
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-09-04 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-162657)
Les souris de ce projet sont immunodéprimées et porteuses de ce que le porteur nomme un « phénotype dommageable », qu’il déclare ne pas s’exprimer grâce à leur hébergement. 355 d’entre elles vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent une injection de cellules cancéreuses dans la quatrième glande mammaire, puis jusqu’à trois injections intrapéritonéales et une injection intraveineuse par semaine pendant trois semaines, avec des contentions répétées sur trois mois au maximum. La tumeur peut gêner leurs déplacements et les métastases pulmonaires provoquer des difficultés respiratoires, avant la mise à mort qui permet de prélever la tumeur, la glande mammaire voisine et les poumons.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le cancer du sein reste la première cause de mortalité chez la femme malgré l’efficacité des traitements conventionnels. Il existe deux freins majeurs à la guérison de ce cancer : son évolution vers un stade métastatique et sa résistance aux traitements. Notre laboratoire s’intéresse à un processus particulier qui est impliqué dans ces 2 mécanismes. Notre projet vise à l’identification de nouveaux médicaments capables d’empêcher la formation métastatique et la résistance aux thérapies conventionnelles. Pour cela, nous avons testé plus 70 000 molécules in vitro et nous en avons validé 3 capables de bloquer les processus de métastases et de résistance au traitement. Il est maintenant essentiel de tester pré-cliniquement l’efficacité de ces 3 molécules sur un organisme complexe.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet permettra potentiellement de mettre en évidence l’effet thérapeutique de nos molécules sur le cancer du sein, contre sa progression métastatique et sa résistance aux thérapies conventionnelles, et pourra ouvrir de nouvelles perspectives de traitement pour les patients atteints de cette maladie.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Cruelty Free International a établi en 2018 que les résumés allemands et britanniques, les seuls examinés à ce jour, décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Tout d’abord l’ensemble de ces expérimentations est effectué sur des animaux immunodéprimés au phénotype dommageable. Les animaux subiront régulièrement des contentions (contention de 2 à 3 minutes et maximum 3 contentions par semaine sur une durée maximale de 3 mois) qui leur génèreront du stress. Ils subiront également une injection intra-mammaire ainsi que des injections régulières en intrapéritonéale (3 injections intrapéritonéales par semaine sur une durée maximale de 3 semaines) et en intraveineuse (1 injection intraveineuse par semaine sur une durée maximale de 3 semaines).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Cruelty Free Europe a mesuré en 2024 que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces deux pays sont les seuls dont les résumés ont été examinés. Les résumés français relèvent du même modèle européen, et leur qualité n'a jamais été mesurée.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les nuisances attendues sur les animaux sont l’apparition de tumeur au niveau de la quatrième glande mammaire qui pourra potentiellement les gêner dans leur déplacement et générer de la douleur ainsi que le développement de métastases pulmonaires qui pourra potentiellement provoquer des difficultés respiratoires. Les traitements par les molécules identifiées et de chimiothérapie risquent d’affecter l’état général de la souris (perte de poids, douleurs abdominales, perte de poils).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront mis à mort afin de pouvoir prélever la tumeur, la glande mammaire adjacente à la tumeur et les poumons. Ces tissus seront analysés pour évaluer la progression tumorale et ainsi déterminer l’efficacité des traitements testés.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Des études préliminaires in vitro ont été réalisées et ont permis de démontrer l’effet des molécules que nous souhaitons tester in vivo sur l’inhibition du processus permettant aux cellules cancéreuses de migrer et de devenir résistantes au chimiothérapies conventionnelles sur 12 modèles cellulaires différents. Si l’ensemble de ces expérimentations nous conforte sur l’effet des molécules identifiées et leurs conséquences délétères sur les propriétés de migration, d’invasion et de chimiorésistance des cellules cancéreuses, il nous reste à démonter leur effet dans un organisme physiologiquement complexe afin d’envisager par la suite leur potentielle inclusion dans un essai clinique.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre maximal de souris utilisées pour la réalisation de ce projet est de 355. Ce nombre a été réduit au minimum et suffisant afin d’obtenir des données statistiquement valides. De plus, le projet comprend 2 GO/NO GO (décision de continuer ou non) à la fin de deux procédures ce qui peut réduire notablement le nombre global d’animaux utilisés.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Des points limites précis ont été définis pour identifier le plus précocément possible toute souffrance de l’animal. Nous évaluerons l’état de bien-être ou de souffrance de l’animal au moins 3X par semaine. Une analgésie sera utilisée si une souris présente des signes de souffrance et la souris sera observée alors deux fois par jour. De la nourriture sera ajoutée au sol si une souris présente des difficultés à s’alimenter. La manipulation des animaux par des personnes compétentes en minimisant le stress engendré en expérimentation animale permet de limiter au maximum toute douleur ou souffrance des souris. Les souris utilisées pour ce projet sont des souris immunodéprimées au phénotype dommageable qui ne s’exprime pas du fait de leur hébergement dans un environnement adapté. Des éléments de raffinement seront ajoutés afin de veiller à leur bien-être (coton).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La souris est l’espèce animale la plus pertinente pour les études de carcinogénèse mammaire et de formation métastatique car c’est un modèle proche de la pathologie humaine qui reproduit les caractéristiques histologiques. De plus, l’évaluation d’effet thérapeutique sur des xénogreffes de lignées s’inscrit dans la démarche classique de tests précliniques. Nous utiliserons les souris immunodéprimées afin de rester en accord avec les données décrites dans la littérature. Enfin, nous disposons d’outils, d’expériences et de compétences solides pour réaliser cette étude dans les meilleures conditions chez la souris. Des souris adultes de 6 semaines seront utilisées, âge standard utilisé pour l’étude du développement tumoral par xénogreffe, ce qui nous permettra de comparer nos résultats à la littérature.