
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-10-23 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-775086)
20 550 rongeurs vont être utilisés, 18 000 souris, 500 rats et 2 050 hamsters dorés, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, léger pour 50 hamsters. Ils reçoivent pendant 34 semaines au maximum une nourriture riche en graisse et une eau sucrée, jusqu’à développer obésité, diabète, dyslipidémie et stéatose hépatique, pouvant aller jusqu’à la fibrose, la cirrhose ou un cancer du foie. Une goutte de sang leur est prélevée à la queue ou à la veine saphène sans anesthésie, jusqu’à deux fois par jour. La majorité de ces animaux sont ensuite expédiés à un laboratoire de recherche pour être utilisés dans son propre projet, les hamsters sur lesquels le personnel s’est entraîné aux prélèvements étant tués, et le porteur écrit que l’effectif a été fixé à la demande de ses partenaires, sans qu' »aucune approche statistique » ait été réalisée.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
A l’échelle mondiale, les maladies liés au surpoids représentent une part non négligeable des décès estimé à plus de 1,2 million par an. En 2016, 650 millions d’adultes étaient obèses, soit 3 fois plus qu’en 1975. En 2021, le diabète affecte plus de 537 millions de personnes. La dyslipidémie et la NASH (stéatose hépatique non-alcoolique) sont provoqués par le diabète et l’obésité. La dyslipidémie touche quelques milliers de patients chaque année en France et la société nationale française de gastro-entérologie considère qu’un quart de la population française est touché par la NASH. Par l’alimentation de rongeurs avec un régime riche en lipides et/ou glucides, il est possible d’induire ces phénotypes spécifiques : obésité, dyslipidémie, diabète et NASH. Ces rongeurs avec syndromes métaboliques seront utilisés pour évaluer les effets de médicaments.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ce projet aura des bénéfices pour l’homme. Ce projet pourra amener à long terme des solutions thérapeutiques pour traiter les syndromes métaboliques du surpoids et du diabète. Ce projet permettra de générer des données scientifiques robustes chez l’animal pour pouvoir passer ultérieurement aux premières administrations chez l’homme, étape indispensable dans le processus de développement et de mise sur le marché de nouvelles molécules. Pour l’animal, les bénéfices attendus sont principalement une amélioration des connaissances scientifiques pour l’espèce utilisée grâce au développement de méthodes de raffinement de plus en plus adaptées et à la sélection de l’espèce la plus adéquate pour répondre aux objectifs scientifiques attendus.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Les animaux auront à disposition un aliment standard et/ou un aliment riche en gras et une eau standard et/ou une eau additionnée de sucre, mis en ad libitum pendant 34 semaines maximum. Une mesure glycémique pourra être faite sur les animaux en aigue (2 mesures par jour et par animal avec 3 jours de récupération entre 2 séries de mesures) ou en chronique (une mesure par animal par semaine). Une goutte de sang (environ 50 µl) est recueillie après piqure, à l’aide d’une aiguille de taille adaptée sans anesthésie, de la queue au niveau de la veine caudale pour la souris et le rat, et à la veine saphène pour le hamster.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Au fil de la prise alimentaire riche en gras et de l’abreuvement riche en sucre, les animaux pourront exprimés des signes cliniques plus ou moins modérés. Les animaux vont développer une obésité et des syndromes métaboliques tels diabète, dyslipidémie, insulino-résistance, NASH pouvant aller jusqu’à une fibrose, une cirrhose ou un cancer du foie à long terme (après la phase préparatoire).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
La majorité des animaux sont expédiés à un laboratoire de recherche pour une utilisation dans son projet de recherche. Les hamsters d’entrainement pour le prélèvement sanguin seront mis à mort et pourront servir à de la formation post-mortem du personnel.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’induction de modification métabolique chez l’animal fait intervenir plusieurs types cellulaires produisant des facteurs tendant à moduler ou amplifier la réponse. Toute cette cascade d’événement faisant intervenir des facteurs autocrines, paracrines ou exocrines aussi variés que complexes ne permet pas une étude significative et déterminante in vitro. Par ailleurs, l’objet de cette étude est d’évaluer l’impact sur une fonction vitale de l’organisme, ce qui ne peut être fait que sur un organisme vivant.
2. Réduction
Nous réalisons ce protocole alimentaire à la demande de nos partenaires avec qui nous échangeons sur le nombre minimal et suffisant d’animaux pour atteindre leur objectif scientifique. Aucune approche statistique n’a été réalisée.
3. Raffinement
Une surveillance des animaux est faite quotidiennement pour déceler tout signe clinique anormal et atteinte des points limites tout au long de cette phase préparatoire. L’observation est basée sur l’utilisation d’une grille d’évaluation spécifique au modèle. Enfin, les contentions et prélèvements seront réalisés par un personnel formé et expérimenté.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Les souris, rats et hamsters sont des espèces animales les plus pertinentes par la proximité physiologique avec l’Homme et les plus couramment utilisées pour évaluer les effets bénéfiques d’un produit sur les maladies métaboliques liés au surpoids car elles développent naturellement ce type de pathologie ayant une affinité à la nourriture grasse et sucrée similaire à l’Homme. Pour les hamsters syriens dorés, ils ont un métabolisme des lipoprotéines imitant la dyslipidémie humaine car il exprime la protéine de transfert des esters de cholestérol (CETP). Les animaux pourront commencer le régime alimentaire à partir de l’âge de 4 semaines (âge minimum) et seront expédiés aux laboratoires de recherche à l’âge demandé.