Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Toutes les souris utilisées ici portent une mutation qui supprime la protéine RSK2 et reproduit le syndrome de Coffin-Lowry, avec ses retards d’apprentissage et ses déficits de mémoire. 586 d’entre elles vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. Biopsie de la queue vers sept jours, injections intrapéritonéales de marqueurs de neurogenèse, open-field, rotarod, puis piscine de Morris pendant sept jours à raison de huit essais quotidiens d’une minute de nage, un protocole que le porteur ramène à un stress léger limité aux premières minutes. Soixante reproductrices seront réutilisées pour des travaux pratiques, les autres tuées pour analyser leur cerveau.

NTS-FR-805245v1
Types de recherche
· Maladies animales · Recherche appliquée · Recherche fondamentale · Système nerveux · Troubles nerveux ·
Mots-clés
développement cérébral, fonctions cognitives, modele de déficience intellectuelle, stratégies thérapeutiques
Souris : 586

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Le projet consistera à étudier le développement de certaines structures cérébrales importantes pour la cognition chez une souris modèle du syndrome de Coffin-Lowry. Les patients atteints de ce syndrome présentent une sévère déficience intellectuelle associée à des retards psychomoteurs qui se mettent en place au cours de l’enfance. Selon des études génétiques, cette pathologie est due à des mutations d’un gène qui conduisent notamment à l’absence d’une protéine appelée RSK2. Pour mieux comprendre les altérations qui se mettent en place lors du développement du cerveau en l’absence de RSK2, nous utilisons des souris modèle du syndrome de Coffin-Lowry qui n’expriment pas RSK2. Au cours des projets précédents, nous avons montré que ces souris modèles présentent de nombreuses altérations comportementales et cognitives comme des retards d’apprentissage et des problèmes de mémoire. Ceci est en accord avec les signes cliniques observés chez les patients. Pour ce projet, nous souhaitons désormais étudier le développement de certaines structures cérébrales qui sont impliquées dans les altérations comportementales et cognitives identifiées chez la souris modèle. Ces structures cérébrales continuent de se développer après la naissance, au moment où apparaissent les problèmes comportementaux et cognitifs. Ainsi, nous étudierons chez la souris modèle, les altérations cellulaires et moléculaires qui impactent le développement de ces structures cérébrales au cours de la période postnatale. De plus, nous envisageons désormais de mettre en place des stratégies thérapeutiques afin de corriger au plus tôt ces altérations dans le but de compenser, voire d’éviter la mise en place des problèmes cognitifs chez la souris. Nous testerons notamment si un enrichissement comportemental partiel (3h/jour pendant 3 semaines) dès le plus jeune âge peut être bénéfique pour restaurer le retard de développement du cerveau et restaurer les fonctions cognitives à long terme.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Grâce à ce projet, nous comprendrons mieux le rôle de la protéine RSK2 dans le développement cérébral et dans les fonctions cognitives. Nous comprendrons notamment pourquoi, en l’absence de RSK2, le développement du cerveau est retardé au cours de la période postnatale, et analyserons plus particulierement le développement postnatal de deux strucutures cérébrales qui sont impactées dans le syndrome de Coffin-Lowry et qui poursuivent leur développement apès la naissance. De plus, pour la première fois, nous testerons une stratégie thérapeutique (enrichissement comportemental) qui devrait permettre de compenser les déficits cognitifs au plus tôt, ou d’éviter leur mise en place. Le modèle animal nous permettra de comprendre les mécanismes cellulaires et moléculaires sous-jacents.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Pour être génotypés, tous les animaux subiront une biopsie de la queue vers l’âge de 7 jours. Pour le projet, une partie des animaux recevra des injections de marqueurs de neurogenèse. Pour chaque injection, l’animal est maintenu en contention pour effectuer la piqure en intrapéritonéale (durée max 10 secondes). Apres différents délais, ces souris seront euthanasiées afin d’analyser leurs cerveaux. Les prélevements de cerveaux sont réalisés post mortem. Une autre partie des animaux effectuera en plus des tâches comportementales. La locomotion et l’exploration sera évaluée en open-field (duree 20 minutes) et la coordination motrice en rotarod (6 essais sur 3 jours de 3 minutes maximum), ce qui ne génére aucune nuissance. La mémoire spatiale sera évaluée avec le test de la piscine de Morris qui génère un leger stress en début de protocole. Le protocole a une durée de 7 jours, à raison de 8 essais par jour (2 blocs de 4 essais successifs). Chaque essai comprend 1 minute de nage et 1 minute de repos sur une plateforme.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Pour les génotypages, une douleur légère de courte durée peut être ressentie lors de la biopsie de la queue. Les injections qui nécessitent de prendre l’animal en contention peut générer un stress ponctuel de quelques minutes. Lors des tests de comportement, les souris pourraient ressentir un leger stress pendant les premières minutes.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Pour la procédure 1, certains reproducteurs pourront être utilisés pour participer à des études comportementales en travaux pratiques. Il s’agit de tests d’exploration, locomotion, d’apprentissage et de mémoire qui n’engendrent aucun stress chez l’animal et reposent sur les comportements spontanés (eg., openfield, exploration d’objets). Les souris des procédures 2, 3 et 4 seront euthanasiées pour étudier leur cerveau.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Notre problématique de recherche consiste à comprendre les altérations du developpement cerébral impliquées dans la déficience intellectuelle (retard d’apprentissage, déficits de mémoire). Bien que certains mécanismes pourraient être décrits sur des cultures neuronales, il est ensuite absolument nécessaire de valider le rôle des protéines dans le développement cérébral et dans les processus cognitifs chez un animal vivant qui se comporte dans différentes tâches comportementales, d’apprentissage et de mémoire.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux correspond aux effectifs nécessaires pour une démonstration convaincante des principes scientifiques étudiés sur la base d’arguments statistiques valides. Sur la base des études publiées et de notre expérience, 6-8 souris (analyse de la neurogenèse) à 8-15 souris par groupe (comportement) sont nécessaires. Des tests de puissance seront effectués au cours de nos analyses (à partir de n=5), afin de détecter si des comparaisons suffisamment fiables sont dejà atteintes sans avoir à aller, pour chaque expérience, jusqu’à l’effectif maximum envisagé (c’est à dire 8 souris dans chaque lot).

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Limiter la souffrance des animaux, s’assurer de leur bien-être et de leur santé, fait partie de nos préoccupations majeures et conditionne véritablement le bon déroulement de nos études. En effet, nos études comportementales doivent, pour les animaux, impérativement s’effectuer en l’absence de stress, anxiété et douleur afin d’être viables. Ainsi, avant de les soumettre à des tâches d’apprentissage, l’expérimentateur manipule les souris pour limiter stress et anxiété et pour les habituer à sa présence. La mise en place de points limites permettra de réduire de potentielles souffrances. Pour cela une grille d’évaluation sera utilisée.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Il n’y a pas d’autre modèle animal présentant des mutations équivalentes dans le gène ciblé pour ce projet. Le modèle murin inclus dans notre projet est déjà élevé au laboratoire et permettra de mener de manière rigoureuse notre étude. Les études passées ont montré que ces souris sont des modèles reproduisant des déficits cognitifs associés à la pathologie humaine (retard d’apprentissage, déficit de mémoire). Afin d’étudier le développement cérébral et notamment la formation des neurones qui continuent de se mettre en place au cours des premières semaines après la naissance, toutes les souris utilisées seront âgées de 0 à 60 jours. Il sera nécessaire également d’utiliser quelques embryons pour suivre la mise en place de certaines structures cérébrales qui s’installent au cours de la période embryonnaire. Des analyses de comportement seront également effectuées à l’âge adulte (vers 60 jours) afin de vérifier les effets bénéfiques de nos enrichissements environnementaux sur les fonctions cognitives à long -terme.