
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 06/03/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-508684)
1 836 souris vont être utilisées et toutes tuées, chacune pouvant recevoir jusqu’à 84 administrations de composés et subir jusqu’à douze prélèvements sanguins sur animal éveillé. Une colite leur est provoquée par du DSS, que le porteur décrit comme une substance corrosive et irritante, ou par du TNBS, une solution acide qui brise la barrière intestinale, avec ulcérations et diarrhées hémorragiques à la clé. Pour 204 d’entre elles la souffrance attendue est déclarée légère, pour 1 632 elle est modérée. La rubrique consacrée à la réduction annonce un effectif « réduit au minimum nécessaire (N=12 maximum) », sans expliquer comment ce maximum se concilie avec les 1 836 animaux du projet.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Ce projet a pour but d’étudier l’effet de nouveaux agents pharmacologiques à caractère anti-inflammatoire dans un modèle de colite aiguë ou chronique induite par l’administration de DSS (Dextran Sodium Sulfate) ou par l’administration d’un produit chimique : le TNBS (2.4.6-trinitrobenzene sulfonic acid). 250000 personnes sont atteintes en France d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin. Ces maladies digestives sont des maladies dont on ne guérit pas aujourd’hui. Le DSS est une substance corrosive et irritante qui va créer des lésions au niveau de la barrière intestinale. Administré quotidiennement aux animaux, le DSS provoque une très forte inflammation intestinale accompagnée d’ulcérations et de diarrhées hémorragiques. Ce modèle d’inflammation est particulièrement utilisé pour cibler les mécanismes inflammatoires au niveau de l’intestin. Le TNBS est une solution acide qui induit une inflammation du colon très reproductible. Administré aux souris, le TNBS brise la barrière intestinale et pénètre dans la paroi de l’intestin. Il va provoquer une inflammation significative caractérisée par une perte de poids et des diarrhées hémorragiques. La pathologie induite par le TNBS mime la maladie de Crohn chez l’Homme. Cette pathologie, aux causes inconnues, ne bénéficie pas encore de traitement. Un modèle murin d’inflammation intestinale est donc un bon modèle pour avancer sur la compréhension et le traitement de cette maladie. La phase préclinique qui consiste à étudier l’action des agents pharmacologiques in vivo chez le rongeur est une étape essentielle dans le développement de médicaments à visée anti-inflammatoire.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
A l’heure actuelle il n’existe aucun traitement curatif des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI). En cas de rectocolite hémorragique, des 5‑aminosalicylés (5‑ASA) sont le plus souvent prescrits dans les formes débutantes et de sévérité faible à moyenne. Ces derniers ne sont pas efficaces dans la maladie de Crohn, pour laquelle les corticoïdes sont privilégiés. Mais leur utilisation doit être limitée en raison de leurs effets secondaires à moyen et long terme. En cas de maladie évolutive, les médecins instaurent rapidement un traitement immunomodulateur ou immunosuppresseur, pour stopper les crises et éviter l’apparition de nouvelles lésions. Ces médicaments permettent de réguler l’immunité des patients et réduire l’inflammation à long terme. La moitié des patients répondent bien aux biothérapies à leur démarrage. Mais le traitement finit par ne plus être efficace chez la moitié d’entre eux, le plus souvent après deux ans d’utilisation : il faut alors changer de molécule. C’est pourquoi le but de ce projet est de tester de nouvelles molécules thérapeutiques anti-inflammatoires dans ces pathologies.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Anesthésie générale : une injection (30 secondes/souris, induction modèle TNBS). Prélèvements de sang : maximum 12 prélèvements (1 fois par semaine maximum, 30 secondes/souris) sur animaux vigiles et un prélèvement de sang en terminal (30 secondes/souris). Administrations de composés : maximum 84 administrations (30 secondes/souris)
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Le developpement de la maladie va entrainer une douleur liée à l’inflammation intestinale ainsi qu’une déshydratation liée aux diarrhées (durée des diarrhées = 1 à 3 jours). L’administration de traitement par injection répétées pourra provoquer de petits hématomes au niveau du site de la piqûre. La piqure de l’aiguille pour l’injection des traitements entraîne une douleur légère, de courte durée (quelques secondes) et le produit injecté va permettre, selon l’efficacité des molécules, de réduire la maladie (douleurs inflammatoires intestinales).
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Mise à mort de tous les animaux à la fin de la procédure afin de prélever des tissus biologiques permettant de réaliser des analyses pour vérifier l’efficacité des candidats médicament sur la maladie
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
Nous proposons dans ce projet de mettre en place un modèle d’inflammation du colon chez la souris afin de pouvoir tester in vivo l’efficacité de nouvelles thérapies dans le cadre d’une monothérapie ou d’une combinaison thérapeutique. Les souris sont les plus petits animaux chez qui la réponse inflammatoire peut être étudiée. Les tests précliniques permettent de caractériser les réponses immunitaires au niveau cellulaire et moléculaire qui sont les plus développés. Les méthodes substitutives à l’expérimentation animale telle que la culture cellulaire ou la modélisation informatique ne peuvent être utilisées ici puisque nous testons des molécules candidat médicament. A l’heure actuelle, des organoïdes de différents systèmes biologiques (notamment le système respiratoire) sont en cours de développement dans le monde entier. Cependant, le microbiote est un constituant majeur de l’environnement intestinal. Il est cependant absent des organoïdes produits in vitro. Par conséquent, à ce jour aucun modèle expérimental in vitro ou aucune modélisation informatique n’est à même de remplacer l’animal entier pour étudier l’efficacité de molécules thérapeutiques et les interactions entre les différents acteurs cellulaires et moléculaires des réponses inflammatoires.
2. Réduction
Le nombre d’animaux utilisé sera réduit au minimum nécessaire (N=12 maximum), dû à la variabilité individuelle observée pour obtenir des résultats pertinents, reproductibles et statistiquement significatifs évitant ainsi de refaire plusieurs fois les mêmes expérimentations.
3. Raffinement
Les animaux sont observés quotidiennement pour s’assurer de leur bien-être et détecter toute douleur au moment de l’expérimentation. Les souris sont hébergées dans des cages de 530cm2 au nombre de 6 maximum en portoir ventilé enrichies avec : des cylindres de coton, des frisures kraft, des cercles en carton, ainsi que des dômes et des tunnels carton. Les animaux auront un accès à l’eau et la nourriture ad libitum et suivront un cycle jour/nuit 12h/12h pendant toute la durée de l’expérimentation. En prévention d’une éventuelle déshydratation liée à l’apparition des diarrhées, des croquettes humides ou du gel hydratant seront déposés dans les cages à partir de J0. Des points limites prédictifs sont mis en place ainsi qu’une prise en charge de la douleur avec l’utilisation d’un analgésique.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le choix de la souris pour la réalisation des expériences envisagées se justifie par des raisons d’ordre scientifiques, pratiques et éthiques : – Les souris seront utilisées de l’âge de 8 semaines à 18 mois. A ce stade de développement, les organes sont à maturité et cela nous permet d’étudier des animaux du stade jeune adulte au stade âgé. – Génétique est bien connue – Animal de laboratoire le plus utilisé par la communauté scientifique internationale et pour les études précliniques – Modèle établi et maîtrisé dans notre laboratoire depuis plusieurs années Les animaux sont utilisés au stade adulte et âgés de 8 semaines à 18 mois afin de disposer d’organes avec un processus de développement terminé et dont le système immunitaire est mature, et cela nous permet d’étudier des animaux du stade jeune adulte au stade âgé. Les paramètres étudiés étant l’évaluation du degré de l’inflammation après administration de DSS ou TNBS, une souris juvénile induira un biais dans l’expérimentation. Les âges seront homogènes au sein d’une même étude.