques.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Avant d’être testés in vivo, nous utilisons des modèles in vitro d’inflammation intestinale comme des lignées de cellules épithéliales intestinales ou de macrophages en réponse à des molécules pro-inflammatoires. Cependant, ces modèles in vitro ne permettent pas de rendre compte de la complexité physiologique de la réponse inflammatoire in vivo. Les procédures expérimentales décrites dans ce projet ont un caractère de stricte nécessité et ne peuvent pas être remplacées par d’autres méthodes expérimentales.
2. Réduction
Ce projet s’efforce de réduire le nombre de souris au strict nécessaire pour que l’étude soit concluante et en collectant le maximum d’observations au cours d’une même expérience (données nutritionnelles, composition corporelle, poids des animaux, inflammation et fonction de barrière intestinale). Le nombre d’animaux nécessaires a été évalué selon la spécificité des procédures utilisées, en fonction de l’expérience acquise lors de nos précédentes études et des données de la littérature. Pour diminuer le nombre d’animaux utilisés, plusieurs approches combinées ont été prévues : la dose de Dextran Sodium Sulfate utilisée est évaluée à chaque lot de dextran sulfate sodium comme recommandé dans le protocole initial et nous avons fait le choix d’utiliser une dose faible de dextran sulfate sodium (1%) pour limiter au maximum la mortalité, permettant ainsi d’optimiser le bien-être des animaux et de réduire le nombre d’animaux. L’utilisation d’espèces d’animaux utilisés à des fins scientifiques, caractérisés par une faible variation génétique, permet de limiter la variabilité de la réponse biologique et par conséquent le nombre d’animaux. L’effectif de chaque groupe a été déterminé par une approche statistique en prenant comme critère principal le score histologique. Nous avons fait le choix de tester l’inhibition génétique du récepteur minéralocorticoïde uniquement sur les animaux colitiques et par conséquent de limiter les groupes contrôles au strict minimum. Les données obtenues chez des animaux contrôles seront réutilisées autant que possible. Par exemple, des échantillons de côlon seront préservés dans le laboratoire et indiqués dans une base de données communes à notre Unité et pourront ainsi être réutilisées au cours d’un autre protocole.
3. Raffinement
Les souris seront hébergées dans des cages standards (4 souris/cage), avec enrichissement. Les animaux seront maintenus dans un environnement contrôlé et stabilisé. Une période d’acclimatation d’une semaine après réception des souris sera réalisée avant le début des procédures. Les conditions de soins et les méthodes utilisées viseront à réduire le plus possible toute douleur, souffrance, angoisse ou dommage durable que pourraient ressentir les animaux. Une grille d’évaluation des points limites pour le bien-être animal sera utilisée. Un animal présentant un état de mal être ou de souffrance sera exclu de l’étude et mis à mort en fonction de son score et de la discussion avec les membres de la cellule SBEA. Pour limiter la douleur des animaux avec colite induite par le dextran sulfate sodium, l’usage est de ne pas utiliser d’analgésique en raison en de leur interaction potentielle avec le processus inflammatoire. Il existe un panel d’analgésiques utilisés dans l’inflammation intestinale, qui présentent tous un risque d’interférence avec notre modèle. Nous ne pourrons donc pas utiliser ces analgésiques dans nos procédures. En cas d’atteinte des points limites, les souris seront mises à mort par surdosage d’anesthésiants .
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La Souris est le mammifère non-primate le plus proche (phylogénétiquement) de l’Homme. La Souris est l’animal le plus couramment utilisé pour modéliser la colite expérimentale et les modèles génétiques d’invalidation du récepteur minéralocorticoïde ne sont disponibles que chez la Souris. Cette souche n’est pas résistante à l’induction par le dextran sulfate sodium et permet ainsi de réduire le nombre d’animaux utilisés. Nous utiliserons des souris d’environ 6 semaines. La réponse à la colite diffère en fonction de l’âge des animaux et le stade de développement choisi correspond à une phase de réponse optimale avec un risque de mortalité réduit.