
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 08/10/2024
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-930838)
4 600 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures déclarées d’un niveau de souffrance modéré. Elles reçoivent des traitements plusieurs fois par semaine pendant une à douze semaines selon les groupes, avec des prélèvements de sang répétés, dans des modèles d’hépatite auto-immune. Les effets décrits incluent une perte de poids, un pelage très sale, une peau froide au toucher, des muqueuses pâles, des plaies suintantes, des lésions d’automutilation et des masses ulcérées, description qui s’accorde mal avec la souffrance seulement modérée déclarée. Le porteur ajoute que ce passage par la souris sert à réduire le nombre de formats d’anticorps, de doses et de voies d’injection qui seront ensuite testés sur des primates.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les maladies auto-immunes dont les maladies inflammatoires n’ayant pas de traitements satisfaisants aujourd’hui, la recherche de nouvelles thérapies est nécessaire. Ce projet s’inscrit dans ce but afin de tester des nouvelles cibles thérapeutiques et d’en comprendre les mécanismes. La plupart des maladies auto-immunes sont caractérisées par une activation exacerbée des cellules T, des cellules B et des myeloïdes ainsi que la production d’anticorps auto-réactifs, donc d’anticorps dirigés contre le soi. Les traitements actuellement utilisés tels que les anti-inflammatoires stéroïdien ou non stéroïdien, ainsi que les anti-TNF induisent des effets secondaires. L’utilisation par exemple du rituximab qui est un anticorps anti-CD20 induit une élimination des cellules B de façon transitoire. Ce traitement ne cible pas les cellules plasmatiques sécréteurs d’auto-anticorps à l’origine en partie des maladies auto-immunes. L’objectif étant de développer une nouvelle thérapie qui ciblerait les cellules T/B et les myeloides impliquées la chronicité de l’inflammation. Le traitement habituel de l’hépatite auto-immune consiste à administrer des corticoïdes et des immunosuppresseurs. Mais cela entraine de nombreux effets secondaires d’ou la nécessité de trouver des alternatives.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Actuellement les traitements pour les patients atteints de maladies inflammatoires sont des corticoïdes, des immunosuppresseurs ou, depuis quelques années, de l’immunothérapie utilisant principalement les anti-TNFa. Les corticoïdes induisent néanmoins de nombreux effets secondaires surtout sur le long terme tels qu’une prise de poids, de l’hypertension, une intolérance aux sucres, des troubles endocrinien entre autres. Les immunosuppresseurs, eux, inhibent totalement le système immunitaire et rendent sensibles les patients à de nombreuses maladies virales ou autres. Pour finir, les immunothérapies sont utilisées lorsque les patients ne répondent pas/plus aux immunosuppresseurs ou corticoïdes. Elles utilisent principalement des anti-TNFa mais aussi des anti-intégrines et permettent de ralentir l’évolution de la pathologie. Néanmoins, environ 60% des patients échappent de façon primaire ou secondaire à ces traitements. Cela a aussi été observé chez l’animal avec environ 50% d’échappement primaire ou secondaire chez la souris. De plus, ils induisent eux aussi quelques effets secondaires puisqu’ils inhibent une partie du système immunitaire, rendant le sujet fragile aux maladies du quotidien. L’utilisation par exemple du rituximab qui est un anticorps anti-CD20 induit une élimination des cellules B de façon transitoire. Ce traitement ne cible pas les cellules plasmatiques sécréteurs d’auto-anticorps à l’origine en partie des maladies auto-immunes. L’objectif étant de développer une nouvelle thérapie qui ciblerait les B et/ou les cellules T pathogéniques. Chez l’animal nous espérons pouvoir observer un blocage, une élimination ou réduction des cellules pathogéniques. Si ces études in vivo sont bénéfiques pour l’animal nous envisageons de pouvoir débuter un essai clinique chez l’Homme afin de traiter les patients ayant des maladies auto-immunes ou inflammatoires et de leur proposer une nouvelle stratégie thérapeutique. Les nouvelles thérapies passent par le modèle animal avant d’envisager de tester la molécule dans un essai clinique.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les traitements administrés aux animaux durent quelques secondes et seront réalisés plusieurs fois par semaine durant plusieurs semaines. Des prélèvements sanguins seront réalisés durant plusieurs semaines et durent quelques secondes. Les traitements administrés aux animaux (X semaine) ainsi que les prélèvements sanguins (X semaine) seront variables en nombre de semaines (Procédure 1 : 3 semaines, Procédure 2: 5 semaines ; Procédure 3 ; 1 à 12 semaines) mais pas en durée (toujours quelques secondes) et dépendra de chaque groupe de souris et du succès du traitement.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Il va s’en suivre une perte de poids associée à un score clinique important c’est à dire une modification du comportement et de l’apparence physique. Lorsque le score clinique est elevée, il y a une apparence physique altérée (poils très sales, coloration anormale de la peau, froid au toucher, pâleur des muqueuses, plaie de l’œil, lésion sévère (automutilation, plaie suintante, masse ulcérée…) et un comportement modifié (agitation/torpeur, impossibilité de mouvement, dos cambré/voussure du dos).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les animaux seront euthanasiés une fois l’expérience terminée ou les points limites atteints. L’injection peut entrainer une perte de poids, un changement dans le comportement chez la souris. Cela va se produire dans les groupes contrôles et dans les groupes dont les molécules n’ont pas d’effets bénéfiques. Dans les groupes ou un effet bénéfique pourrait être observé, les souris seront quand même euthanasiées car cela n’est pas possible d’utiliser les mêmes souris pour un second protocole car l’âge de la souris ne sera plus adéquat.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Les nouvelles thérapies passent par le modèle animal avant d’envisager de tester la molécule dans un essai clinique. Vu la complexité du système immunitaire et des différences entre espèces, il est nécessaire d’étudier l’impact d’une molécule ainsi que ses effets thérapeutiques sur un modèle proche de l’Homme. Pour cette première nécessité le primate est souvent utilisé, ici, nous avons la possibilité d’éviter l’utilisation de primate, donc nous étudierons ces paramètres chez la souris. Avant l’utilisation chez l’animal, nous sélectionnerons préalablement nos molécules par différents tests in vitro notamment d’affinité et d’avidité pour les récepteurs mais aussi d’efficacité sur des cellules humaines. En effet, les molécules sont testées in vitro afin de déterminer si elles ont la capacité d’induire l’effet attendue c’est à dire, la sécrétion de cytokines anti-inflammatoires, le blocage de molécules activatrices sur différents types cellulaires, ou l’activation de molécules inhibitrices afin de réguler l’inhibition des cellules cibles. Les modèles d’hépatites qui reproduisent au mieux ce qui se produit chez l’homme ont été décrit chez la souris.
2. Réduction
Les tests statistiques qui seront réalisés seront des tests non paramétriques pour comparer chaque groupe en fonction du groupe contrôle. Il pourra également être réalisé des tests pour comparer tous les groupes les uns avec les autres ou tous les groupes en fonction du groupe contrôle. Nous avons réduit chaque groupe au minimum de 5 souris nécessaire à l’obtention d’une différence statistique. Le nombre d’animaux sera réduit autant que possible.
3. Raffinement
Si un animal se retrouve dominant et attaque ses congénères, il sera isolé dans une cage individuelle avec un dôme. Les animaux seront manipulés pour s’habituer aux expérimentateurs mais le protocole ne commencera qu’une semaine après l’arrivée. En amont de l’expérience le protocole sera entièrement planifié afin d’éviter du stress à l’animal et les points limites seront définis afin d’anticiper toute souffrance. Les animaux montrant des signes de douleurs lors de l’expérience recevront des molécules leur permettant d’atténuer la douleur et elles seront mélangés dans l’eau de biberon pour la nuit. Lorsque les points limites seront atteints, les animaux seront mis à mort par dislocation des cervicales après anesthésie. Les animaux ne seront pas maintenus au-delà des délais décrits pour chaque modèle, limitant leur utilisation si cela n’est pas nécessaire.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Des formats d’anticorps ont été validés in vitro. Les animaux sont indispensables car ils permettent de tester in vivo l’efficacité ou la non-efficacité de (des) format(s), ainsi que les effets secondaires possiblement liés avant de le tester en clinique chez l’Homme si celui (ceux)-ci est (sont) efficace (s). En outre, avant de passer aux travaux généralement réalisés chez le primate, il est impératif de valider au préalable l’efficacité de cette thérapie chez la souris afin de réduire au maximum le nombre de format d’anticorps, la dose ainsi que la voie d’injection qui pourrait être testés chez le primate. Les souris seront utilisées autour de 8 semaines.