
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 24/07/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-500908)
Tuées une heure, trois heures ou vingt-quatre heures après l’injection pour que leurs organes soient prélevés, 48 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent sous anesthésie une injection intraveineuse unique de nanoparticules censées acheminer un médicament directement vers un caillot cérébral, puis sont mises à mort selon le délai assigné à leur groupe. Le porteur indique que l’injection peut être douloureuse et que les nanoparticules peuvent provoquer une inflammation du rein, de la rate, du foie ou du poumon. Des tests sur cellules et globules rouges humains n’ont révélé aucune toxicité, ce qui n’empêche pas le porteur de conclure qu’un « organisme vivant complexe » reste « nécessaire » pour observer la distribution du produit.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Cette étude est un projet fondamental dans le domaine de la santé publique. L’accident vasculaire cérébral (AVC) est la deuxième cause mondiale de mortalité. En particulier, 80% des cas d’AVC sont caractérisés par la formation d’un caillot (thrombose) dans une artère cérébrale provoquant une diminution voire une suppression du flux sanguin dans une région du cerveau. L’hétérogénéité des causes de ces thromboses, la complexité et la sensibilité du cerveau font encore de l’AVC une pathologie complexe à traiter et des règles standards de traitements sont difficiles à établir. La première action thérapeutique consiste à rétablir le flux sanguin le plus rapidement possible afin d’éviter des séquelles irréversibles. Le traitement de référence reste le même depuis les années 1980 ; l’injection d’un médicament qui entraine la destruction du caillot. Toutefois, les critères d’inclusion des patients restent très limités, notamment à cause des effets secondaires: saignements, toxicité cérébrale. Le but de ce projet est d’étudier des nanoparticules (particules de taille nanométrique) pour apporter des médicaments directement au caillot, et ainsi éviter ces effets secondaires et diminuer les doses employées. Ce projet expérimental regarde spécifiquement l’innocuité du traitement proposé avec les nanoparticules et leur devenir dans le corps après injection.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
A travers ce projet, l’absence de toxicité d’un nouveau traitement pour les AVC dus à des caillots sanguins pourra être évaluée, avec en particulier: la mise à disposition des médecins d’un traitement plus complet pour résorber les caillots à l’origine de l’accident, avec une minimisation des effets secondaires (saignement, toxicité cérébrale), une diminution des doses employées et donc une utilisation potentielle pour plus de patients.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux seront soumis à une injection unique par voie intraveineuse de nanoparticules sous anesthésie de l’animal (durée inférieure à 10 min), puis après un temps fixé (1 h, 3 h ou 24 h), les animaux seront euthanasiés pour observer la biodistribution des nanoparticules (c’est-à-dire leur distribution dans leurs organes).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances possibles sont une douleur liée à l’injection, une toxicité éventuelle des nanoparticules, ou une éventuelle inflammation dans les organes responsables de l’élimination des nanoparticules: rein, rate, foie, poumon.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Afin de pouvoir observer la distribution des nanoparticules dans les différents organes des animaux, ceux-ci doivent être euthanasiés pour récupérer leurs organes et réaliser l’analyse des tissus biologiques.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Des expériences préliminaires visant à déterminer l’innocuité de ces nanoparticules ont été réalisées, incluant des tests sur cellules humaines ainsi que des sur des globules rouges humains, et ne permettant pas de déceler de toxicité. Ces expériences apportent donc une première réponse au regard de la toxicité sans utiliser d’expérimentation animale. Il n’existe cependant pas de moyen permettant de déterminer une toxicité dans un organisme vivant complexe ainsi que la distribution des nanoparticules dans les organes avec ces premières expériences. Ce projet nécessite donc l’utilisation de modèles animaux pour les étudier.
2. Réduction
Des études préliminaires ont permis de déterminer les doses de nanoparticules à injecter pour garantir un effet thérapeutique, et permettent donc de ne sélectionner que deux doses à tester dans ce projet, réduisant donc le nombre d’animaux à utiliser. Pour anticiper une éventuelle mortalité du traitement, un nombre maximum de 8 animaux par groupe est prévu comme le minimum nécessaire pour garantir au moins 5 animaux utilisables par groupe et donc garantir la représentation de la variabilité inter-individus.
3. Raffinement
Avant la procédure: le temps d’acclimatation des animaux sera d’une semaine. Les animaux bénéficieront d’un hébergement avec environnement enrichi et en groupe social, et seront surveillés quotidiennement pour vérifier leur état de bien-être et l’absence de signes de stress ou de détresse. Durant la procédure, les animaux seront placés sous anesthésie pour l’injection de nanoparticules. Après réveil, les animaux seront remis dans leur cage, et une vérification visuelle une heure après procédure du site d’injection sera effectuée (absence de lésion) et de l’état général de l’animal sera faite en accord avec une grille de score des points limites (critères objectifs pour déterminer le niveau de bien-être ou mal-être des animaux). Les animaux seront finalement sacrifiés sous anesthésie et le prélèvement sanguin réalisé post mortem pour minimiser les gestes sur l’animal vigile.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les expériences de biodistribution chez la souris sont abondamment décrites dans la littérature scientifique pour des injections intraveineuses de nanoparticules, en particulier pour l’utilisation de nanoparticules à but thrombolytique (c’est-à-dire visant à détruire un caillot sanguin) dans le cadre de maladies cardiovasculaires. les animaux utilisés seront adultes (5-8 semaines), pour obtenir des résultats sur des animaux matures au regard de l’immunité et de la formation des organes, et pertinents vis-à-vis d’une pathologie qui affecte majoritairement des individus adultes.