Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Tués à l’issue pour l’analyse pathologique de leurs organes, sauf une centaine réutilisés ou confiés à des associations, 2 800 chiens vont être utilisés dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré pour 2 200 d’entre eux et sévère pour 600. Ils reçoivent de façon répétée des candidats médicaments ou des pesticides, subissent des prélèvements sanguins en état vigile, des prélèvements d’urine par sondage échoguidé sous sédation, des ponctions de liquide céphalorachidien et de liquide synovial ainsi que des biopsies d’organes sous anesthésie profonde. Les effets toxiques attendus vont des atteintes neurologiques aux atteintes métaboliques, et restent difficiles à estimer à l’avance. L’établissement mène ces études pour le compte des laboratoires qui développent ces produits, et présente le recours au chien comme « nécessaire » au regard des exigences réglementaires.

NTS-FR-757755v1
Types de recherche
· Tests réglementaires · Toxicologie et autres tests de sécurité ·
Mots-clés
Etude règlementaire, Toxicologie règlementaire, Pharmacocinétique, Bonnes pratiques de laboratoire, Essais d'inocuité et de sécurité
Chiens : 2800

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’établissement utilisateur est spécialisé dans la conduite d’études de toxicologie/pharmacologie indispensables à l’évaluation clinique de xénobiotiques pour le compte de laboratoires les développant. Ce projet vise à d’évaluer la sécurité et la toxicité de xénobiotiques avant leurs utilisations, selon les recommandations des autorités règlementaires, chez le chien domestique Canis familiaris. Ces xénobiotiques sont des médicaments en cours de développement ou des composés chimiques comme les pesticides. Leur évaluation est effectuée conformément aux exigences des autorités réglementaires. Elle constitue la phase « pré-clinique » de leur développement, qui est un pré-requis aux essais cliniques de phase I, II et III et nécessaire pour l’obtention d’une autorisation de mise sur le marché. Pour chaque xénobiotique, afin de caractériser ses potentiels effets toxiques, d’identifier ses organes cibles et de définir ses marges de sécurité, plusieurs études complémentaires et séquentielles sont nécessaires : – Des études préliminaires de détermination range de doses (DRF, dose range finding) ou de la dose maximale tolérée (MTD, maximal tolerable dose) qui constituent la première étape des évaluations toxicologiques et pharmacocinétiques. Elles permettent d’identifier la dose appropriée pour les études réglementaires ultérieures, notamment la toxicité à dose unique et à doses répétées. Elles aident également à déterminer les effets pharmacologiques et toxiques afin de confirmer les études règlementaires et de garantir le succès du dépôt d’une demande d’autorisation de mise sur le marché. – Des études de toxicologie réglementaires et de pharmacocinétique qui ont pour objectif de déterminer le niveau exempt d’effets toxiques ou le niveau sans effet indésirable observé en fonction de la durée du traitement et de l’espèce animale, de collecter des données de toxicité et de pharmacocinétique de candidats médicament avant administration chez l’humain ou chez l’animal. Le projet s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue du bien-être animal en appliquant les principes des 3R. Les procédures sont optimisées pour limiter le nombre d’animaux requis, agir en étapes progressive pour raffiner le choix des doses et réduire la douleur et la contrainte, notamment par l’utilisation de techniques moins invasives et la validation d’approches alternatives.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les études de toxicologie ont pour objectif de déterminer le niveau exempt d’effets toxiques ou le niveau sans effet indésirable observé en fonction de la durée du traitement et de l’espèce animale, de collecter des données sur la sécurité, l’efficacité et/ou la toxicité, de xénobiotiques (ex : candidats médicaments). Ces données sont des préquis avant le passage aux essais cliniques ainsi que pour la constitution du dossier d’autorisation de mise sur le marché. Le projet favorisera l’application des principes des 3R (Remplacer, Réduire, Raffiner), en optimisant les protocoles d’étude et en limitant l’impact sur le bien-être animal, ce qui renforcera la qualité scientifique des résultats et la conformité aux normes éthiques et réglementaires.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux sont soumis dans ce projet : – des prélèvements de sang réguliers réalisés dans le cadre de recommandations vétérinaires, vigiles (sauf en cas d’anesthésie prévus pour d’autres prélèvements, cf ci-dessous). Chaque prélèvement dure quelques minutes, le nombre total est établi en fonction des caractéristiques du produit testé et limité en suivant les recommandations vétérinaires internationales. -des prélèvements d’urine, de manière passif (isolement jusqu’à diurèse ou bien de 4h maximum), ou échoguidé sous sédations (quelques minutes). Généralement, un prélèvement au début et un prélèvement en fin d’étude sont suffisants. – prélèvement d’autres fluides biologiques (liquide céphalorachidien, liquide synovial) : jusqu’à une fois par semaine, sous anesthésie profonde d’une quinzaine de minutes environs – des biopsies d’organes par ponction échoguidée (mini invasive), sous anesthésie profonde (10 minutes environ) – des contention manuelle, notamment dans le cadre d’examen clinique pour détecter des effets toxiques, d’environ 10 minutes. Afin d’éviter la répétition d’actes anesthésiques, les prélèvements peuvent être réalisés au cours d’une même anesthésie, permettant, en 10 à 15 minutes, de recueillir plusieurs échantillons de tissus et liquides biologiques. A chaque étude, tous ces prélèvements ne sont pas effectués, à l’exception des prélèvements de sang et d’urine qui sont systématiques. Ils sont choisis selon la nature du produit testé et les données préliminaires déjà connues (in vivo ou in vitro).

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Trois catégories de nuisances peuvent être provoqués chez les animaux utilisés dans ce projet. Elles sont toutes prises de manière préventives pour réduire leur impact. – Liées aux manipulations vigiles : en cours d’étude, les observations cliniques, ainsi que certaines voies d’administration, peuvent nécessiter d’une manipulation et une contention manuelle des animaux. Elles sont faites selon les bonnes pratiques vétérinaires mais cela peut néanmoins engendrer un stress. – Liées aux prélèvements/administration : la réalisation de prélèvements de tissus biologiques (principalement de sang) et l’administration répétée du xénobiotique peut provoquer des lésions et un stress des animaux en cas de réalisation incorrectes, d’individus plus fragiles ou bien de l’immobilisation nécessaire pour certaines voies d’administration. De plus, les animaux sont placés en cage individuelle pendant la phase d’évaluation de la diurèse (prélèvement d’urine, durée limitée à 4 heures maximum). – Liées à une toxicité du xénobiotique testé : les études de toxicologie visent à évaluer la toxicité d’une molécule. Ce type de nuisances est difficilement estimable, mais selon le mécanisme d’action du xénobiotique (anticorps, anticancéreux, neurologique, etc), la voie d’administration, ou encore sa biodistribution, des effets toxiques sont possibles (neurologique, immunologiques, inflammation, métabolique, etc).

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

Les études de toxicologie nécessitent généralement une analyse pathologie et donc la mise à mort des animaux d’après les recommandations des instances pharmaceutiques et médicales internationales. Néanmoins, pour chaque étude, 2 animaux peuvent être inclus dans la phase de préparation uniquement sans recevoir le produit testé et donc maintenus en vie en fin d’étude et inclus après validation vétérinaire dans d’autres études dans le cadre d’une même procédure (utilisation continue). Sans produits administrés, ou bien dans le cas où une mise à mort n’est pas utile d’un point de vu scientifique, ils peuvent être réutilisés dans d’autres procédures, ou bien placés. L’établissement travaille avec des associations pour les faire adopter.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Actuellement, il n’existe pas de méthodes alternatives permettant d’obtenir toutes les informations collectées grâce à ces études. Suivant les recommandations des autorités règlementaires, il est nécessaire de recourir à des modèles in vivo.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux par groupe est fixé au minimum permettant de garantir la fiabilité des données obtenues d’après les lignes directrices des instances médicales et pharmaceutiques.. Ce nombre est considéré comme le minimum acceptable permettant une interprétation pertinente des données et la caractérisation correcte des effets toxiques potentiels. Afin de le réduire, des animaux peuvent faire plusieurs études préliminaires après une période de repos (wash-out) dans le cadre d’une utilisation continue. Des études pilotes sont menées sur un nombre restreint d’animaux, lorsque cela est pertinent, afin d’optimiser les conditions expérimentales et d’affiner les protocoles, ce qui permet de réduire le besoin en animaux pour les études principales. De plus, les tissus et échantillons biologiques collectés au cours des études sont réutilisés pour des analyses complémentaires (histopathologie, biomarqueurs, etc.), ce qui évite de recourir à des animaux supplémentaires pour des tests additionnels. L’ensemble de ces mesures s’inscrit dans une démarche proactive de réduction du nombre d’animaux, en accord avec les principes des 3R et les exigences des bonnes pratiques de laboratoire. Enfin, la réutilisation d’animaux issus d’autres procédures expérimentales de gravité réelle ‘’légère’’ ou ‘’modérée’’ est possible tant que ces animaux n’ont pas reçu de xénobiotique en cours de test. Cela permet de réduire le nombre global d’animaux utilisé au sein de l’établissement et d’utilisés des animaux bien habitués aux manipulations liées aux études. Cette réutilisation est validée par un vétérinaire et la structure en charge du bien-être animal

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Une période d’acclimatation 15 à 21 jours pour les chiens est respectée à réception des animaux. Pendant cette période d’acclimatation, les animaux bénéficient d’un programme d’habituation et de training adapté aux procédures qu’ils devront subir, afin de réduire leur stress et de favoriser leur coopération. Ce programme inclut des manipulations progressives et régulières, permettant aux animaux de s’habituer au contact humain et aux équipements utilisés. Pour les chiens, après la période d’acclimatation, des séances de jeu sont intégrées dans leur routine, favorisant leur stimulation cognitive et physique. Un programme d’enrichissements est appliqué quotidiennement. Il inclue un roulement régulier pour éviter l’habituation, est mis en place et validé par la Structure de Bien-Être Animal. Ce programme garantit des conditions de vie optimales et contribue à minimiser les impacts des expérimentations sur les animaux. Les animaux sont hébergés collectivement, sauf exceptions (bagarre, blessure), avec des enrichissements adaptés à leurs besoins. L’isolement est validé par un vétérinaire et fait l’objet d’un suivi par la structure en charge du bien-être animal. Les animaux sont observés quotidiennement pour détecter tout signe clinique anormal et prendre rapidement les mesures nécessaires (réhydratation, isolement pour soin). Toute anomalie est rapportée au vétérinaire, qui prescrit un traitement si nécessaire. Un suivi clinique et pondéral est en place, un fois par semaine pendant la phase d’administration du principe actif. L’examen clinique complet est effectué par un personnel formé pour évaluer les fonctions motrices, nerveuses, cardiaques, respiratoires, la température et l’état général des animaux. Un vétérinaire est présent aux heures ouvrées, et une astreinte vétérinaire est disponible 24h/24 et 7j/7. À leur inclusion dans le projet, tous les animaux font l’objet d’un examen clinique par un vétérinaire pour s’assurer de leur bon état de santé et exclure ceux jugés inaptes. Une traçabilité des animaux/des actes est assurée pour permettre leur suivi et analyse lors des bilans rétrospectifs. L’établissement développe des techniques les moins invasives possibles (ex: des gilets de télémétrie, permettant d’analyser les fonctions cardiaques, respiratoires et l’activité sans contrainte physique ou pose d’implant). Les volumes prélevés/administrés respectent les recommandations vétérinaires.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

Ces animaux sont des espèces reconnues pour leur aptitude à prédire les effets pharmacologiques, indésirables et/ou toxiques de xénobiotiques destinés à devenir des médicaments humain. Les lignes directrices des instances médicales et pharmaceutiques requièrent généralement deux espèces (rongeurs et non rongeurs) selon la nature du produit à tester (molécule chimique de synthèse, peptide, protéine, anticorps monoclonal ou produit de thérapie génique ou cellulaire). Le chien est la principale espèce non rongeur utilisée. Selon ces lignes directrices, il convient d’utiliser de jeunes animaux sains : les chiens seront utilisés à partir de 6 mois.