Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
Ce que décrit ce projet, résumé par l'OXA

Une chirurgie stéréotaxique de trente à soixante minutes pour injecter des composés directement dans le cerveau, puis pour une partie des animaux cinq heures d’enregistrement électrique sous anesthésie, procédure dont ils ne sortent pas vivants : 1 783 souris vont être utilisées, dont 194 dans des procédures d’un niveau de souffrance sévère. Chez les souris rendues parkinsoniennes par destruction unilatérale des neurones dopaminergiques, le porteur attend chez environ 20 % d’entre elles une altération du comportement alimentaire et de la prise de boisson, avec perte de poids sévère. Le projet vise à montrer que ces interneurones du striatum forment des sous-populations distinctes, hypothèse qualifiée de « très innovante ». Les tests censés évaluer les déficits moteurs tiennent en quinze minutes au maximum et ne sont jamais nommés.

Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.

NTS-FR-610774v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système nerveux ·
Mots-clés
Interneurones cholinergiques, striatum, Maladie de Parkinson, Neurosciences
Souris : 1783

Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

Décrire les objectifs du projet.

Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).

Dans quel but fait-on ça ?

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les dysfonctionnements des interneurones cholinergiques du striatum (CINs) sont impliqués dans un large éventail de troubles neurologiques et neuropsychiatriques qui représentent un fardeau social et économique élevé pour la population mondiale. Ces interneurones font partie d’un réseau impliqué dans les apprentissages sensorimoteurs. L’hypothèse principale de ce projet est que les CINs présentent une diversité moléculaire qui peut être liée à leur hétérogénéité fonctionnelle. Il s’agit d’un projet très innovant car les CINs ont jusqu’à présent été considérés comme une population homogène, excluant toute possibilité de diversité fonctionnelle. Plus précisément, nous voulons analyser les gènes exprimés par les CINs et, surtout, établir le lien entre ces gènes et les propriétés fonctionnelles évaluées à l’aide d’approches anatomiques, électrophysiologiques et d’imagerie chez la souris. Décrypter la diversité moléculaire des CINs nous permettra de mieux comprendre leur rôle dans les nombreuses pathologies impliquant ces interneurones, notamment dans la maladie de Parkinson.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).

Est-ce « inutile » ou « nécessaire » ?

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Si l’on considère que le processus pathologique de la maladie de Parkinson affecte différemment des sous-populations spécifiques d’interneurones cholinergiques, les résultats de notre étude devraient permettre d’améliorer les stratégies thérapeutiques en ciblant sélectivement la/les sous-population(s) appropriée(s). Considérant que les interneurones sont impliqués dans de nombreuses pathologies neurologiques dont le coût sociétal dans la population européenne est considérable, nous espérons que mieux comprendre les mécanismes sous-tendant ces troubles neurologiques contribueront à en améliorer le traitement.

Nuisances prévues, selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Cruelty Free International a établi en 2018 que les résumés allemands et britanniques, les seuls examinés à ce jour, décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).

Le droit d'accès aux documents

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

– Une contention pour procéder à des injections intra-péritonéales et sous-cutanées. – La plupart des souris subiront une chirurgie stéréotaxique permettant l’injection intracérébrale de composés sous anesthésie générale et avec une analgésie appropriée. La chirurgie proprement dite dure entre 30 et 60 minutes et les souris ne sont opérées qu’une seule fois. – Des tests comportementaux seront réalisés pour évaluer les déficits moteurs. Durée maximale: 15 min. – Certains animaux subiront une perfusion intracardiaque pour prélévement (procédure terminale, durée : 3 min). – Des enregistrements électrophysiologiques sur animaux anesthésiés (procédure terminale, durée: 5h). Un même animal peut subir plusieurs interventions mais chaque intervention n’est faite qu’une seule fois.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Cruelty Free Europe a mesuré en 2024 que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces deux pays sont les seuls dont les résumés ont été examinés. Les résumés français relèvent du même modèle européen, et leur qualité n'a jamais été mesurée.

Les animaux souffrent-ils ?

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les nuisances attendues concernent d’une part les injections intrapéritonéale et sous-cutanées et d’autre part, les chirurgies stéréotaxiques. Les nuisances liées à la chirurgie stéréotaxique sont bien tolérées et n’ont que peu d’impact sur les animaux grâce aux soins post-opératoires. En revanche, elles peuvent être plus sévères chez les animaux rendus parkinsoniens. Ce modèle de la maladie de Parkinson entraine en effet la destruction unilatérale des neurones dopaminergiques. Cette destruction peut affecter les comportements alimentaire et dipsique chez environ 20% des animaux et entrainer une perte depoids sévère. De tels effets ne sont pas observés chez les animaux injectés contrôles.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.

Peut-on parler d'éthique en expérimentation animale ?

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Tous les animaux seront mis à mort.

Application de la règle des "3R", selon le laboratoire

Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.

1. Remplacement

Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.

Comment avancer vers la fin de l'expérimentation animale ?

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les méthodes in vitro ne peuvent pas reproduire le fonctionnement d’un organe aussi complexe que le cerveau en raison de l’isolement des cellules du contexte physiologique.

2. Réduction

Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.

Qui est concerné ?

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

En maintenant notre animalerie dans le respect des bonnes pratiques, nous nous efforçons de minimiser la variabilité induite par le stress ou par la présence de pathogènes. Afin de limiter le nombre d’animaux au strict nécessaire, nous utilisons le calcul de Puissance lors de la planification des expériences : ce calcul permet de fixer un effectif tel que l’on ait 80% chances de vérifier notre hypothèse pour un seuil de significativité inférieur à 5%. Cependant ce calcul nécessite de connaître au préalable la taille de l’effet et la variabilité des mesures, ce qui n’est pas toujours possible. Par expérience nous avons déterminé pour les expériences de physiologie que des effectifs comprenant 10 à 15 cellules issues de 7 à 8 animaux (mâles et femelles) nous permettent de mettre en évidence des différences significatives entre les groupes expérimentaux. Pour les analyses moléculaires et cellulaires, 6 animaux/groupe sont nécessaires. Ceci prend en compte les problèmes susceptibles de survenir aux différentes étapes de l’expérimentation et qui peuvent amener à écarter des animaux. Les analyses statistiques appropriées seront réalisées. D’autre part, afin de réduire le nombre de souris et de s’assurer de la reproductibilité des résultats, les paramètres d’injection (coordonnées stéréotaxiques, quantités de vecteurs infusés et délai d’expression des transgènes) et les conditions expérimentales pour les expériences in vitro (ex : utilisation de nouveaux anticorps) sont toujours testés lors d’expériences pilotes. Enfin, pour limiter le nombre d’animaux produits, nous utilisons à la fois des animaux mâles et femelles.

3. Raffinement

Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.

La réglementation est-elle « très stricte » ?

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Les souris sont maintenues en groupe (de 2 à 5 animaux par cage) pour éviter l’isolement social, avec enrichissement de l’environnement qui est régulièrement renouvelé afin de diversifier au maximum l’environnement et permettre un maximum de comportements proches des comportements naturels. Lors de la chirurgie, nous utiliserons un anesthésique volatil qui par rapport à un anesthésique injectable permet une induction et un réveil rapides ainsi qu’une meilleure stabilité du niveau d’anesthésie. Ceci améliore la récupération post-opératoire et limite la létalité. Cet anesthésique n’ayant pas d’effet antalgique, une injection d’antalgique est réalisée 30 minutes avant la chirurgie. La température corporelle des souris est maintenue constante par une couverture chauffante thermostatée. Du gel ophtalmique maintient les yeux humides. Avant l’incision du scalp, une analgésie locale est effectuée. Les instruments chirurgicaux sont stérilisés et la zone opérée est désinfectée. La fréquence des visites augmente pour s’assurer d’une bonne récupération des animaux et intervenir rapidement si problème. Nous vérifions particulièrement les signes de douleurs selon une grille qui tient compte de l’aspect général de l’animal, de son poids, de son comportement naturel et induit. Si un animal présente des signes de douleurs (pelage terne, poil hérissé, dos voussé, yeux mi-clos, apathie), il reçoit un traitement antalgique toutes les 24h et est observé deux fois par jour. Si au bout de 48h, il n’y a pas d’amélioration la souris reçoit à nouveau une injection d’antalgique. L’absence d’amélioration le lendemain entraine l’euthanasie. D’expérience, les chirurgies stéréotaxiques consistant à délivrer des vecteurs viraux sont bien tolérées. Les modèles de la maladie de Parkinson peuvent nécessiter un traitement antalgique pour environ 20% des animaux. 10% à 20% de ceux-ci ne sont pas améliorés par le traitement antalgique et sont euthanasiés.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.

Spécisme et expérimentation animale

Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel

Compte tenu du degré de similarité anatomique et cellulaire important entre le cerveau de souris et le cerveau humain, la souris est un modèle de choix pour étudier le rôle des CINs en condition normale et pathologique. D’autre part la souris nous permet d’utiliser tous les avantages des techniques de transgénèse et d’induction de protéines d’intérêt par injection d’AAVs. Nous utilisons des souris sauvages C57/BL6J et des souris transgéniques sans phénotype dommageable sur le même fond génétique. Les animaux utilisés dans ce projet sont adultes (P>30, 20 à 35g) car nous travaillons sur la maladie de Parkinson, une maladie neurodégénérative touchant le sujet adulte.