Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

23 miniporcs vont être utilisés, 18 dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère et 5 opérés sous anesthésie puis tués avant tout réveil, tous tués à l’issue pour le prélèvement de leur moelle épinière. Une laminectomie leur ouvre le dos, un choc contrôlé écrase la moelle, la plaie est rouverte pour implanter le dispositif testé, et jusqu’à six IRM sous anesthésie suivent l’évolution des lésions, avec une à deux prises de sang par semaine. Le porteur énumère les suites attendues : troubles de la locomotion, incontinence ou impossibilité d’uriner et de déféquer, escarres aux points de pression, souillure par l’urine, fonte musculaire. Il écrit que « la moelle épinière est dépourvue de récepteurs à la douleur » et espère une guérison au bénéfice de patients paralysés « pour lesquels il existe peu ou pas d’espoir », perspective posée au futur face à des paralysies provoquées dès maintenant.

NTS-FR-630624v3
Types de recherche
· Maladies animales · Recherche appliquée · Troubles musculosquelettiques ·
Mots-clés
IRM, lésion médullaire traumatique, contusion, mini-porc
Cochons : 23

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La lésion de la moelle épinière représente une cause majeure d’invalidité (paralysie), le plus souvent suite à un choc / impact sur le dos. Ce sont des lésions graves, qui peuvent entrainer la mort ou une paralysie plus ou moins importante (selon l’endroit de la blessure). Le but de cette étude est d’évaluer l’efficacité d’un nouveau traitement à implanter dans la moelle épinière, améliorant la récupération après une lésion médullaire traumatique. Ce dispositif est conçu pour aider le tissu nerveux à se régénérer. Notre objectif est de prouver le bénéfice médical du produit sur la récupération sensorielle et motrice de patients paralysés pour lesquels il existe peu ou pas d’espoir. Une partie de ce projet consistera provoquer un meutrissure de la moelle épinière par un choc contrôlé sur la moelle de miniporcs (sous anesthésie générale). Ce modèle de blessure est celui qui ressemble le plus à ce qui se passe chez l’Homme, ce qui rend les observations et traitements facilement transposables. Le suivi de la sévérité des lésions sera réalisé par IRM (imagerie), et via l’évaluation des capacités des animaux à bouger, marcher… Une guérison est espérée, ce qui à l’heure actuelle n’est pas possible.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

La lésion de la moelle épinière représente une cause majeure d’invalidité. L’objectif de ce projet est de développer un dispositif de cicatrisation médullaire. Cela sera à terme bénéfique à l’homme victime de lésion médulaire traumatique, lui permettant une solution à une invalidité jusqu’ici irreversible. Cela pourrait également être une solution de traitement pour les animaux de compagnie victimes de lésions médullaires (exemple : suite à hernie discale chez le chien)

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

– Examens IRM et scanner (sous anesthésie générale, durée 60min par examen IRM, 10min par scanner) : 1 IRM+scanner pour 1 animal lors de la phase 1 ; 2 IRM et 1 scanner pour 2 animaux lors de la phase 2 ; 6 IRM et un scanner pour 4 animaux lors de la phase 3 ; 6 IRM et un scanner pour 12 animaux lors de la phase 4. – Pose de broche sous anesthésie générale (5-10min) – Laminectomie et impacts (sous anesthésie générale) : 1 laminectomie et 3 impacts pour 2 animaux lors de la phase 2 ; 1 laminectomie et 1 impact pour 4 animaux lors de la phase 3 ; 1 laminectomie et 1 impact pour 12 animaux lors de la phase 4. – Réouverture de la plaie chirurgicale pour injection du DM/ de la solution SHAM (sous anesthésie générale) : 1 chirurgie et injection pour 2 animaux lors de la phase 2, 1 chirurgie et injection pour 4 animaux lors de la phase 3, 1 chirurgie et injection pour 12 animaux lors de la phase 4. – Prises de sang, sur animal vigile (si coopératif) ou anesthésié: env. 2 minutes, 1 à 2x par semaine au maximum

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les nuisances possibles pour les animaux des phases 2, 3 et 4 sont : – Effets indésirables liés à l’anesthésie: température trop basse, arrêt du coeur et/ou de la respiration – Complications chirurgicales: mauvaise cicatrisation de plaie, infection – Douleur post-opératoire liée à la plaie chirurgicale (la moelle epinière est dépourvue de récepteurs à la douleurs) : lorsque la chirurgie a été réalisée correctement, la douleur s’estompe assez rapidement (de 6 à 9 jours chez l’Homme lors d’une opération sur la moelle épinière). Ensemble de troubles liés à la lésion de moelle: – Troubles de la locomotion: – Troubles pour uriner ou déféquer (incontinence ou au contraire impossibilité) -Risque de subluxation – Complications liées à l’absence de mouvements: irritation et souillure par l’urine, ulcères (escarres) au niveau des zones de pression, perte de masse musculaire. Aucun effet indésirable lié au traitement n’est attendu.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux devront être euthanasiés à l’issue de chaque procédure afin de prélever la moelle épinière et effectuer des analyses complémentaires des lésions (histologie, biochimie) en fin d’étude et les comparer avec les dernières images IRM effectuées.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Les méthodes alternatives de culture cellulaire avec une simple couche de cellules ou un organoïde aboutissent a des résultats limités et ne rendent pas compte de la complexite du système nerveux, encore moins lorsqu’il est endommagé . Une prédiction précise sur un tableau clinique consécutif à la lésion, et son évolution, n’est pas non plus réalisable. L’évaluation de la sévérité et de la réparation des lésions dans le temps ne peut être réalisée que sur animaux vivants. En effet, l’objectif est de suivre la guérison de lésions dans le temps grâce à l’application d’un nouveau traitement. Cela ne peut être réaliser que par un suivi des animaux par imagerie (IRM), et par récupération fonctionnelle (suivi clinique) dans le temps.

2. Réduction

3R / Réduction :

Au total 19 animaux seront utilisés pour la caractérisation d’un dispositif médical (toutes les phases comprises). Des animaux supplémentaires pourront être utilisés au besoin comme décrit précédemment (maximum 4 en tout). Une évaluation approfondie des résultats sera effectuée avant le début de chaque nouvelle phase, afin de ne pas utiliser d’animaux supplémentaires inutilement. Un nombre minimum d’animaux est utilisé pour chaque phase. Un gros avantage de l’IRM est de pouvoir faire le suivi d’un même animal tout au long de l’étude, évitant ainsi des groupes d’animaux supplémentaires prévus pour des euthanasies intermédiaires.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Afin d’assurer le bien-être des animaux, nous utiliserons principalement l’IRM, qui est une modalité d’imagerie non-invasive et non-ionisante. Les animaux auront une période d’acclimatation à l’animalerie d’au minimum 7 jours avant le début des procédures expérimentales et feront l’objet d’un conditionnement positif, basé sur des intéractions amicales avec les personnels en charge des soins, et l’administrations de récompenses, afin de permettre des manipulations sans stress et avec un minimum de contraintes. Tous les animaux recevront un enrichissement du milieu adapté à leur espèce, régulièrement renouvelé (rotation des jouets par exemple). Des points limites suffisamment prédictifs sont mis en place. Tous les actes douloureux ou nécessitant une immobilité longue (chirurgie, imagerie, éventuelles prises de sang) seront réalisées sous anesthésie générale. Les éventuelles douleurs liées à la réalisation des lésions médullaires seront prises en charge dès la période pré-chirurgicale, par administration d’analgésiques et antalgiques: morphiniques et anti-inflammatoires non stéroïdiens. L’efficacité des traitements anti-douleur sera vérifiée au moins 2 fois par jour par observation des animaux. Les procédures réalisées nécessiteront très probablement un isolement des animaux, mais un contact visuel et auditif sera maintenu entre les individus. Les prise en charge clinique des animaux sera basée sur ce qui se fait en pratique vétérinaire et hospitalière, avec un suivi rapproché des animaux, prévention des escarres et mise en place d’un programme de physiothérapie / rééducation.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Le miniporc offre divers avantages pour le développement de thérapies des lésions médullaires et leur transposition clinique. C’est une espèce pour laquelle de nombreuses données sont disponibles dans la littérature. Contrairement aux rongeurs, le miniporc a une anatomie, une physiologie et une pathophysiologie similaires à celles de l’Homme. Les instruments chirurgicaux et analytiques pour les interventions, ainsi que les dispositifs thérapeutiques sont similaires, voire égaux, à ceux utilisés chez l’Homme. Les miniporcs ont une bonne tolérance aux déficits neurologiques, même graves, avec l’avantage de présenter un tempérament docile, facilitant la prise en charge post-opératoire et la rééducation. Les animaux devont avoir leur taille adulte (19-20 mois environ). En effet, il est essentiel que les animaux ne soient pas en période de croissance pour ce projet pour ne pas biaiser les résultats liés aux mesures de la moelle, des lésions, et donc de l’efficacité du traitement.