
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 03/02/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-020403)
100 souris vont être utilisées, chacune soumise à deux tests de tolérance au glucose de deux heures trente, avec six prélèvements de sang et deux prélèvements d’urine par test. Une partie reçoit deux injections abdominales d’un agent qui déclenche un diabète, avec la soif, l’émission d’urine accrue et la perte de poids qui l’accompagnent, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance léger à modéré. La finalité est un enseignement : des travaux pratiques pour six étudiants par séance, chaque souris étant utilisée une deuxième fois pour un autre groupe. Le porteur qualifie l’induction du diabète de « strictement nécessaire », et toutes les souris sont tuées à l’issue.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet est destiné à des étudiants à l’Université et est dispensé sous la forme de séances de travaux pratiques. Cet enseignement vise à apprendre aux étudiants à diagnostiquer via l’analyse des paramètres sanguins et urinaires, le diabète dans un modèle de souris rendues diabétiques.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Ces séances de travaux pratiques sont organisées et encadrées par des personnels qui ont suivi une formation initiale et sont à jour de leur formation continue. Elles visent à familiariser les étudiants à l’analyse in vivo de l’homéostasie glucidique des souris et de les sensibiliser aux problèmes éthiques et méthodologiques de ce type d’expérimentation qui a pris une place centrale dans les stratégies d’élucidation de mécanismes physiopathologiques à la suite du développement de modèles animaux transgéniques. Plus globalement, ces séances de travaux pratiques permettent de familiariser les étudiants à la manipulation des animaux dans des conditions réglementaires et à l’utilisation raisonnée des animaux dans le cadre de la recherche (réduire au maximum le nombre, raffiner les expérimentations et remplacer l’utilisation d’animaux autant que cela est possible).
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Une partie des animaux recevra un agent induisant un diabète par deux injections intrapéritonéales sur 2 jours sur animal vigile (quelques secondes par animal) effectuée après une mise à jeun de courte durée (4h). L’autre partie des animaux recevra deux injections intrapéritonéales d’un placebo sur 2 jours sur animal vigile. Un prélèvement sanguin de faible volume (une goutte) effectué 3 jours après la dernière injection permettra de confirmer l’induction du diabète. Ce prélèvement sera effectué sur animal vigile et durera 5 secondes par animal. A la fin des traitements, les souris seront soumises à un test pour évaluer la tolérance au glucose. Pour cela, après une mise à jeun de courte durée (6h), du glucose sera administré par voie orale (quelques gorgées, 10 secondes par animal vigiles). 6 prélèvements sanguins de faible volume (une goutte/prélèvement sanguin, 5 secondes par animal vigile) et 2 prélèvements urinaires (une goutte/prélèvement, 5 secondes/animal vigile) seront réalisés pour mesurer l’évolution des concentrations en glucose sanguin et urinaire au cours du temps (2h30 maximum pour chaque test effectué, 2 tests par souris à 2 jours d’intervalle). Les animaux seront ensuite euthanasiés par une méthode réglementaire en fin de procédure.
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les nuisances et effets indésirables attendus sur les souris concernent principalement l’induction d’un diabète. Le diabète est associé à une augmentation de la concentration de sucre dans le sang pouvant impacter le bien-être des animaux avec notamment une augmentation de l’émission d’urine, de la prise de boisson et une perte de poids. L’induction de cette pathologie est malheureusement strictement nécessaire pour étudier les méthodes de diagnostic du diabète. Le traitement repose sur deux injections intrapéritonéales réalisées 2 jours successifs sur animaux à jeun, pouvant ainsi induire un stress et une douleur de courte durée au point d’injection. Le traitement pourrait induire une production accrue d’insuline, entrainant des épisodes d’hypoglycémies modérées chez les souris non diabétiques. D’autres effets secondaires pourraient être observés mais sont difficiles à prévoir et une surveillance accrue des souris sera réalisée quotidiennement. Lors de l’expérience, les animaux pourraient subir un inconfort lié à la mise à jeun, un stress dû à la préhension, une douleur (ou au minima un inconfort) causée par les prélèvements de sang et d’urine.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
L’ensemble des animaux impliqués dans ce projet seront euthanasiés à l’issus des actes mis en œuvre par une méthode réglementaire effectuée selon les bonnes pratiques. Les animaux ne pourront pas être réutilisés par la suite à des fins de recherche.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Dans la mesure du possible, le remplacement des animaux par des méthodes alternatives (études de films, analyses d’articles scientifiques, méthodes in vitro, …) est préféré. Toutefois, l’un des objectifs des travaux pratiques est notamment de former les étudiants à la compréhension des mécanismes qui sous-tendent les différentes fonctions physiologiques et pathologiques chez les animaux ou l’humain. De ce fait, l’utilisation de rongeurs reste nécessaire : l’étude de l’homéostasie glucidique et l’évaluation de l’efficacité des méthodes utilisées pour diagnostiquer le diabète ne peut se faire que sur un animal. Durant les expérimentations, une attention particulière sera portée pour sensibiliser les étudiants au principe de remplacement. Cette sensibilisation éthique et réglementaire est essentielle pour la poursuite de leur activité et leur choix carrière.
2. Réduction
Le projet impliquera un total de 100 animaux. Chaque année, l’effectif est volontairement limité à très peu d’étudiants afin de réserver cet enseignement uniquement aux étudiants qui désirent faire de la recherche en physiologie et par conséquent, limiter le nombre d’animaux. Afin de réduire encore ce nombre, chaque souris sera utilisée une deuxième fois pour des groupes d’étudiants. De plus, nous diminuons au maximum le nombre d’animaux par groupe expérimental, tout en conservant un nombre suffisant permettant l’obtention de résultats statistiquement fiables. Du fait des variabilités inter-animales et intergroupes, un nombre trop restreint d’animaux engendrerait des résultats trop variables et non valides. Compte tenu des données de la littérature (variabilité attendue) et des effets espérés, un test de puissance statistique a été utilisé pour déterminer le nombre minimum d’animaux nécessaire pour cette étude. Les procédures expérimentales ont été affinées pour éviter l’utilisation inutile de souris. Nous adapterons chaque test statistique en fonction du type de résultats et d’analyse à effectuer.
3. Raffinement
Dans la réalisation de ce projet, l’ensemble des procédures a été mise au point afin de permettre une interprétation fiable dans le respect du bien-être animal, en limitant la douleur et le stress. Les conditions d’hébergement sont conformes à la réglementation, les animaux disposent de nourriture et d’eau ad libitum. Le milieu est enrichi à l’aide de coton de nidification. Nous nous efforçons à chaque instant de raffiner nos procédures afin de garantir le bien-être des animaux grâce à une surveillance attentive (point limite) et des soins adaptés (changement de cages 1 à 2 fois par semaine si nécessaire lié à la polyurie, etc.). Les animaux fragiles identifiés après injection de l’agent induisant un diabète seront soumis à une vigilance accrue, notamment via l’établissement de points limites, qui entraineraient l’euthanasie de l’animal. Les séances seront sous l’encadrement d’une enseignante possédant une formation réglementaire à jour et une expertise de plus de 20 ans dans la manipulation des animaux. De plus, le nombre des étudiants est extrêmement réduit (6 étudiants par séance) pour limiter le stress des animaux et augmenter la disponibilité et le contrôle de l’encadrement de chaque étudiant.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Nous avons choisi de mener nos expériences chez la souris en raison de l’existence de nombreuses données publiées dans la littérature concernant les effets d’un agent inducteur de diabète sur l’homéostasie glucidique. De plus, la maitrise de l’utilisation d’un modèle tel que la souris sera un atout supplémentaire pour le futur des étudiants. En effet, le modèle souris est le plus couramment utilisé dans les laboratoires de recherche. Des souris seront rendues diabétiques à l’âge adulte et des tests métaboliques sont réalisés 1 semaine après l’induction du diabète. Nous avons choisi de travailler sur des animaux adultes car c’est un stade de développement qui montre des résultats tranchés en termes d’homéostasie glucidique.