Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

Un cathéter est posé chirurgicalement dans l’estomac de chaque souris, qui passe ensuite onze jours seule en cage avant de recevoir un repas perfusé directement dans l’estomac pendant trois heures. 220 souris mâles vont être utilisées, toutes tuées à l’issue, dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré. L’étude porte sur la réaction inflammatoire qui suit un repas gras chez « l’individu sain dans un contexte de physiologie normale », alors que les animaux observés sont opérés, isolés et alimentés par sonde. Le sang entier et le cerveau doivent être prélevés, ce qui impose la mise à mort de chaque animal.

NTS-FR-386196v1
Types de recherche
· Recherche fondamentale · Système nerveux ·
Mots-clés
Prise alimentaire, Inflammation, Physiologie, Neuroendocrinologie, Nutrition
Souris : 220

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

L’existence de la réaction inflammatoire après repas (PIR) systémique est maintenant bien documentée. En revanche, ses effets sur l’organisme et les mécanismes biologiques sous-jacents induisant la PIR sont encore mal connus. La PIR apparaît chez l’individu sain dans un contexte de physiologie normale. Elle se caractérise par l’augmentation transitoire de facteurs inflammatoires circulants après un repas, qui est exacerbée lors d’une consommation d’un repas gras. Récemment, il a été montré que la PIR se développait aussi dans le cerveau, elle se caractérise par une activation des cellules spécifiques chez l’individu sain en réponse à un repas gras. Cette réponse est visible 3 heures après le début du repas, et elle se produit dans une structure impliquée dans la régulation de la prise alimentaire. Les médiateurs biologiques qui déclenchent la PIR cérébrale ne sont pas identifiés. Une hypothèse serait que les lipides nutritionnels qui se retrouvent dans la circulation générale après digestion et absorption soient capables de stimuler la réponse des cellules du cerveau cependant d’autres facteurs circulants après un repas pourraient aussi activer la PIR. La stratégie consistera à manipuler la concentration de lipides dans le sang postprandiale et à mesurer la réponse cellulaire cérébrale. La concentration de lipides dans le sang sera suivie par analyse biochimique sanguine, et la réponse cellulaire cérébrale sera mesurée par microscopie sur coupes de cerveau. Nous utiliserons : une solution de nutrition à base d’un régime enrichi en gras, elle sera perfusée dans le tube digestif, ce qui permettra d’élever artificiellement les lipides plasmatiques en l’absence de prise de repas et un agent pharmacologique qui limitera cette élévation des lipides et nous permettra de mettre en évidence une action des autres facteurs sur l’activation de la PIR. Un dosage sanguin des triglycérides au cours du temps sera réalisé aux temps : T0, T1h, T2h, et T3h. Les cerveaux de ces animaux seront étudiés après mise à mort afin d’analyser la réponse cellulaire cérébrale dans différentes conditions. 220 souris seront utilisées dans ce projet.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Les résultats permettront de mieux comprendre les déterminants de la PIR cérébrale chez l’individu sain, et donnera des informations nouvelles sur l’impact des lipides nutritionnels sur le cerveau. Ce projet apportera de nouvelles connaissances sur le contrôle de l’appétit, et pourrait permettre de mieux comprendre les troubles du comportement alimentaire tels que la boulimie, l’hyperphagie, ou l’anorexie.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux subiront une chirurgie qui durera 30 minutes pour la mise en place du cathéter gastrique. De plus, ils seront placés dans des cages individuelles durant 11 jours. Le jour de l’expérience ils recevront un traitement dans l’estomac (temps = 1.5 minutes) puis la perfusion du repas dans l’estomac dure de 0 à 3 heures. La contention des animaux et les injections pour l’anesthésie générale avant la mise à mort représentent des nuisances sur les animaux dans ce projet. Ces injections seront réalisées une seule fois par animal.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

La chirurgie pour la mise en place du cathéter gastrique peut provoquer les nuisances suivantes : – Hypothermie transitoire, induite par l’anesthésie générale – Douleurs post-chirurgie transitoires, induites par la chirurgie – Trouble potentiel du comportement alimentaire et du métabolisme, induit par la chirurgie affectant le tube digestif – Stress lié à l’isolement en cage individuelle – Stress lié à la contention des animaux et aux injections d’anesthésique et de sédatifs avant la mise à mort. Ces injections seront réalisées une seule fois par animal

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

L’ensemble des animaux sera mis à mort, en effet la totalité du sang et le cerveau doivent être prélevés.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

Cette étude nécessite l’utilisation de modèles expérimentaux vivants. En effet, il n’existe pas actuellement de méthodes ou de modèles de substitution permettant d’étudier l’équilibre énergétique et le dialogue inter-organes d’un point de vue intégré. De plus, les réponses comportementales autonomes et les sensations de faim et de satiété que nous souhaitons étudier représentent des paramètres complexes qui ne sont pas modélisables. Ainsi ce projet sera réalisé chez la souris, qui constitue un modèle de référence pour les études métaboliques et neurophysiologiques. Cet animal nous permet d’obtenir des analyses fines du comportement alimentaire.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le fait de travailler avec des animaux standardisés (sexe, âge, et fond génétique maitrisés) dans des conditions d’élevage standardisées (environnement, nutrition, intervention humaine) est un élément qui permet de réduire la variabilité interindividuelle, et donc de réduire les effectifs nécessaires dans l’étude. Nous utiliserons des tests statistiques permettant d’identifier de manière optimale les différences significatives entre les groupes expérimentaux, ce qui permet enfin de mener des études conformes sur des effectifs réduits

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Depuis l’arrivée des animaux dans l’animalerie, tout est mis en place pour réduire la souffrance et l’angoisse des animaux. Les animaux seront hébergés dans un environnement calme, enrichi, et placés dans une pièce en cycle jour-nuit 12h-12h (cycle inversé permettant d’étudier les animaux pendant leur phase active, avec extinction des lumières à 10h30). L’enrichissement de l’habitat sera fait grâce à des dômes de nidification et carrés de coton ainsi que des frisures de papier qui permettent aux animaux de se cacher. Un suivi quotidien sera assuré pour veiller au bien-être des animaux.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris représente l’espèce la plus adaptée au type de recherche que nous menons. Cet animal nous permet d’obtenir des analyses fines du comportement alimentaire. Enfin, cette espèce a été bien étudiée par la communauté scientifique. Les expériences seront réalisées sur des souris adultes mâles, âgées de 8 semaines au moins. D’un point de vue scientifique, la PIR se développe uniquement chez les mâles, de plus cet âge correspond à un cerveau mature stabilisé.