Le contenu des résumés non techniques (RNT) est rédigé à des fins de communication par les établissements d'expérimentation animale. Ces résumés sont donc soumis, au minimum, au biais de désirabilité sociale, qui peut avoir pour conséquence de mettre en avant de manière détaillée les bénéfices attendus et de limiter les détails et la description des contraintes imposées aux animaux. Par ailleurs, n'étant pas sourcées ni soumises à une relecture par les pairs, les affirmations contenues dans les RNT sur des sujets scientifiques n'ont aucune valeur de preuve, mais fournissent des indications sur le cadre théorique dans lequel les établissements travaillent.
En bref (résumé court généré par IA)

6025 souris vont être utilisées dans des procédures impliquant un niveau de souffrance modéré pour 5950 d’entre elles, toutes tuées à l’issue pour prélever tissus, sang et organes. Elles sont épilées à la crème dépilatoire puis rasées chaque semaine, reçoivent des composés quotidiennement, subissent jusqu’à trois prises de sang en sept jours, des mesures d’inflammation répétées, des prises de température par voie rectale et jusqu’à quatre imageries sous anesthésie gazeuse en une semaine. Le porteur décrit des rougeurs, des gonflements, une desquamation, des démangeaisons et un comportement de grattage, et pour les modèles humanisés une réaction du greffon contre l’hôte avec diarrhées, alopécie et perte de poids. Les traitements espérés visent les 20 à 30 % de patients atteints de dermatite atopique ou de psoriasis qui ne répondent pas aux thérapies existantes, et le porteur conclut que les tests in vitro et in silico ne reproduisent pas la complexité d’un « organisme entier ».

NTS-FR-675202v1
Types de recherche
· Recherche appliquée · Troubles immunitaires · Troubles sensoriels ·
Mots-clés
Inflammation cutanée, Réaction immunitaire, Dermatite, Psoriasis, Hypersensibilité
Souris : 6025

Objectifs et bénéfices escomptés du projet

Décrire les objectifs du projet.

Les maladies inflammatoires cutanées telles que la dermatite atopique et le psoriasis touchent environ de 4% de la population mondiale. Ces pathologies inflammatoires chroniques de la peau se manifestent par des plaques rouges, et des démangeaisons. Il s’agit le plus souvent d’une maladie bénigne, mais il existe des formes sévères. L’approche envisagée n’est pas spécifique d’une pathologie donnée mais plutôt des voies mécanistiques conduisant à des pathologies liées à l’exacerbation de l’immunité locale chez le patient. Le projet vise à caractériser les modifications de la réponse immunitaire et à identifier les voies de signalisation cellulaire impliquées dans ces pathologies. Ce projet a également pour but d’évaluer l’efficacité et la sécurité de nouvelles molécules thérapeutiques sur les facteurs et voies contribuant aux symptômes des maladies inflammatoires de la peau (évaluation de l’impact de ces molécules sur la modulation des réponses immunitaires, détermination des doses optimales et des profils de sécurité). Environ 20 à 30 % des patients ne répondent pas aux thérapeutiques existants ou n’entrent pas en rémission totale. Il est donc nécessaire de développer des nouvelles thérapies pour ces patients et d’améliorer les modalités vers des traitements par voie orale.

Quels sont les bénéfices susceptibles de découler de ce projet?

Le projet vise à développer des modèles de souris pour mieux comprendre les inflammations de la peau, comme celles qu’on retrouve dans l’eczéma, la dermatite atopique ou le psoriasis. Ces modèles permettront aux chercheurs d’étudier en détail comment le système immunitaire réagit, comment les cellules interagissent entre elles, et de tester de nouvelles pistes de traitement. À court terme, cela aidera à identifier des molécules capables de calmer les inflammations, qu’elles soient soudaines ou chroniques. L’objectif est de trouver des traitements efficaces, sûrs et adaptés à plusieurs maladies de peau. L’approche choisie ne se limite pas à une seule maladie, mais s’intéresse aux mécanismes communs à plusieurs troubles liés à une réaction excessive du système immunitaire. Nous utiliserons aussi des techniques d’imagerie avancées pour suivre, sans intervention invasive, comment les traitements se diffusent dans le corps et sont éliminés. Cela permettra de mieux comprendre leur fonctionnement et leur efficacité. À plus long terme, les résultats de ce projet enrichiront les connaissances scientifiques sur les maladies inflammatoires et immunitaires. Ces données seront partagées avec la communauté scientifique et pourront servir à faire avancer les essais cliniques et à obtenir les autorisations nécessaires pour mettre de nouveaux médicaments sur le marché. L’imagerie pourrait même, à terme, aider au diagnostic ou au suivi de ces maladies chez les patients.

Nuisances prévues

À quelles procédures les animaux seront-ils soumis en règle générale?

Les animaux seront soumis à plusieurs types d’interventions : -Une épilation à la crème dépilatoire et entretien par rasage : intervention optionnelle (seulement en cas d’application de composé sur la peau du dos) : 5 minutes maximum, 1 fois et entretien 1 fois par semaine (Imagerie). -Des administrations de composés: 1 minute maximum, quotidiennement ou de manière plus espacée dans le temps. -L’administrations de cellules immunitaires recombinantes ou non pour un traceur d’imagerie (pour le suivi en imagerie en particulier): intervention optionnelle, 1 minute maximum, 1 seule fois. -Des prises de sang : environ 15 secondes, au plus 3 fois sur une durée de 7 jours. -Des mesures de l’inflammation : environ 15 secondes, quotidiennement ou de manière plus espacée dans le temps. -Des analyses par imagerie : 5-25 minutes maximum sous anesthésie gazeuse, au plus 4 fois sur une durée de 7 jours puis deux fois par semaine. L’ensemble des interventions serons réalisées préférentiellement les unes à la suite des autres (réduction du nombre de contention) et pendant les anesthésies gazeuses (imagerie) pour réduire le plus possible la douleur et/ou le stress qui pourraient être engendrés chez les souris.

Quels sont les effets/effets indésirables prévus sur les animaux et la durée de ces effets?

Réactions inflammatoires (rougeurs, gonflements, desquamation) et systémiques (perte de poids, allopecie, léthargie). Démangeaisons et comportement de grattage suite à la réponse immunitaire allergique induite par une sensibilisation de la peau . Réponse de greffe contre l’hôte dans le cas des modèles humanisés et qui se traduit perte de poids, baisse activité, diarrhées, alopécie. Les prises de températures (par voie rectale) peuvent engendrer un inconfort de courte durée.

Justifier le sort prévu des animaux à l’issue de la procédure.

L’ensemble des animaux ayant participé à l’étude sera mis à mort à la fin de celle-ci car des prélèvements post-mortem de tissus, de sang et d’organes seront nécessaires à l’études des mécanismes immunitaires impliqués dans les pathologies inflammatoires cutanées.

Application de la règle des "3R"

1. Remplacement

3R / Remplacement :

L’utilisation de modèle d’inflammation cutanée est cruciale pour le développement et l’évaluation de nouvelles thérapies pour les maladies d’hypersensibilité cutanée complexes. Ces modèles permettent d’étudier les réponses cellulaires de l’immunité dans un environnement contrôlé, offrant ainsi une approche unique pour comprendre les interactions cellulaires responsables des symptômes et des mécanismes physiopathologiques spécifiques de chaque maladie. Ils surmontent les limitations des systèmes in vitro et in silico, qui ne peuvent pas reproduire la complexité d’un organisme entier. Les tests in vitro, bien qu’utiles pour étudier les réponses cellulaires, ne peuvent pas reproduire les interactions dynamiques dans les organes lymphoïdes secondaires ou entre le système immunitaire et d’autres systèmes. Les modèles in silico, limités par la complexité biologique et la qualité des données, ne peuvent pas remplacer complètement les études in vivo. Par conséquent, les modèles animaux restent nécessaires pour obtenir des données pertinentes et transposables à l’humain. En intégrant des phases aigues et chroniques de chaque hypersensibilité cutanée, ces modèles offrent une vue d’ensemble des réponses immunitaires et des effets des traitements dans un contexte physiologique complet, essentiel pour développer des thérapies efficaces et sûres. Actuellement, l’utilisation d’animaux vivants reste le moyen incontournable de montrer les relations pharmacocinétique-pharmacodynamie, le devenir (bio distribution), la tolérance et l’efficacité du candidat médicament dans un organisme complexe car, aucune méthode substitutive fiable d’évaluation in vitro ou in silico d’une molécule ne permet de répondre à toutes les interactions in vivo.

2. Réduction

3R / Réduction :

Le nombre d’animaux utilisé est préalablement basé sur les publications scientifiques. Ensuite, sur la base des données expérimentales, un biostatisticien est consulté pour optimiser le nombre d’animaux à utiliser en fonction de l’objectif et du design de l’étude (nombre de groupes d’animaux, type de comparaisons et répétition des mesures dans le temps), du nombre et de la variabilité des paramètres mesurés en fonction de la méthode d’imagerie employée et de l’importance des effets mis en évidence. Les méthodologies statistiques sont appliquées pour proposer une analyse des données appropriée afin de mener les études pour répondre à l’objectif fixé en réduisant au maximum les biais expérimentaux avec un minimum d’animaux. De manière générale, seules les molécules thérapeutiques ayant préalablement démontré une activité inhibitrice/modulatrice de la réponse inflammatoire in vitro dans des essais fonctionnels pourront faire l’objet d’une évaluation in vivo dans nos modèles. Enfin, ces modèles permettent de maximiser les données obtenues à partir d’un nombre minimal d’animaux en utilisant des techniques de mesure précises et des protocoles optimisés. Par exemple, l’utilisation de techniques avancées permet de recueillir des données détaillées sur les réponses immunitaires humorales et cellulaires à partir de petits échantillons. Le recours aux méthodes de suivi des études par imagerie non invasive, longitudinales permettent de limiter le nombre d’animaux en autorisant un suivi dynamique et multi-paramètrique de la réponse d’un même animal à un traitement, l’imagerie permet de recueillir des données détaillées sur les réponses immunitaires humorales et cellulaires à partir de petits échantillons. Les paramètres de distribution du composé ou de l’évolution de la réponse inflammatoire au traitement sont mesurés pour chaque souris de façon non invasive en fonction du temps pour le même animal. Et plusieurs paramètres sont suivis en simultané à chaque session d’imagerie permettant ainsi de réduire le nombre d’animaux utilisés dans l’étude.

3. Raffinement

3R / Raffinement :

Les souris seront hébergées dans des conditions garantissant l’absence de contamination. Nous utiliserons également une litière adaptée (douce, non-poussiéreuse et un enrichissement qui favorise l’expression des comportements normaux de la souris (abri, enfouissement, nidification…). Un apport nutritif (gel hydrique, gel boost…) pourra être mis en place dans la cage, jusqu’à la fin de l’étude, pour y faciliter l’accès des animaux. Les techniques de manipulation douce comme la préhension dans le creux des mains, sont mises en œuvre pour réduire le stress et l’inconfort des animaux. Les animaux pourront être hébergés dans des cages spéciales permettent de détecter 24h/24 toute anomalie dans l’activité des animaux et permettant de mettre en place rapidement les actions pour la prise en charge vétérinaire. Une grille de score a été mise en place afin de permettre la définition et l’application de points limites pour chaque procédure, une fréquence accrue des observations et ainsi intervenir de manière anticipée pour éviter toute douleur ou dommages pour les animaux au-delà de la classe de gravité définie pour la procédure. Dans certains cas comme l’injection intradermique ou intramusculaires, les animaux seront anesthésiés afin de limiter le stress ou la douleur. Les prises d’images sont réalisées sous anesthésie gazeuse permettant une réduction des temps d’anesthésie et une meilleure récupération qu’avec une anesthésie par voie injectable. Les appareils d’imagerie sont thermostatés à environ 37°C. Après chaque anesthésie, les souris sont suivies jusqu’au réveil en armoire ventilée chauffante ou chauffées à 23°C. De plus les études d’imagerie permettent de documenter le devenir du composé testé dans le corps d’un animal vivant et de valider les propriétés thérapeutiques des composés à l’échelle du corps entier, pour préparer le protocole d’évaluation des composés sélectionnés dans les phases cliniques en vue de l’obtention de l’autorisation de mise sur le marché d’un nouveau traitement chez l’homme. Le recours aux techniques d’imagerie non invasive permet d’envisager dans certain cas de transposer la méthode au diagnostic de la pathologie ou au suivi de l’activité thérapeutique chez le patient.

Expliquer le choix des espèces et les stades de développement y afférents.

La souris est un modèle privilégié en pharmacologie grâce à son génome similaire à celui des humains, permettant de modéliser les maladies humaines et d’étudier les effets des médicaments. La facilité d’utilisation (petite taille, cycle de reproduction), la compatibilité avec les méthodes d’imagerie non invasives, la disponibilité des modèles et la faible variabilité de réponse permettent de tester plus de traitements et de sélectionner ceux qui génèrent des effets robustes et reproductibles. Les souris adultes sont utilisées dans ce projet pour mimer la pathologie chez les patients adultes car l’immunité varie fortement en fonction de l’âge. Les souris seront utilisées à partir de 8 semaines d’âge, pour leur poids relativement stable en fin de croissance et un système immunitaire mature.