Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Les expérimentateurs injectent des cellules cancéreuses dans le coussinet graisseux de la glande mammaire, sans anesthésie, geste qu’ils décrivent comme rapide et précis. 780 souris vont être utilisées, toutes tuées pour prélever les tumeurs, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, avec cinq minutes d’irradiation sous anesthésie par animal. Les tumeurs peuvent provoquer une perte de poids, une mobilité réduite et des ulcérations traitées localement, la mise à mort intervenant quand l’ulcération ne s’améliore pas en trois jours. Le porteur écrit par ailleurs que l’irradiation externe n’induit pas d’effet indésirable connu chez la souris.

NTS-FR-849022v1
Types de recherche
· Cancers · Recherche appliquée ·
Mots-clés
Cancer du sein, Radiothérapie externe, Réponse immunitaire antitumorale, ADN Tumorale, souris
Souris : 780

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

La radiothérapie aide le système immunitaire à combattre les tumeurs en libérant de l’ADN tumoral. Cet ADN est capté par des cellules spéciales qui activent les lymphocytes, des cellules qui éliminent les cellules tumorales. Ce processus se produit même en dehors de la zone irradiée. Cependant, on ne comprend pas encore bien comment l’ADN tumoral stimule le système immunitaire pendant la radiothérapie. Une enzyme appelée DNASE1L3 dégrade l’ADN libre et empêche normalement une réaction immunitaire. Cette enzyme est produite par certaines cellules du système immunitaire. Des études préliminaires ont montré que, chez des souris avec des tumeurs mammaires, l’absence de DNASE1L3 réduit l’efficacité de la chimiothérapie et la réponse immunitaire. Dans le contexte du cancer, DNASE1L3 pourrait aider à renforcer l’effet de l’ADN tumoral libéré par les traitements anticancéreux. Le projet vise à comprendre le rôle de cette enzyme dans la stimulation du système immunitaire par l’ADN tumoral après radiothérapie, en utilisant un modèle de cancer du sein triple négatif. Pour cela, des tumeurs seront greffées sur des souris avec et sans cette enzyme, puis irradiées. Les tumeurs seront analysées pour comprendre l’impact de l’enzyme sur le traitement par radiothérapie.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Sur le court terme, notre projet permettra de mieux comprendre le rôle de la DNASE1L3 sur l’ADN tumorale relargué après irradiation. Ce projet permettra d’améliorer la compréhension de l’effet de l’irradiation sur les tumeurs. A long terme, il permettra d’apprécier de nouvelle piste thérapeutique, plus spécifiquement dans le cadre du cancer du sein triple négatif, qui aujourd’hui reste encore très difficile à traiter par les traitements classiques. Ce projet pourrait déboucher sur un traitement basé sur la supplémentation Dnase1l3 pour les patientes atteintes par ce type de cancer.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Tous les animaux seront injectés avec des cellules cancéreuses au niveau du coussinet adipeux de la glande mammaire. Ce geste est rapide et précis, et ne nécessite pas que les animaux soient anesthésiés. Les animaux seront anesthésiés pendant l’irradiation qui durera 5 minutes par souris. Les souris seront maintenues en contentions maximum 1 minute pour la greffe et pour le suivi clinique.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

La greffe de tumeurs orthotopiques dans le coussinet adipeux de la glande mammaire peut induire une perte de poids des souris et une mobilité réduite suivant la taille de la tumeur et sa localisation de prise sur la souris. Pour ce modèle, nous avons fixé le volume de tumeur maximum au-delà desquels les souris devront être euthanasiées pour éviter des douleurs importantes. Pour ces raisons, nous avons mis en place des stratégies d’expérimentation et d’observation nous permettant de déterminer des points limites suffisamment précoces afin de limiter la douleur au maximum. A cette fin, les animaux seront surveillés quotidiennement. Les tumeurs sont mesurées deux à trois fois par semaine à partir de l’injection des cellules. Aussi, des signes de souffrance manifestes comme la piloérection, une perte de mobilité ou la prostration de l’animal sont également des points limites adaptés. De plus, nous considérons qu’une souris isolée du reste du groupe est un signe de souffrance et un point limite suffisamment précoce. L’irradiation externe n’induit pas à notre connaissance d’effet indésirable chez les souris.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Il est nécessaire d’euthanasier les animaux afin de prélever les tumeurs mammaires et de les utilisés à de fins expérimentales.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Afin d’étudier la fonction de la composante d’intérêt dans l’immunité antitumorale et dans la régulation de l’efficacité thérapeutique de traitements anti-cancéreux nous utilisons des animaux de phénotype sauvage et déficient en cette composante d’intérêt. Ainsi cette étude ne peut pas être réalisée avec des échantillons humains. De plus nous étudions l’interaction entre le système immunitaire et les cellules tumorales dont la modélisation dans un système d’organoïdes n’est pas à ce jour optimale et ne peut remplacer les modèles in vivo.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux a été fixé à 15 par groupe afin d’avoir une analyse statistique robuste, tenant compte de l’hétérogénéité dans la prise tumorale. Les différentes analyses statistiques seront réalisées à l’aide d’un logiciel statistique. Concernant la colonie nécessaire à ce projet, les souris femelles seront utilisées pour le modèle de carcinome mammaire, tandis que les souris mâles seront utilisées pour d’autre projet faisant l’objet d’une autre DAP dans un autre institut.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Nous avons établi des point limites gradés, précis et adaptés pour toutes les procédures (décrits dans la section procédure) mises en œuvre au cours de ce projet. Si les animaux atteignent ces points limites, cela constitue un critère d’arrêt de l’expérimentation et les animaux seront euthanasiés par dislocation cervicale. L’approche des points limites entrainera une surveillance accrue des animaux (suivi journalier du poids, du volume tumoral et du comportement) afin réduire au minimum les nuisances sur le bien-être des animaux. Concernant l’enrichissement du milieu, les souris disposent de carrés en cellulose pour la formation d’un nid commun confortable. En cas d’isolement forcé d’une souris dans une cage, un abri supplémentaire sera également fourni. Dans les cas d’apparition d’une ulcération au niveau de la tumeur, un traitement local pourra être appliqué pour traiter l’ulcération. Si celle-ci ne s’améliore dans les 3 jours, la souris sera euthanasiée.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Les études débuteront quand les souris auront à minima 8 semaines afin de garantir un système immunitaire mature, et dans le cas du modèle de carcinome mammaire ce délais correspond la maturité sexuelle des souris femelles pour l’injection des lignées E0771-HER2, pour une meilleure vraisemblance avec les cancers du sein humains.