
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2024-11-22 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-006473)
Livrés à un jour de vie et 40 grammes, élevés en cages de batterie, 24 poulets de chair de souche Ross 308 passent vingt et un jours en zone de confort thermique, la moitié étant ensuite maintenue neuf jours en hyperthermie. Les procédures relèvent d’un niveau de souffrance léger à modéré et tous les poulets sont tués pour prélèvement des tissus intestinaux. Le porteur attend une gêne comportementale, une accélération de la respiration et des blessures dues au picage des plumes, et 3 millilitres de sang sont prélevés sur chaque animal. Le modèle doit servir à tester des additifs alimentaires destinés aux élevages industriels, où le « bien-être » invoqué se mesure à la capacité des oiseaux à supporter la chaleur sans perte de productivité.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’industrie de la volaille contribue de manière significative à l’économie mondiale. La volaille est une source majeure de protéines sous forme de viande et d’œufs pour de nombreuses personnes dans le monde. Cependant, plusieurs facteurs influencent la production de volailles comme la température, qui peut induire des effets significatifs sur la santé et la productivité des volailles. La sélection des animaux les plus performants au fil des décennies a permis d’obtenir une croissance rapide et une efficacité alimentaire élevée chez les volailles. Néanmoins ces caractéristiques sont associées à des taux métaboliques élevés et à une sensibilité accrue au stress thermique. Plusieurs études ont signalé les effets néfastes d’une exposition chronique (plus de 7 jours) à une température élevée (27 °C à 38 °C) sur la croissance, la reproduction, la fonction immunitaire et le bien-être de l’animal exposé. La réponse adaptative des volailles aux conditions de stress thermique est complexe. Lorsque le stress thermique s’installe, les volailles réagissent de manière physiologique et comportementale pour tenter de rétablir des conditions de confort. Elles tentent souvent d’augmenter la dissipation de la chaleur latente par une élévation des ailes ou en augmentant la fréquence respiratoire, mais ces mécanismes qui impactent leur bien-être semblent insuffisants et une intervention supplémentaire est nécessaire. Le stress thermique est donc une préoccupation majeure à prendre en compte dans la production et le bien-être des volailles. La littérature a mis en évidence différentes stratégies d’atténuation des effets néfastes du stress thermique afin d’ améliorer le bien-être des volailles et renforcer la pérennité des systèmes de production avicole. La nutrition peut jouer un rôle important avec notamment l’incorporation d’additif alimentaire modulant la réponse immunitaire en atténuant l’inflammation et en maintenant l’intégrité intestinale, améliorant ainsi l’absorption de l’eau et des nutriments essentiels à l’homéostasie des animaux en condition de stress thermique. L’objectif de ce projet, est d’établir tout d’abord un modèle de stress thermique reproductible chez le poulet qui servira à déterminer les marqueurs biologiques spécifiques de ces conditions de stress. Ensuite, de développer ou tester des solutions nutritionnelles pour réduire les effets néfastes de ce stress.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Ce projet permettra d’établir un modèle de stress reproductible chez le poulet de chair afin de pouvoir l’utiliser dans le but d’évaluer tout additif alimentaire comme stratégie d’atténuation des effets néfastes du stress thermique. Ce projet permettra également de cibler les paramètres les plus pertinents pour évaluer la réponse au stress thermique dans des conditions expérimentales standardisées et d’optimiser le nombre d’animaux nécessaires et suffisant pour répondre à l’hypothèse de l’étude en maitrisant mieux les écarts types de nos paramètres d’intérêt et en raffinant les tests statistiques utilisés.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Cruelty Free International a établi en 2018 que les résumés allemands et britanniques, les seuls examinés à ce jour, décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront nourris avec un aliment standard répondant à leurs besoins nutritionnels. Ils seront élevés pendant 30 jours avec 21 jours d’élevage en zone de confort thermique et 9 jours d’élevage en zone d’hyperthermie pour la moitié des animaux. Une partie des animaux seront soumis à un prélèvement sanguin à J21 et l’autre partie à J30. Stress momentané liée à la contention des animaux pour la prise de sang. A chaque temps de prélèvement, un volume de sang de 3 ml nécessaire et suffisant à l’analyse des différents paramètres sanguin sera prélevé sur chaque animal. Pour chaque prise de sang, le temps de prélèvement ne dépassera pas 1 minute.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Cruelty Free Europe a mesuré en 2024 que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces deux pays sont les seuls dont les résumés ont été examinés. Les résumés français relèvent du même modèle européen, et leur qualité n'a jamais été mesurée.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La durée du stress thermique n’est pas assez longue pour enregistrer de la mortalité. Gêne comportementale résultant de l’incapacité à effectuer certains comportements en réponse à une température élevée. Augmentation de la fréquence respiratoire pour faire face à l’augmentation de la température. Blessures dues au picage des plumes chez les animaux exposés au stress thermique. Stress momentané due à la contention pour les prises de sang ( inférieur à 1 minute)
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Mise à mort de tous les animaux impliqués dans la procédure pour réaliser les prélèvements des tissus intestinaux
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La procédure expérimentale est nécessaire et ne peut pas être remplacée par une autre stratégie n’impliquant pas l’utilisation d’animaux vivants. En effet la procédure vise à montrer l’impact du stress thermique sur les changements physiologiques chez l’animal qui sont complexes et nécessite de prendre en compte toutes les interactions cellulaires qui ont lieu afin de mieux appréhender l’ajout d’additif alimentaire comme stratégie d’atténuation des effets du stress et améliorer le bien-être des animaux.
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La procédure expérimentale mise en oeuvre est une étude exploratoire. Des calculs statistiques ont été réalisés afin de déterminer le nombre d’animaux adéquat pour ce projet et a été réduit à la stricte nécessité pour aborder l’objectif du projet. Le nombre d’animaux à utiliser permettra d’apporter de bonnes conditions d’élevage en favorisant une hiérarchie sociale nécessaire au bien-être des animaux et d’obtenir des données scientifiquement robustes. Des analyses post mortem seront réalisées sur les tissus de chaque animal afin de générer le maximum d’informations possibles par animal.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Prises de sang: inconfort et le stress dus à la contention de courte durée et la douleur légère liée à l’introduction de l’aiguille sont réduits par une manipulation délicate des animaux, un prélèvement de faibles volumes de sang en fonction de la volémie, en piquant le plus haut possible dans la veine et par l’application d’un point de pression sur le site de prélèvement. Le raffinement des conditions d’hébergement consiste en la mise en place au démarrage de papier filtre à l’intérieur de la cage pour éviter que les animaux se coincent les pattes dans les mailles de la grille et en favorisant l’accès facile à l’eau et à la nourriture. L’accès à l’eau est facilité par la mise en place de coupelle d’eau en plus des pipettes et des godets récupérateurs d’eau. L’accès à la nourriture est affiné en mettant directement dans la cage sur le papier filtre un tas d’aliment. En plus la hauteur des lignes d’eau ainsi que les ouvertures d’accès aux mangeoires seront ajustées régulièrement en fonction de l’âge des animaux. L’état de santé des animaux est suivi quotidiennement. Les animaux sont hébergés dans des cages spacieuse afin de procurer des conditions plus commodes (plus de place) pour faire face aux élévations de température . Un cycle de température jour-nuit (12 h/12 h) est mis en place afin de permettre aux animaux de récupérer pendant la nuit (retour à une zone thermique plus confortable) sans compromettre l’objectif de l’étude. Mise en place de cloche à eau dans chaque cage pour renforcer l’apport hydrique. Aucun animal ne reste isolé, en cage individuelle sans contact visuel ou tactile avec ses congénères, ceci afin de réduire au minimum l’angoisse et le stress des animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
En raison de l’avancée du réchauffement climatique, le stress thermique est devenu un défi pour l’industrie avicole. Les additifs alimentaires développés comme solution d’atténuation des troubles dus au stress thermique sont destinés à être incorporés dans les aliments destinés aux volailles et à être testés au moyen de ce modèle de stress. L’espèce de volailles Roos 308 est représentatif des élevages industriels. Les animaux livrés seront des poussins de 1 jour (poids moyen 40 g). Ils seront mis en stabulation en cages en batterie et seront élevés jusqu’à l’âge de 30 jours. Des poulets juvéniles et jusqu’à 30 jours d’âge seront utilisés dans cette étude car à cet âge les animaux sont les plus sensibles aux changements de conditions environnementales (température et hygrométrie relative) en élevage.