
Résumé non technique d'un projet d'expérimentation animale publié sur ALURES le 23/05/2025
("EC NTS/RA identifier" : NTS-FR-330332)
230 poulets de deux lignées de pondeuses vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré, tous tués sept jours après l’inoculation. Chacun reçoit par gavage soit le parasite Eimeria tenella, soit une suspension de microbiote prélevée sur une lignée résistante, et subit un prélèvement de duvet sous contention. La mise à mort sert à récupérer les parasites multipliés dans l’intestin et à caractériser la réponse immunitaire, l’enjeu affiché étant les pertes économiques que la coccidiose cause aux élevages. Le porteur écrit que la dose inoculée ne provoque ni morbidité ni signes proches du point limite, alors que le projet repose sur la comparaison de lésions intestinales plus ou moins sévères entre lignées.
Objectifs et bénéfices escomptés du projet
Décrire les objectifs du projet.
La coccidiose aviaire conduit à de fortes pertes économiques. Cette maladie est causée par des parasites intestinaux. L’espèce la plus pathogène conduit à des lésions plus ou moins sévères au niveau caecal. Au laboratoire, nous avons mis en évidence l’importance de la présence du microbiote sur le développement du parasite. De plus, nous avons montré qu’à charge équivalente, la pathologie est plus sévère avec notamment des lésions caecales, une réponse inflammatoire et une perte d’intégrité intestinale plus fortes chez les animaux avec microbiote par rapport à des animaux sans microbiote. Ces données suggèrent que le microbiote joue un rôle dans la physiopathologie de l’infection. Suivant la génétique de l’animal, la sévérité de la pathologie est variable, certains poulets étant plus résistants à la pathologie liée à cette infection en comparaison à d’autres lignées. Chez la poule, les travaux actuels ont montré que la composition du microbiote peut être variable en termes de composition et abondances selon la lignée génétique, pour des animaux élevés dans les mêmes conditions. La composition du microbiote des poulets résistants n’a jamais été explorée. Nous émettons l’hypothèse que ces animaux pourraient présenter une composition en microbiote très différente des autres lignées élevées dans le même environnement, ceci pouvant être relié à la pression génétique de l’animal. Cette lignée résistante présente une génétique et des phénotypes très distincts de ceux des lignées de poule exploitées en production, et l’hypothèse que son microbiote intestinal diffère également est vraisemblable, dans la mesure où génétique et microbiote influent conjointement l’expression des phénotypes de l’hôte considéré comme holobionte. Les microbes présents dans cette lignée plus résistante, sous l’influence de sa génétique bien spécifique, pourraient jouer un rôle protecteur sur la physiopathologie de cette infection. Moduler le microbiote pourrait alors constituer un levier intéressant pour prévenir le développement de pathologies trop sévères associées à une morbidité et mortalité élevées.
Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?
Dans le cadre de ce projet, le bénéfice attendu est que les animaux recevant le microbiote des Fayoumi résistent mieux à l’infection et présentent par conséquent moins de pertes zootechniques, moins de lésions, moins d’inflammation, moins développement parasitaire.
Nuisances prévues
À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?
Inoculation orale par gavage de l’inoculum ou suspension de microbiote par animal (1 fois et environ 5 min contention comprise). Prélèvement du duvet par poussin (1 fois et environ 2 min contention comprise).
Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?
L’administration orale est un acte désagréable pour l’animal et peut également engendrer du stress. La contention peut également engendrer un stress. Ces deux actes sont de courte durée (1-2 minutes maximum). L’infection peut créer des signes cliniques. Cependant, la dose inoculée ne cause pas de morbidité et n’induit pas de signes cliniques proche du point limite. Si toutefois, il y avait des effets indésirables, ce serait en fin d’expérimentation.
Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.
Tous les poulets inoculés seront mis à mort 7 jours après l’inoculation pour récupérer les parasites qui se sont multipliés dans la lumière intestinale afin vérifier la protection du microbiote contre l’infection à E. tenella et la caractérisation de la réponse immunitaire induite.
Application de la règle des "3R"
1. Remplacement
L’étude de l’influence du microbiote sur la physiopathologie de l’infection par ce parasite nécessitent des expérimentations in vivo pour lesquelles des analyses des paramètres zootechniques, parasitaires, inflammatoires, biochimiques, et du microbiote intestinal seront réalisées. De plus, le parasite ne fait pas un cycle complet in vitro.
2. Réduction
Les effectifs sont basés sur les études du laboratoire et de la littérature portant sur les scores lésionnels lors d’essais d’alternatives naturelles aux anticoccidiens et pour lesquelles il faut en moyenne 20 animaux / groupe avec trois groupes pour avoir une différence significative pour un test statistique non paramétrique. Ces effectifs sont suffisants pour les analyses microbiotes prévues.
3. Raffinement
Hébergement : Les animaux seront placés en groupe social sur une litière dans laquelle les poules pourront picorer. Les poulets disposeront d’un enrichissement social et comportemental. Dans les box, du bolduc sera suspendu pour permettre aux animaux de piquer dedans. Les animaux se perchant spontanément, des perchoirs seront installés. Ils constituent un enrichissement qui fait partie du comportement naturel. Limitation des nuisances sur le bien-être animal : Evaluation de l’état de santé des animaux deux fois par jour par le personnel de la plateforme expérimentale afin de surveiller l’apparition des premiers symptômes liés à la maladie : plumes ébouriffées, prostration. Si atteinte du point limite : euthanasie des animaux.
Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.
Le poulet est l’espèce hôte chez laquelle se multiplient ces parasites. Deux lignées de poules pondeuses seront utilisés dans l’étude pour être dans les conditions les plus proches de celles des élevages industriels, et auront un statut sanitaire propre.