Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

480 souris immunodéficientes vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance sévère. Chacune reçoit une trentaine d’injections, dont celles d’un composé qui provoque le diabète, subit une ou deux transplantations d’organoïdes intestinaux sous anesthésie et 22 prélèvements sanguins, dont un par semaine pendant quatorze semaines. Il s’agit de savoir si des cellules intestinales reprogrammées sécrètent bien de l’insuline dans un organisme vivant, l’application chez les personnes diabétiques restant au conditionnel. Le porteur affirme que le recours aux animaux est « essentiel » parce que le diabète ne peut pas être modélisé entièrement en laboratoire sans eux, et retient des souris privées de défenses immunitaires pour que les greffes ne soient pas rejetées.

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Notre recherche porte sur le diabète de type 1 (DT1), une maladie caractérisée par la destruction des cellules β pancréatiques responsables de la production d’insuline. Cette destruction entraîne des hyperglycémies chroniques, pouvant entraîner de graves complications vasculaires. Nous avons précédemment montré que la surexpression d’un gène appelé Pax4 dans les cellules α productrices de glucagon (une hormone permettant d’augmenter la glycémie) du pancréas induit leur régénération et leur conversion en cellules β fonctionnelles. Ces nouvelles cellules β peuvent produire de l’insuline et rétablir une glycémie normale chez la souris diabétique. Il est intéressant de noter que ce phénomène de conversion a également été observé dans l’intestin. Cependant, il est encore difficile de savoir si l’amélioration de la glycémie chez ces souris provient du pancréas ou de l’intestin. L’objectif de notre étude est donc de comprendre quelle contribution chaque organe apporte à cette amélioration. Pour ce faire, nous allons réaliser des expériences de transplantation et de retrait d’organoïdes intestinaux (structures tridimensionnelles créées à partir de cellules de l’intestin, imitant les propriétés de l’organe) dans un modèle de souris diabétiques. Cela nous permettra d’étudier spécifiquement la fonction des cellules de type β provenant de l’intestin. Pour ce projet, nous aurons besoin de 480 souris. Nous suivrons les principes des 3R pour respecter le bien-être des animaux : Remplacement (nous utilisons des animaux parce que le diabète ne peut pas être modélisé entièrement en laboratoire sans eux); Réduction (nous limiterons le nombre d’animaux au minimum nécessaire et ajusterons nos expériences en fonction des résultats obtenus); Raffinement (nous utiliserons une grille de score pour surveiller le stress et la souffrance des animaux, avec des mesures prises précocement en cas de besoin).

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

L’objectif de ces travaux est de montrer, dans un modèle vivant, que les cellules de type β provenant de l’intestin sont capables de produire de l’insuline en réponse à un apport en sucre. Nous cherchons ainsi à démontrer que les cellules de l’intestin, une fois reprogrammées, pourraient devenir une source de cellules de type β capables de produire de l’insuline, et ainsi aider à rétablir une glycémie normale chez les patients atteints de diabète de type 1.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Dans le cadre de cette étude, des transplantations et des retraits d’organoïdes intestinaux seront effectués. Chaque intervention durera environ 20 minutes par animal. Selon le groupe, chaque animal subira une ou deux interventions, espacées de 10 semaines. Avant chaque intervention, les animaux seront mis à jeun pendant une période définie et recevront une anesthésie d’une durée d’environ 30 minutes. Concernant les injections, le protocole prévoit environ 32 administrations par animal sur une période de plusieurs semaines. Chaque injection durera environ 30 secondes. Pour surveiller l’évolution des paramètres biologiques, un prélèvement sanguin de faible volume sera effectué chaque semaine pendant 14 semaines. En fin de procédure, des prélèvements supplémentaires seront réalisés, portant le total à 22 prélèvements, incluant un prélèvement initial. Chaque prélèvement durera environ 30 secondes.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Les souris immunodéficientes utilisées dans cette étude sont particulièrement sensibles aux infections, qu’elles proviennent de germes courants, opportunistes ou de leur propre flore intestinale. Les transplantations et retraits d’organoïdes intestinaux prévus nécessitent une période de jeûne et une anesthésie, ce qui peut entraîner des effets secondaires comme une douleur postopératoire, de légers saignements, un risque d’infection et un stress lié à la manipulation. Pour induire un diabète modéré, les souris recevront, sur plusieurs jours, des injections d’un composé capable de provoquer cette condition. Ces injections peuvent provoquer un inconfort au site d’injection, de légères douleurs et un faible risque de complications. D’autres injections administrées sur plusieurs semaines peuvent également causer un inconfort similaire. À fortes doses, un léger gonflement temporaire peut apparaître, mais cet effet est indolore et sans impact sur la santé ou le comportement des animaux. Un test de tolérance au glucose sera également réalisé. Il nécessitera une période de jeûne suivie d’une injection destinée à augmenter temporairement la glycémie. Après cette injection, plusieurs prélèvements sanguins de faible volume seront effectués à intervalles réguliers. Ces prélèvements peuvent entraîner une douleur légère et passagère ou un inconfort local. Toutefois, le risque d’infection sera minimisé grâce à des procédures strictes d’asepsie.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

À la fin de la procédure, les animaux seront mis à mort pour permettre des analyses post-mortem.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Dans cette étude, l’utilisation de modèles animaux est essentielle pour comprendre comment les cellules intestinales reprogrammées en cellule de type β peuvent contribuer à réguler la glycémie. Ce processus est complexe et implique l’interaction de plusieurs organes, ce qui ne peut pas être entièrement reproduit en laboratoire. Bien que nos premières expériences réalisées ex vivo soient encourageantes, seule une étude sur des animaux vivants (in vivo) permet de tester de manière complète et fiable l’efficacité de ces cellules pour traiter le diabète.

2. Réduction

3R / Réduction :

Nous nous engageons à limiter autant que possible le nombre d’animaux utilisés pour nos recherches. Des analyses préalables ont montré que 15 animaux par groupe sont suffisants pour obtenir des résultats fiables, sans avoir besoin de répéter inutilement les expériences.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Un anesthésique sera utilisé pour réduire le stress et l’anxiété des animaux, tout en garantissant une anesthésie stable pendant les procédures chirurgicales. Avant l’anesthésie, un analgésique sera administré pour prévenir toute douleur pendant et après l’intervention, assurant ainsi un meilleur confort postopératoire. La glycémie sera mesurée à partir d’une goutte de sang prélevée dans la veine caudale. Avant l’incision, une crème analgésique à base de lidocaïne sera appliquée sur l’extrémité de la queue pour assurer une anesthésie locale. La ponction sera réalisée rapidement et avec précision pour minimiser le stress, et une légère pression sera appliquée pour arrêter le saignement et prévenir les hématomes. Pour les injections intrapéritonéales, la zone d’injection sera désinfectée avant et après chaque administration afin de limiter les risques d’infection. Des aiguilles de petit calibre seront utilisées pour minimiser la douleur et les traumatismes tissulaires. Les volumes injectés seront ajustés pour éviter tout inconfort. Les animaux feront l’objet d’une surveillance attentive afin de détecter d’éventuels signes de détresse. Tous les animaux seront hébergés dans un environnement enrichi et en groupes sociaux, dans des portoirs ventilés. Ils auront un accès permanent à de l’eau stérilisée et à des aliments irradiés pour minimiser les risques de contamination. Pendant toute la durée de l’étude, une grille de score sera utilisée pour évaluer objectivement la souffrance éventuelle des animaux, avec des points limites précoces et des mesures correctives adaptées.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Dans cette étude, nous cherchons à comprendre si les cellules de type β issues de l’intestin peuvent fonctionner correctement, c’est-à-dire sécréter de l’insuline, dans un organisme vivant. Pour cela, nous utilisons des souris immunodéficientes. Ces souris sont idéales pour ce type de recherche, car elles permettent, d’une part, de greffer des cellules sans risque de rejet et, d’autre part, elles facilitent l’étude de la reprogrammation cellulaire dans un contexte vivant. Cela offre ainsi la possibilité d’évaluer précisément la fonctionnalité des cellules de type β intestinales et de suivre leur évolution à long terme. Nous avons choisi d’utiliser des souris âgées de 10 et 20 semaines. Ces âges correspondent au stade adulte, ce qui est optimal, car les souris à ce stade ne sont plus influencées par les changements métaboliques liés au sevrage. En sélectionnant deux groupes d’âges différents, nous pourrons également examiner si l’âge ou le vieillissement a un impact sur la capacité des cellules intestinales à se régénérer et à produire de l’insuline.