Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Pour valider un test qui mime le survol d’un prédateur, 218 souris vont être utilisées, 128 dans des procédures d’un niveau de souffrance modéré et 90 d’un niveau léger. Elles reçoivent de la corticostérone pendant huit semaines, hormone du stress dont le porteur reconnaît qu’elle produit un stress léger à partir de la cinquième semaine. Elles sont ensuite exposées à un stimulus imitant l’attaque et à des sons brefs et intenses sur dix minutes, avec anxiolytiques et antidépresseurs pour une partie des groupes. Toutes sont tuées, parce que les procédures subies peuvent modifier leur comportement ultérieur et pour prélever les tissus cérébraux d’une partie d’entre elles.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Une personne souffre de troubles anxieux lorsqu’elle ressent une anxiété forte et durable sans lien avec un danger ou une menace réelle, qui perturbe son fonctionnement normal et ses activités quotidiennes. 15% des adultes de 18 à 65 ans présentent des troubles anxieux sévères sur une année donnée, et 21% en présenteront au cours de leur vie. Les mécanismes à l’origine des dérèglements qui font basculer de l’anxiété physiologique aux troubles anxieux pathologiques restent encore à découvrir. De plus, les traitements actuels (anxiolytiques, antidépresseurs) présentent une efficacité limitée dans la durée, associée à des effets secondaires importants. Ce projet a pour objectif de valider un nouveau test comportemental au laboratoire pour mimer certains déficits associés aux troubles anxieux chez l’humain. Les troubles anxieux se caractérisent notamment par une expression aberrante des réponses de défense face à une menace potentielle. Chez le rongeur, on peut par exemple observer un comportement d’immobilité ou de fuite en fonction de sa perception de l’imminence de l’attaque d’un prédateur. Ce choix peut être modulé par des facteurs internes à l’animal comme son niveau de stress. Dans ce contexte, il n’existe pas de test préclinique bien calibré capable d’évaluer simplement d’éventuelles anomalies dans la réponse à la menace. Dans ce projet, nous utiliserons le paradigme de « survol » qui mime en laboratoire le risque d’attaque d’un prédateur et nous vérifierons si ce test permet de révéler des réponses altérées/inadaptées dans un modèle de stress chronique et des effets bénéfiques de médicaments.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Ce projet permettra de valider une nouvelle approche plus éthologique pour évaluer une réponse au stress altérée chez la souris. En effet, le test de survol reproduit un comportement qui correspondent à une situation fréquemment rencontrée dans la nature par le rongeur contrairement à d’autres tests utilisés pour évaluer l’efficacité des médicaments. Il permettra de renforcer l’arsenal de tests précliniques pour modéliser les pathologies liées au stress. L’étude de l’effet de médicaments connus évaluera la valeur prédictive du test qui pourra ensuite être utilisé pour identifier d’autres candidats médicaments.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Une injection (30 secondes). Exposition à l’hormone de stress pendant 8 semaines. Exposition à un stimulus mimant un prédateur (4 secondes) et à des sons brefs et intenses sur une période de 10 minutes.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les injections peuvent générer un stress léger de courte durée (30 secondes environ). L’administration de corticostérone pendant 8 semaines engendre un stress légér à partir de la cinquième semaine de traitement. Les tests comportementaux représentent également une nuisance d’une durée variable (2 minutes, 5 minutes, 10 minutes) et dont l’intensité peut être légère à modérée en fonction des groupes expérimentaux (traitement chronique par l’hormone de stress, traitements anxiolytiques et antidépresseurs).

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les animaux seront mis à mort car les procédures auxquelles ils ont été exposés peuvent modifier leur comportement ultérieur. Pour une partie des animaux, des tissus doivent être prélevés pour étudier les circuits cérébraux impliqués dans les comportements observés.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

L’objectif du projet est l’étude de comportements complexes: anxiété, hypervigilance et réponse à la menace. Pour cela il est indispensable de travailler sur un modèle animal.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux par groupe a été déterminé sur la base d’ études préliminaires et est réduit au minimum nécessaire pour obtenir une puissance suffisante pour les analyses statistiques, soit 15 à 16 animaux par groupe. Afin de limiter le nombre d’animaux, les symptômes seront étudiés sur les mêmes individus en limitant le nombre total de tests à 3.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les animaux sont habitués à l’expérimentateur lors de 3 séances de manipulation de 2 minutes par souris avant le début des tests comportementaux. Ils sont également habitués à la pièce expérimentale et au dispositif. Les animaux seront suivis quotidiennement par des personnels formés au soin. Si une altération de l’état est observée, une grille de scoring sera utilisée pour déterminer la conduite à tenir.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris est une espèce modèle sensible au stress chez qui l’on peut reproduire les symptômes anxio-dépressifs observés chez l’homme. Ce modèle a de plus une bonne validité prédictive pour révéler l’efficacité des médicaments ciblant les pathologies liées au stress. Dans ce projet nous souhaitons étudier le comportement de l’adulte. Les expériences débuteront sur des animaux âgés de 8 semaines.