Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Fabriquer du matériel biologique : 2 000 poulets vont être utilisés pour faire se multiplier dans leur intestin des parasites du genre Eimeria, tous tués cinq à sept jours après l’inoculation pour que ces parasites soient récupérés. Chacun reçoit une inoculation orale par gavage ou une injection dans le cloaque, avec une contention d’environ cinq minutes. Le porteur affirme calibrer les doses pour ne pas abîmer la muqueuse intestinale, le rendement en parasites en dépendant, et annonce l’absence de symptômes cliniques, alors que les procédures relèvent d’un niveau de souffrance modéré. Sa propre équipe a publié une méthode de culture in vitro couvrant la totalité du cycle parasitaire, qu’il écarte au motif qu’elle ne permet pas d’obtenir des parasites en grande quantité.

NTS-FR-877519v1
Types de recherche
· Maladies animales · Recherche appliquée ·
Mots-clés
Poulet, Coccidiose aviaire, Eimeria, Production de parasite, physiopathologie
Poules : 2000

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Il s’agit de produire la quantité de parasites requis pour l’obtention du matériel biologique nécessaire (ADN, ARN, protéine) à la compréhension du cycle des parasites et des mécanismes impliqués dans les processus infectieux, ainsi qu’à l’évaluation des propriétés anticoccidiennes d’extraits naturels, alternatifs aux anticoccidiens chimiques actuels.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les études menées sur ces parasites doivent nous permettre à court terme de mieux connaitre la biologie de ces parasites, le rôle des protéines produites par ces parasites dans les interactions avec les cellules de l’hôte et enfin de mieux connaitre la physiopathologie de la coccidiose. A plus long terme, nos travaux visent à améliorer les moyens de contrôle de la coccidiose : i) en évaluant l’intérêt d’alternatives aux traitements chimiques et antibiotiques, qui existent actuellement pour lutter contre la coccidiose ; ii) en identifiant de nouvelles cibles thérapeutiques chez le parasite, iii) et en développant des stratégies thérapeutiques innovantes, qui neutralisent les protéines du parasite et restaurent les moyens de défense naturels de la cellule. La coccidiose est une maladie cosmopolite, présente dans tous les élevages de poulets. L’impact de notre recherche est donc très large. La coccidiose est bien connue pour compromettre l’efficacité de l’utilisation des nutriments. Le bénéfice direct pour l’animal sera donc un meilleur contrôle de sa santé, sa nutrition et son bien-être en élevage. De plus, la coccidiose a un impact environnemental important : augmentation de la consommation d’eau, de la production de dioxyde de carbone, de méthane et de protoxyde d’azote par les poulets infectés et libération d’ammoniac dans les fèces. Le contrôle de la coccidiose bénéficie aussi à la préservation de l’environnement.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Inoculation orale par gavage de l’inoculum par animal (1 fois et environ 5 min contention comprise). Inoculation cloacale par injection cloacale par animal (1 fois et environ 5 min contention comprise).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

En coccidiose aviaire, on ne parle pas de virulence mais plutôt de pouvoir pathogène des parasites car la gravité de l’infection est dépendante de la dose infectieuse. La coccidiose clinique est très symptomatique, avec une perte d’appétit, une perte de poids, une soif intense, des modifications du comportement (oiseaux prostrés, ailes pendantes, crête décolorée), et des diarrhées sanglantes. Ces signes impactent fortement la croissance des jeunes et le taux de ponte des poules. En élevage, la plupart des cas de coccidiose sont des infections subcliniques, qui impactent les performances zootechniques des oiseaux, sans symptômes visibles. Dans le cadre de nos travaux, les doses inoculées aux poulets sont faibles et n’induisent pas de symptômes cliniques. Le contention peut engendre un stressest estimé comme léger et de très courte durée.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Tous les poulets inoculés seront mis à mort 5 à 7 jours après l’inoculation pour récupérer les parasites qui se sont multipliés dans la lumière intestinale afin de faire différents tests sur la virulence du parasite, la caractérisation des facteurs de virulence et déefficacité de produits anticcoccidiens.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

L’équipe a publié une méthode de culture in vitro qui permet d’accéder à la totalité des stades du cycle parasitaire. Il s’agit là d’une preuve de concept et en aucun cas d’une méthode de production de parasites en grande quantité. La culture in vitro ne reproduit que la 1ere multiplication asexuée (production de mérozoïtes) et ne couvre pas les 2 autres multiplications asexuées puis la reproduction sexuée (qui génère les oocystes). Nous avons publié une preuve de concept : avec une souche vaccinale (qui ne fait qu’une seule multiplication asexuée) et sur culture primaire de cellule de rein de poulet, on a réussi à produire in vitro quelques oocystes. Mais la manipulation des Eimeria nécessite la reproduction de 10e7 oocystes (c’est le rendement obtenu pour chaque poulet infecté).

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux utilisés dépend de la prolificité de la souche et du nombre de parasites requis. Pour les souches utilisées au laboratoire, le rendement en parasites produits peut être déterminé. Les protocoles de multiplication sont planifiés en concertation avec l’ensemble des utilisateurs, les expériences sont organisées pour optimiser l’utilisation des parasites et utiliser le moins d’animaux possible.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Chaque inoculum fait l’objet d’une attention particulière pour administrer des doses définies et adaptées à l’espèce présente et ainsi éviter toute pathogénicité. Pour un rendement optimal, la muqueuse intestinale ne doit pas être trop abîmée. Il est donc inutile d’inoculer une dose trop forte de parasites qui pourrait induire des effets pathogènes et donc provoquer de la douleur. Même si la dose inoculée est calculée de manière à ne pas induire de pathogénicité, nous restons vigilants à l’état de santé des animaux : après inoculation de l’agent infectieux, deux visites quotidiennes sont réalisées dans la salle expérimentale afin de surveiller l’éventuelle apparition des premiers symptômes liés à la maladie : plumes ébouriffées, prostration. Ils sont hébergés par groupe de 20 sur litière de miscanthus pour éviter les poussières. Ils ont à disposition aliment et eau ad libitum. Pour le raffinement des conditions d’hébergement, des petites plateformes triangulaires ont été placées pour permettre aux poulets de se percher à l’intérieur des cages.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

A l’heure actuelle, il n’existe pas de méthode alternative suffisamment efficace (in vitro) pour multiplier les parasites. Les animaux sont utilisés entre 3 et 7 semaines d’âge (considéré comme l’âge optimum pour un meilleur rendement en parasites). Le poulet est l’espèce hôte chez laquelle se multiplient les parasites. Des poulets de statut sanitaire contrôlé sont utilisés. L’étroitesse du spectre d’hôtes des parasites du genre Eimeria empêche toute tentative de manipulation d’une espèce parasitaire aviaire sur un modèle animal autre que la poule.