
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 12/05/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-809274)
Saisis et immobilisés dix minutes chacun, puis piqués quatre fois pour des injections de sérum physiologique par des stagiaires qui apprennent le geste, 150 souris et 75 rats subissent des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. Tous sont tués à l’issue, le porteur indiquant qu’ils ne peuvent pas être réutilisés pour éviter un effet cumulatif. Ces séances forment la partie pratique d’une formation encadrée par l’arrêté du 1er février 2013, et le porteur les présente comme un moyen d’enseigner les gestes qui réduisent le stress animal. Il ajoute que diminuer le nombre d’animaux ne ferait qu’augmenter les nuisances subies par chacun, et la liste des effets indésirables mentionne le gavage par la bouche et le prélèvement sous la mâchoire, deux gestes absents de la description des procédures.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
Les formations spécifiques pour les personnes appliquant/concevant des procédures expérimentales sont encadrées par l’arrêté du 1er février 2013 relatif à l’acquisition et à la validation des compétences des personnels des établissements utilisateurs, éleveurs et fournisseurs d’animaux utilisés à des fins scientifiques. Cet arrêté défini le programme de base et ce dernier doit comporter une partie : Procédure faiblement invasive : théorie et pratique. Ce projet décrit cette partie pratique.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Cette formation a pour objectif de former les personnes qui seront autorisées à utiliser des animaux à des fins scientifiques. Ces sessions de travaux pratiques ont pour but de leur enseigner les bonnes pratiques c’est à dire les gestes techniques qui permettent de réduire le stress animal. Il s’agit donc de raffiner les procédures de ces futurs utilisateurs et utilisatrices d’animaux à des fins scientifiques.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Préhension, contention (dix minutes par animal) et injections sur animaux vigiles (quatre injections de sérum physiologique (deux minutes par injection), un prélèvement d’une goutte de sang (deux minutes) et une administration d’eau (cinq minutes) par souris, quatre injections de sérum physiologique (2 minutes) par rat).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
Les effets indésirables prévus sur les rongeurs peuvent être un stress généré par l’inexpérience des stagiaires. Cette hésitation peut être source de stress pour l’animal. Le stress généré n’est cependant que transitoire et de courte durée. Par ailleurs les injections et les prélèvements peuvent entrainer une douleur notamment lors de l’effraction cutanée. Les injections dans la cavité abdominale peut entrainer éventuellement dans de très rare cas une injection dans le début du gros intestin. Le gavage par la bouche peut également entrainer un inconfort pour l’animal et un risque de fausse route s’il n’est pas réalisé correctement. Le prélèvement sous la machoire peut entrainer éventuellement un risque d’hémorragie s’il n’est pas réalisé correctement.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Les animaux ne pouvant pas être réutilisés afin d’éviter un effet cumulatif, ils seront mis à mort.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’objectif de cette séance est d’une part de montrer aux stagiaires les bonnes pratiques en terme de contention et de prélèvements, puis de vérifier qu’ils mettent correctement en oeuvre ces pratiques. Il est important pour cela, qu’ils soient confrontés à des animaux vivants, tout comme dans les futures procédures expérimentales qu’ils et elles appliqueront.
2. Réduction
Le nombre d’animaux est choisi pour être réduit au minimum tout en gardant la possibilité à chaque apprenant de pouvoir effectuer les différents gestes techniques. Diminuer ce nombre ne ferait qu’augmenter les nuisances pour chaque animal, ainsi que le stress rendant les contentions plus difficiles et les apprentissages plus complexes. Des animaux de réforme pourront être utilisés.
3. Raffinement
Les animaux seront hébergés en groupes sociaux, ils bénéficient d’enrichissement du milieu et d’une période d’acclimatation. Les manipulations se font sous le contrôle des intervenantes et intervenants qui veillent à l’exécution des gestes dans le respect du bien-être animal. Des points limites et critères d’arrêt sont définis. La préhension des souris en évitant la prise par la queue sera également enseignée (utilisation de tunnels et main en coupe).
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
La souris reste le modèle le plus utilisé en recherche (60% des utilisations d’animaux), le rat, bien que moins utilisé (environ 10%) reste néanmoins très utilisé notamment dans le cadre des neurosciences, discipline très représentée au CNRS. Les rats d’un poids de 250g et les souris de 7 semaines sont utilisés à cet âge de manière à ne pas rendre trop compliquée la préhension et la contention pour les apprenants.