
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 16/08/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-557935)
Pour entraîner des personnels aux gestes techniques, 1 380 souris et 260 rats vont être utilisés dans des procédures d’un niveau de souffrance léger, pris parmi les animaux dits de réforme de l’établissement. Chaque animal subit jusqu’à trois gestes, injections, prélèvements sanguins ou tatouage des phalanges, réalisés par des personnes peu ou pas expérimentées, avec les contentions prolongées et les piqûres hésitantes que le porteur reconnaît. S’y ajoutent des essais de protocoles anesthésiques pouvant provoquer des réveils précoces ou tardifs, une hypothermie, une hypotension ou une dépression cardiorespiratoire. Le devenir déclaré ne prévoit aucun animal gardé vivant, quand le porteur écrit que ceux passés par une procédure non invasive sont conservés, et il juge « indispensable » de travailler sur la souris.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Tous les utilisateurs d’animaux à des fins scientifiques se doivent de maitriser les gestes techniques afin de s’assurer du bien être animal et réduire le nombre d’animaux utilisés lors de leurs projets expérimentaux. La formation initiale et les formations continues doivent être complétées par un entrainement aux différents gestes qui vont être réalisés lors des procédures. Le présent projet a pour but de lister certains gestes techniques réalisés sur des animaux de réforme dans le cadre d’apprentissage ou de training. Par ailleurs, l’anesthésie et l’analgésie font partie de nombreux projets et sont essentiels au raffinement des procédures, autant pour le bien-être des animaux que pour la cohérence des résultats obtenus. Ce projet va permettre de valider différents protocoles anesthésiques et analgésiques. Il va également décrire la mise en œuvre d’actes d’imagerie à l’aide d’un échographe. Ces sessions permettront d’apprendre à utiliser l’appareil et de réaliser des repérages anatomiques, cela afin d’appréhender les anomalies anatomiques éventuelles.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Le projet permettra d’assurer une maitrise des gestes techniques réalisés par tous les utilisateurs de la zootechnie afin que ceux-ci puissent travailler en autonomie et dans le respect de la réglementation relative aux compétences des personnels. Ces formations permettront de s’assurer du bien être des animaux lors des procédures. Ces bonnes pratiques diminueront également le biais dans les protocoles expérimentaux lié au stress ou à la douleur de l’animal. La validation de différents protocoles anesthésiques et analgésiques permettra d’adapter au mieux les molécules utilisées pour une plus grande sécurité de l’animal, en regard des attendus du projet. L’echographie quant à elle permetra d’affiner le diagnostic dans des situations particulières.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux, vigiles ou anesthésiés, pourront subir diverses administrations, injections, prélèvements sanguins ainsi qu’un tatouage aux phalanges. 3 gestes maximum seront réalisés sur chaque animal, la durée étant variable selon le degré de formation du stagiaire allant de queleques secondes à moins de cinq minutes. Les animaux subiront également des injections pour la validation des protocoles anesthésiques et analgésiques. Dans le cas de l’échographie la durée totale de chaque acte ne devra en aucun cas dépasser les trente minutes
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Ce projet a pour but de former ou valider des gestes techniques sur des personnels peu ou pas expérimentés. Ces gestes mal maitrisés peuvent engendrer un stress ou une douleur chez l’animal : contention plus longue, injection hésitante, difficulté à trouver le site précis lors des injections/prélèvements veineux. Les tests anesthésiques pourront engendrer des réveils précoces ou au contraire tardifs, avec des effets secondaires plus ou moins marqués selon les molécules utilisées (hypothermie, hypotension, dépression cardiorespiratoire). Pas de nuisances attendues lors des sessions d’échographies.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Afin de ne pas multiplier le stress et la douleur des animaux ayant participé à 3 sessions de training (procédure invasive), ils seront mis à mort après chaque procédure. Dans le cas des animaux impliqués dans une procédure non invasive, ils seront gardés en vie à la fin de celle-ci.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Pour l’apprentissage de l’approche de l’animal, de sa contention et des gestes techniques, les réactions comportementales de l’animal vigile, ainsi que les spécificités anatomiques propres à chaque individu et les caractéristiques hémodynamiques d’un animal vivant ne peuvent être reproduites par des méthodes alternatives (mannequin ou peluche). Cependant, si cela est possible certains gestes pourront être mimé sur un animal ou un élément factice. Les animaux vivants restent indispensables pour former les personnes les utilisant dans les mêmes conditions que lors de la réalisation du projet scientifique.
2. Réduction
Afin de réduire le nombre d’animaux utilisés à des fins scientifiques, nous n’utiliserons que des animaux de réforme. Ces derniers sont les animaux disponibles de notre établissement n’étant pas rentrés dans un protocole de recherche ou ne portant pas les gènes d’intérêts. Le nombre d’animaux sera également limité par participant. Pour les tests anesthésiques, la validation des protocoles nécessite un nombre limité d’animaux et ne fait pas l’objet de tests statistiques.
3. Raffinement
Les animaux sont hébergés en cages ventilées par groupe, selon les normes de la directive 2010/63/EU, avec un enrichissement dans chaque cage (parmi igloo, batônnets de bois, coton, sizzle nest), et un statut sanitaire exempt de pathogènes contrôlé trimestriellement. Des méthodes alternatives à la préhension par la queue sont utilisées, les procédures sont réalisées sous anesthésie et analgésie quand cela est possible, et l’utilisation de tapis chauffants limite l’hypothermie lors des anesthésies. Les animaux utilisés sont choisis en bonne santé et sans phénotype dommageable. L’encadrement est réalisé par du personnel compétent, et l’état de santé des animaux contrôlé quotidiennement. Toute altération du bien-être (prostration, perte de poids, piloerection, blessures) des animaux réformés les écarte de toute utilisation de training.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les équipes de recherche, pour la majorité, utilisent la souris comme modèle animal dans leurs projets expérimentaux. La zootechnie expérimentale accueille donc principalement des souris et le personnel de la zootechnie ainsi que les utilisateurs sont amenés à travailler sur ce modèle. L’objectif de ce projet étant d’améliorer la méthodologie des gestes techniques, il apparaît judicieux et indispensable de travailler sur la souris. Des manipulations sur rats sont également prévues dans le cas où des protocoles expérimentaux utilisent cette espèce. Les animaux seront utilisés en fonction de leur disponibilité. Le critère d’âge n’est pas restricif sur l’utilisation de ces animaux.