Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

715 souris génétiquement modifiées pour perdre progressivement leur force musculaire vont être utilisées, toutes tuées à l’issue pour la collecte de tissus. 238 d’entre elles relèvent d’un niveau de souffrance sévère, alors que les interventions décrites se limitent à une biopsie de l’oreille, une injection anesthésique et un prélèvement de sang de vingt secondes : l’essentiel de ce qu’elles subissent tient à la myopathie elle-même. Le projet, intitulé « Traitement pour améliorer le bien-être de souris modèles de myopathie », consiste à ajouter une molécule dans l’eau de boisson pour relancer le nettoyage cellulaire des muscles atteints. Le porteur affirme que le modèle murin est « l’unique moyen » d’étudier ces mécanismes chez les mammifères et qu’il est « essentiel » pour cette étude.

NTS-FR-525608v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système musculosquelettique ·
Mots-clés
Myopathie, mTOR, Autophagie, Traitement
Souris : 715

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Ce projet repose sur deux types de souris de laboratoire dont les muscles s’affaiblissent progressivement. Ces souris imitent ce qui se passe dans plusieurs maladies musculaires chez l’humain, que ce soit des maladies génétiques, liées au vieillissement ou causées par certains médicaments. Le premier type de souris développe une maladie musculaire qui s’aggrave lentement à l’âge adulte. Le deuxième type est touché plus tôt et plus rapidement, dès le jeune âge. L’objectif est de comprendre comment ces maladies fonctionnent pour trouver de nouveaux traitements. Il semblerait que le « nettoyage cellulaire » (appelé autophagie) ne fonctionne plus correctement dans les muscles malades. Cela provoque l’accumulation de déchets toxiques dans les cellules musculaires. Pour vérifier cette idée, ce projet propose de relancer ce « nettoyage cellulaire » par l’utilisation d une molécule naturelle qu’on trouve dans certains aliments et qui a déjà montré des effets positifs sur les muscles de souris dans d’autres études, sans effets secondaires négatifs. En donnant ce traitement aux souris dans leur eau de boisson, cela pourrait permettre de réactiver le « nettoyage cellulaire » et d’améliorer la santé des muscles des souris malades.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

La perte d’intégrité musculaire s’observe dans de nombreuses conditions (vieillissement, myopathie, traitement médicamenteux). De nombreuses recherches sont en cours pour identifier des composés visant à rétablir l’intégrité musculaire pour une application clinique. Nous nous attendons à ce que le traitement des souris modèles de myopathie étudiées dans ce projet permette une récupération musculaire significative. Cette recherche pourrait révéler le potentiel thérapeutique de ce traitement pour de nombreux patients, jeunes et adultes, atteints de pathologies neuromusculaires.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux seront soumis aux interventions suivantes : – biopsie à l’oreille pour le génotypage (1 fois, courte durée) – injection pour l’anesthésie (1 fois, courte durée) et prélèvement de sang (1 fois, durée de 20 secondes environ).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les deux modèles murins génétiquement modifiés dans les muscles qui sont étudiés dans ce projet développent une myopathie induisant une perte progressive de force musculaire. Le traitement pourrait induire une diminution transitoire de la consommation de boisson au début du traitement due à un goût inhabituel. La consommation de boisson sera donc attentivement surveillée pendant le traitement. La biopsie à l’oreille induira une douleur légère de courte durée. L’injection pour l’anesthésie induira une douleur transitoire et du stress.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les animaux seront mis à mort à la fin de l’expérimentation afin de collecter différents tissus pour des analyses.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Le modèle murin est l’unique moyen pour étudier les mécanismes induisant une myopathie et de caractériser les conséquences physiologiques chez les mammifères. En effet, les modèles in vitro ne représentent pas l’organisme entier dans lequel les interactions inter-organes sont nombreuses et nécessaires en particulier pour le métabolisme. Le modèle murin est donc essentiel pour cette étude, d’autant plus que les processus étudiés sont très conservés au cours de l’évolution. Le modèle murin permet aussi d’évaluer l’efficacité des traitements potentiels dans un contexte physiologique complet.

2. Réduction

3R / Réduction :

Nous ciblons notre étude sur un mécanisme précis dans la progression de la myopathie des souris, nous réduisons ainsi les pistes d’exploration et donc le nombre d’animaux utilisés. Nous travaillons avec des lignées pures réduisant ainsi la variabilité entre animaux et donc le nombre d’animaux nécessaire pour l’étude. Nous prélèverons les organes, tissus et liquides biologiques sur un même animal réduisant ainsi le nombre d’animaux nécessaires. Nous utiliserons le nombre d’animaux minimal permettant d’obtenir des résultats statistiquement significatifs. Nous utilisons les outils permettant de calculer le nombre d’animaux nécessaires pour l’étude de chaque paramètre, en tenant compte de l’amplitude des effets attendus.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

– Nous plaçons de la nourriture à l’intérieur des cagées et des grandes tétines sur les biberons, ainsi qu’un ustensile appelé Nombrero qui permet de faciliter l’accés à la nourriture et à l’eau aux jeunes souris atteintes de la myopathie. -Le traitement proposé aux souris myopathes devrait améliorer leur bien-être. – Nous avons choisi d’utiliser l’eau de boisson pour traiter les souris afin de limiter le stress chez l’animal et reproduire un comportement naturel, plutot que le gavage ou l’injection qui sont sources de stress. -Une surveillance régulière des animaux sera réalisée pour détecter les signes de mal-être ou de souffrance. Nous nous assurerons que la prise d’eau n’est pas modifiée (pesée biberons) et que les animaux ne présentent pas de signe de déshydratation par la surveillance de la tonicité de la peau. La durée du traitement pourra être ajustée en fonction du comportement, du poids et de l’état des animaux. – Des points limites suffisamment prédictifs seront mis en place pour éviter toute souffrance des animaux et au-delà desquels la procédure sera arrêtée. Les animaux seront mis à mort immédiatement si nous constatons des signes de souffrance.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les chercheurs utilisent des souris pour étudier les maladies musculaires car c’est le meilleur moyen de comprendre comment ces maladies se développent chez les mammifères, dont font partie les humains. Les muscles des souris ressemblent beaucoup à ceux des humains dans leur structure et leur fonctionnement. De plus, les scientifiques peuvent modifier les gènes des souris pour créer des modèles de maladies spécifiques, ce qui leur permet de comprendre le rôle de certains gènes dans ces maladies. Avec les souris, ils peuvent étudier la maladie à différents niveaux, allant des molécules jusqu’au corps entier. Dans cette étude, deux types de souris sont utilisées. Le premier type développe une maladie musculaire rapidement, dès le jeune âge. Ces souris recevront un traitement entre 4 et 6 semaines de vie pour essayer de ralentir la progression de la maladie. Le deuxième type développe une maladie musculaire plus lentement, à l’âge adulte. Ces souris recevront le traitement entre 10 et 25 semaines de vie pour tenter d’empêcher l’apparition de la maladie. Par l’observation des souris en réponse au traitement, de nouvelles pistes pourraient être trouvées pour soigner les maladies musculaires chez les humains.