Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

La douleur dure jusqu’à la mise à mort de l’animal, sauf si un point limite est atteint plus tôt, pour l’un des quatre modèles d’arthrite de ce projet. 1092 souris vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré à sévère. L’inflammation est déclenchée par une injection de collagène dans la queue, dans l’articulation du genou ou dans la voûte plantaire, suivie selon le porteur de boiterie, de gonflement des articulations, de prostration et de difficultés à marcher, avec des traitements injectés trois fois par semaine et des prises de sang hebdomadaires sur animal vigile. Le projet teste deux molécules censées relancer la résolution de l’inflammation sans immunodéprimer les patients, bénéfice annoncé pour des personnes en échec thérapeutique quand les atteintes infligées aux souris sont, elles, immédiates et certaines.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les maladies inflammatoires chronique ont aujourd’hui une incidence en constante augmentation notamment dans les pays industrialisés. Ces maladies chroniques peuvent être systémiques et toucher tout l’organisme comme la polyarthrite rhumatoïde ou la sclérose en plaque ou alors elles peuvent être localisées à un seul organe comme la maladie de Crohn ou le diabète de type I. Ces inflammations chroniques entraînent de nombreux dommages tel que la formation de lésions, une réparation tissulaire inefficace voire la destruction de l’organe dans les formes les plus sévères. Les traitements actuels, tel que les molécules inhibitrices du TNFa (molécule inflammatoire), ont pour objectif d’empêcher l’initiation de l’inflammation de se mettre en place et ainsi limiter l’inflammation exacerbée chez ces patients. Seulement, l’effet de ces molécules n’est pas spécifique à la pathologie et elles sont associées à de nombreux effets secondaires tel que des nausées/vomissement, de la fatigue ainsi qu’une immunodépression du système immunitaire rendant les patients très fragiles aux infections. Les nouvelles stratégies d’immunothérapie cherchent à améliorer l’effet anti-inflammatoire des traitements en limitant les effets secondaires et pour cela les approches sont plus spécifiques des cellules de l’immunité. De nouveaux récepteurs à la surface des cellules immunitaire ont été identifiés comme jouant un rôle dans la modulation de leur fonction inflammatoire. Nous aimerions tester différentes molécules capables d’activer un de ces récepteurs et analyser les effets engendrés par cette activation dans différents modèles animaux de maladies inflammatoires. Ce type d’étude nécessite une preuve d’efficacité in vivo dans des modèles précliniques, c’est pourquoi nous voulons tester ces thérapies chez la souris. Le nombre d’animaux utilisés sera de 1092 souris pour combiner un nombre réduit d’animaux avec une pertinence statistique.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les traitements actuels utilisés contre la polyarthrite rhumatoïde sont des traitements 1) limitant la douleur du patient avec notamment des corticoïdes ou des anti-inflammatoires associés à 2) un traitement de fond modulant le système immunitaire (immunosuppresseur ou immunomodulateur). Ces traitements entrainent néanmoins de nombreux effets secondaires tels que des vomissements/nausées, de la fatigue, des maux de tête … Les immunomodulateurs, quant à eux, induisent une immunodépression du patient le rendant plus sensible aux infections du quotidien. De plus, et malheureusement, il a été démontré que dans 50% des cas une inefficacité du traitement est observée un an après la première injection. Il est donc primordial de mettre en place de nouvelles stratégies thérapeutiques pour ces patients. Nous avons donc développé de nouvelles molécules ciblant les récepteurs de la résolution de l’inflammation. Ces molécules ne modifient pas l’initiation de l’inflammation et permettraient donc aux patients de ne plus être immunodéprimés et de pouvoir répondre à tout type d’attaque extérieure puisque leur système immunitaire serait totalement fonctionnel. Chez l’animal nous espérons pouvoir activer la phase de récupération dans ces différents modèles avec notamment une diminution des signes cliniques et une meilleure survie. Si ces études in vivo sont bénéfiques pour l’animal nous envisageons de pouvoir débuter un essai clinique chez l’humain afin de traiter les patients n’ayant plus de possibilité thérapeutique et de leur proposer une nouvelle stratégie.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux seront soumis à plusieurs type d’injection : intra-péritonéal, intra-articulaire (genou), intradermique, voûte plantaire ou sous-cutanée. Ces injections seront effectuées sous anesthésie et analgésique. Des prélèvements sanguins au niveaux de la veine mandibulaire pourront être effectués sur animaux vigiles (1 fois par semaine maximum). Pour finir les traitements seront injectés en intra-péritonéale sur animaux vigiles (3 fois par semaine)

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Modèle 1 : les animaux subiront une injection en intra-dermale dans la queue de collagène II, engendrant une douleur rapide le temps que le produit diffuse dans l’organisme. Par la suite les animaux commenceront à montrer des signes cliniques de la pathologie avec notamment une perte de poids, le gonflement des articulations et des difficultés à marcher. Modèle 2 : lors de l’induction de la pathologie les animaux recevront une injection dans l’articulation cela entrainant une douleur légère de courte durée (lors de la piqûre). Par la suite les animaux commenceront à montrer des signes cliniques (boiterie, prostration) provoquant de la douleur chez l’animal et ceci jusqu’a l’euthanisie de l’animal sauf si les points limites sont atteints avant. Modèle 3 : une injection dans l’articulation du genou sera faite entrainant une douleur légère et rapide. Rapidement des signes cliniques seront visible (boiterie, difficulté à poser la patte …) provoquant de la douleur chez l’animal. Modèle 4 : une injection dans la voûte plantaire sera effectuée entrainant une légère douleur lors de l’injection. Rapidement (dès 2h) des signes cliniques vont apparaitre de type gonflement et boiterie entrainant de la douleur.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

A la fin de chaque procédure, les animaux seront mis à mort et des organes d’intérêts pourront être prélevés pour compléter les analyses.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Avant l’utilisation chez l’animal, nous sélectionnerons préalablement nos molécules par différents tests in vitro notamment d’affinité et d’avidité pour le récepteur mais aussi d’efficacité sur des cellules humaines. Cela nous permettra de réduire le nombre d’animaux puisque seulement 2 molécules seront étudiées dans nos modèles

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux sera réduit autant que possible. En effet les différents axes définis plus haut ainsi que les 2 études pilotes permettent de réduire l’utilisation de l’animal puisque l’étude principale ne sera exécutée que sur l’étude pilote ayant montré une induction optimale et un effet délétère minimal sur l’animal. En amont nous avons étudié par un test statistique le nombre d’animaux nécessaire afin d’observer une différence significative dans nos expériences. Basé sur un test de distribution normale d’échantillons nous avons déterminé un nombre d’animaux de n=22 animaux/groupe nécessaire pour obtenir une différence significative entre le groupe contrôle et le groupe traité dans nos expériences

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux auront une phase d’acclimatation de plusieurs jours et ne seront pas manipulés afin de limiter leur stress. En amont de l’expérience le protocole sera entièrement planifié afin d’éviter du stress à l’animal et les points limites seront définis afin d’anticiper toute souffrance. Les animaux montrant des signes de douleurs (prostration, poils hérissé, isolation, boiterie) lors de l’expérience recevront des anti-douleurs 3 fois par jour puis dans l’eau de biberon pour la nuit. Les animaux ne seront pas maintenus au-delà des délais décrits pour chaque modèle, limitant leur utilisation si cela n’est pas nécessaire. L’animal sera maintenu en groupe, avec des frisottis pour se camoufler ainsi que des dômes ou des tunnels. Si un animal montre de l’agressivité il sera isolé afin de préserver les autres animaux et mis dans une cage avec des enrichissements de type : dôme ou tunnel, frisottis, coton

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Afin d’étudier le rôle des différentes cibles in vivo dans des modèles expérimentaux d’inflammations induit par des molécules chimiques, nous utiliserons différentes lignées chez la souris décrite pour déclencher ce type d’inflammation. Les souris utilisées auront entre 6 et 10 semaines car l’inflammation générée par les molécules chimiques utilisées dans les différents modèles est homogène dans cette tranche d’âge contrairement à des âges précoces ou avancés où les défenses immunitaires sont différentes et peuvent induire une hétérogénéité de réponse inflammatoire.