
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 2025-01-27 00:00:00
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-655493)
Une incision au niveau du cou, refermée par un fil de suture, pour instiller dans la trachée une élastase qui détruit une partie des alvéoles pulmonaires : 288 souris vont être utilisées ainsi, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Les expérimentateurs prélèvent les poumons sous anesthésie après exsanguination, à vingt et un, quatre-vingt-dix ou cent cinquante jours selon les groupes. Le projet teste si l’activation d’une protéine du métabolisme des lipides dans les fibroblastes permet de reformer des alvéoles, piste qui déboucherait sur un traitement de l’emphysème humain, aujourd’hui inexistant. Le porteur dispose de co-cultures 3D de cellules humaines qu’il décrit comme des « outils in vitro d’intérêt », tout en concluant qu’elles « ne peuvent pas se substituer complètement » au modèle murin.
Résumé produit par un modèle de langage à partir du seul texte du laboratoire, selon une méthode arrêtée par l’OXA. Publié sans relecture individuelle préalable, sous la responsabilité de l’association, et corrigé au fil des relectures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
Décrire les objectifs du projet.
Note de l'OXA. Cette question est celle du formulaire européen de résumé non technique. Elle est posée au laboratoire qui demande l'autorisation, et sa réponse est écrite avant que la première procédure commence (arrêté du 1er février 2013, art. 5). Ces objectifs servent à justifier l'utilisation des animaux devant le comité d'éthique. Aucun document public ne dira ensuite s'ils ont été atteints : la directive permet aux États de faire mettre à jour le résumé avec les résultats de l'appréciation rétrospective (directive 2010/63/UE, art. 43), la base européenne prévoit de les recevoir, et aucune entrée française n'en porte (base ALURES).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
L’emphysème est une maladie pulmonaire provoquant une destruction alvéolaire irréversible, sans traitement disponible actuellement. Une des causes de l’absence de réparation des alvéoles est le manque de lipides dans les fibroblastes (cellules de structure) qui entourent les cellules souches épithéliales des alvéoles. Activer les voies qui augmentent la synthèse de lipides dans les fibroblastes pourraient être un moyen d’induire une réparation des alvéoles au cours de l’emphysème. SREBP (Sterol regulatory element-binding proteins) est une protéine importante impliquée dans la synthèse des lipides. Notre hypothèse est que l’augmentation de la protéine SREBP dans les fibroblastes pourrait favoriser la réparation des alvéoles au cours de l’emphysème. Pour tester cette hypothèse, nous allons utiliser des souris ayant une délétion de deux protéines (Insig1 et Insig2) qui empêchent la synthèse de lipides. L’emphysème sera induit par une injection d’élastase dans la trachée, substance qui provoque une destruction alvéolaire partielle. Le niveau de sévérité de l’emphysème sera évalué par des analyses morphologiques du poumon. Pour étudier la capacité de ces cellules à former des alvéoles, nous mettrons en culture 3D des fibroblastes issus de ces souris avec des cellules épithéliales de souris contrôles. Nous anticipons l’augmentation du nombre d’alvéoles chez les souris génétiquement modifiées et une augmentation de la prolifération et de la différentiation cellulaire en culture 3D.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Note de l'OXA. Le formulaire européen demande les bénéfices « susceptibles de découler » du projet. Il appelle donc une projection, et il l'obtient : ce que le laboratoire écrit ici est ce qu'il espère, avant d'avoir commencé. Deux chercheuses ont repris six corpus d'études précliniques déjà menées et pesé les dommages réellement infligés aux animaux contre les bénéfices cliniques réellement obtenus : moins de 7 % de ces études ressortaient défendables (Pound et Nicol, 2018).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Si les souris ayant une absence de Insig1 et 2 présentent une réparation alvéolaire suite à l’injection d’élastase, cette voie sera considérée comme cruciale dans la réparation alvéolaire et pourrait mieux être étudiée chez l’homme pour créer de nouvelles alvéoles chez les patients souffrant d’emphysème pulmonaire. Les agonistes de la voie SREBP pourraient alors être envisagés pour traiter l’emphysème chez l’Homme.
Nuisances prévues, selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Note de l'OXA. La formule « en règle générale » autorise une réponse générale, et c'est l'un des points sur lesquels les examens de qualité trouvent ces documents défaillants. Cruelty Free International a établi en 2018 que les résumés allemands et britanniques, les seuls examinés à ce jour, décrivaient mal ce qui est fait aux animaux et ce que ceux-ci pourraient éprouver (Taylor et al., 2018). L'adoption d'un modèle commun européen a nettement amélioré le premier point, à peine le second (Taylor et al., 2024).
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Instillation dans la trachée sous anesthésie générale, injection dans le péritoine sur animal vigile et prélèvement des poumons sous anesthésie générale après exanguination, sans réveil. Les animaux seront répartis de cette manière : i) le nombre d’alvéoles pulmonaires sera évalué à 21, 90 et 150 jours : pour chaque temps 24 souris seront injectées à l’élastase vs 24 souris au PBS (contrôle), ii) la co-culture 3D permettra d’étudier les capacités des fibroblastes à former des alvéoles à 21, 90 et 150 jours : pour chaque temps 24 souris seront injectées à l’élastase et 24 souris a PBS (contrôle).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Note de l'OXA. C'est l'endroit du document où les animaux devraient apparaître, et c'est celui qui résiste. Cruelty Free Europe a mesuré en 2024 que cinq des six éléments attendus sur les dommages prévus progressaient depuis l'adoption d'un modèle commun européen. Les effets indésirables sont le sixième : 41 % des résumés allemands et 48 % des britanniques les décrivent complètement. Les auteurs relèvent aussi des effets présentés comme minimes sur des projets classés modérés ou sévères (Taylor et al., 2024). Ces deux pays sont les seuls dont les résumés ont été examinés. Les résumés français relèvent du même modèle européen, et leur qualité n'a jamais été mesurée.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le modèle génétique induisant la délétion de Insig1 et Insig2 dans les fibroblastes n’est pas un phénotype dommageable pour les animaux. L’injection d’élastase nécessite une petite incision au niveau de l’avant du cou que nous refermons avec du fil de suture. Cette procédure est modérée avec un faible risque d’infection au niveau de la plaie.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Note de l'OXA. Le formulaire demande de justifier ce sort, non de le décrire. L'analyse dommage-avantage que la directive impose au comité d'éthique porte sur « la souffrance, la douleur et l'angoisse » infligées aux animaux (directive 2010/63/UE, art. 38). Quand ce sort est la mise à mort, celle-ci ne figure donc pas parmi les dommages que le comité met en balance avec les bénéfices annoncés. L'OXA écrit « mise à mort » plutôt que « sacrifice », qui emprunte au registre du don consenti, ou « euthanasie », qui désigne une mort décidée dans l'intérêt de celui qui meurt.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront mis à mort pour prélever et étudier leurs poumons.
Application de la règle des "3R", selon le laboratoire
Réponses rédigées par le laboratoire demandeur, à des fins de communication. Elles ne sont ni sourcées ni relues par des pairs.
1. Remplacement
Note de l'OXA. La directive demande au résumé « une démonstration de la conformité » aux exigences de remplacement, de réduction et de raffinement (directive 2010/63/UE, art. 43). C'est donc le demandeur qui démontre sa propre conformité, dans le document même qui sollicite l'autorisation. Cette démonstration peut prendre la forme d'une affirmation qu'aucune méthode de substitution n'existe, que le document n'a pas à sourcer. Ces trois exigences sont par ailleurs subordonnées à l'objectif du projet : elles cherchent à remplacer les animaux dans un projet donné, elles n'interrogent pas ce projet.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La variabilité des caractéristiques des patients ayant de l’emphysème comme leur âge ou encore l’implication d’autres maladies rend plus complexe l’interprétation des résultats en provenance de l’Homme. Le modèle de souris emphysémateuse ayant une activation de SREBP permettra de déterminer si les cellules responsables de la régénération sont les fibroblastes dans l’emphysème pulmonaire et si SREBP est la protéine clé dans ce processus. Les modèles animaux nous permettent de mieux définir les organes et types cellulaires touchés et nous précisent donc les cibles moléculaires intéressantes pour des thérapeutiques éventuelles. Actuellement, nous disposons de modèles de co-culture cellulaire 3D chez l’humain qui ne peuvent pas se substituer complètement aux modèles murins mais qui représentent des outils in vitro d’intérêt pour étudier la dysfonction cellulaire chez les patients atteints d’emphysème pulmonaire. Les inconvénients majeurs de ces modèles sont la disponibilité des échantillons et la variabilité entre les patients (consommation de tabac, arrêt de la cigarette, sévérité de l’emphysème, âge, comorbidité, traitement,…).
2. Réduction
Note de l'OXA. La réduction dont il est question ici porte sur le nombre d'animaux par groupe expérimental, calculé pour que l'analyse statistique tienne. Le total annoncé dans la fiche est une estimation portant sur une autorisation de cinq ans au maximum (code rural, art. R214-123) : il ne dit pas combien d'animaux seront effectivement utilisés, et il ne se rapporte pas à une année.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Le nombre d’animaux prévu pour ce projet est limité à 288, correspondant au minimum pour obtenir des résultats significatifs. Pour l’ensemble des manipulations animales nous utiliserons 3 groupes : Le groupe ayant une activation de SREBP et deux groupes contrôles nécessaires pour ce type de modification génétique. Pour chaque expérience et pour chaque groupe de souris, les animaux seront injéctés soit à l’élastase, soit au PBS. Pour résumer, nous aurons 8 animaux par condition, c’est à dire 16 animaux par modèle génétique, donc 48 animaux par expérience. Nous faisons 2 expériences (nombre d’alvéole et culture 3D) à 3 temps différents, ce qui fait un total de 288 animaux.
3. Raffinement
Note de l'OXA. Le raffinement nomme une amélioration technique de la procédure, sans dire ce qu'elle change pour l'animal qui la subit. La réglementation impose d'atténuer la douleur, dans une limite qu'elle inscrit elle-même : « pour autant que cela soit compatible avec la finalité de la procédure expérimentale » (code rural, art. R214-109). Ce qui reste de souffrance après cette limite est autorisé. Le raffinement ne porte par ailleurs que sur la procédure : les souffrances de la captivité elle-même, confinement, bruit, lumière, manipulations d'entretien, ne relèvent d'aucun des trois R.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
Les animaux seront particulièrement suivis par le personnel qualifié de l’animalerie, avec une attention particulière sur le comportement et les signes de douleurs des animaux ayant reçu une injection dans la trachée. Cela permettre de ne pas rater une mauvaise réaction de l’animal à l’instillation d’élastase lorsqu’il se réveille de l’anesthésie et ainsi d’agir à temps pour éviter toute souffrance. Une surveillance sur 24h est faite de principe, il y a très exceptionnellement un problème dans les suites de l’injection. Les souris sont hébergées en groupe de 4 par cage, dans des portoirs ventilés avec un environnement enrichi. Les souris auront à leur disposition de la boisson et de la nourriture, des huttes en carton, des balles de coton, des feuilles de papier pour jouer et des baguettes de bois à ronger. Une grille d’évaluation des points limites sera utilisée pour graduer le mal être, avec mise à mort compassionnelle si nécessaire.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Note de l'OXA. Le dossier d'autorisation demande de justifier l'origine des animaux, leur espèce, leur nombre estimé et leur stade de développement (arrêté du 1er février 2013, art. 5). La justification attendue est technique : elle porte sur l'adéquation de l'espèce à l'objectif poursuivi. Ce que l'appartenance à une espèce autorise à faire subir à un individu est une question morale, et le formulaire ne la pose pas. L'appartenance à une espèce, prise seule, ne fonde pourtant pas de différence de statut moral entre des individus également capables de souffrir.
Texte du laboratoire demandeur, reproduit tel quel
La souris est un animal très utilisé dans la recherche translationnelle et son développement pulmonaire et cérébral est proche de celui de l’homme. Les possibilités d’analyse avec des anticorps sont importantes chez la souris et la mise au point de modèles génétiquement modifiés est bien développée chez la souris. Le modèle d’emphysème induit par l’élastase permet par une unique injection d’obtenir un emphysème important chez la souris. Les animaux seront utilisés à l’âge 2 mois, correspondant à la fin du développement total de l’appareil respiratoire chez la souris.